La neutralité #winckler

Cette semaine, j’ai assisté à un conférence de Martin Winckler dans un amphi de « la faculté catholique de médecine de Lille » (amusant non ?). Le thème était celui du choix du patient, comment présenter nos options thérapeutiques pour que le patient fasse son propre choix.

Complètement synchro avec les derniers billets de Jaddo et la Perruche Automnale qui m’ont touché.

J’étais un peu inquiet quant au fait que la conférence soit un peu plan-plan comme c’est trop souvent le cas lorsqu’un Grand Comité d’Ethique organise quelque chose (et je n’ai d’ailleurs strictement rien compris aux trois phrases d’introduction du comité invitant). Heureusement, le discours de Martin Winckler était facile à comprendre, pratique, et les choses se sont encore améliorées lorsque le jeu des questions/réponses a démarré.

Pardonnez moi de rester analytique avec un tel sujet mais pour ma pratique je retiens quelques grandes idées qui vont changer mon attitude :

  • plus de neutralité, je dois mettre mes valeurs de côté
  • lorsque le patient me dit qu’il ne sait pas ce qu’il veut, je dois surtout chercher à savoir ce qu’il ne veut pas ! (< le truc le plus malin que j’ai appris)
  • apprendre à décrypter les demandes sous-jacentes lorsqu’une demande nous surprend
  • laisser tomber les injonctions, les « il faut que », probablement préférer des phrases du style « j’aimerais que vous réfléchissiez au rôle du tabac dans votre état de santé »
  • cibler ma réponse sur la demande du patient, ne pas chercher à régler un autre problème qui me saute aux yeux, surtout si j’en profite pour étaler ma science
  • nos pratiques sont super variables et c’est sûr que certaines spécialités (comme la mienne !) laissent moins de place que d’autres au choix du patient (une AG c’est une AG quoi !)

Dexdor

Voilà. Le Dexdor, la dexmetomidine est disponible en France. La molécule pénètre peu à peu le « marché. Son coût est assez élevé d’après ce que j’ai pu comprendre… Et vl’a-t-i’ pas qu’on commence à voir des universitaires parler enfin en congrès des alpha2-agonistes… La clonidine que la SFAR descendue dans ses recos est oubliée. Vive le Dexdor ! (quel nom magnifique d’ailleurs… un peu comme l’Atarax…)

Du coup, j’entends parler de l’utilisation de cette molécule à droite à gauche. On commence à reparler des alpha2-agonistes… On me regardait de travers, mon utilisation devient intéressante… #sigh le pognon, encore une fois…

#ronchon

Du plaisir ludique dans la course à pied

Ces derniers temps, je suis dans une phase plus relax vis à vis de mon entraînement. Pas pépère, mais moins intense. Je le vis bien :) J’ai même réussi à trouver une autre source de motivation : la collecte de badges et les jeux couplés à l’entraînement aka la gamification de la remise en forme.

J’adore The Beautiful Walk et je tiens vraiment à vous ne parler parce que je trouve le concept super et qu’il y a vraisemblablement un sacré boulot derrière tout ça ! Le concept est simple : chaque sortie de course à pied vous permet d’avancer dans une course autour du monde. Continuer la lecture de Du plaisir ludique dans la course à pied

Ma soupe vietnamienne

Voici la recette de ma soupe phở. J’aimerais dire que ça en est une mais je crains le crime de lèse-majesté.

1) Je mets 1500 ml d’eau non salée dans une casserole que je mets à chauffer

2) Je détaille un gros pouce de gingembre frais en tout petit morceaux

3) Je mets le gingembre dans l’eau avec 3-4 étoiles de badiane (anis étoilé)

4) J’ajoute un bouillon-cube genre Kub Or ou bouillon de boeuf

5) Pendant que ça chauffe doucement je détaille 200g de viande de boeuf (je prends du jumeau). J’ai pris soin de mettre la viande au congélateur quelques heures avant et de l’avoir sorti en avance, je trouve plus facile de faire des tranches très fines comme ça. Je réserve ma viande

6) Je cisèle un peu d’oignon nouveau et/ou de ciboulette thaïe

7) Je mets à chauffer une marmite d’eau pour les nouilles de riz. Je ne sale pas l’eau. Je ne la fais pas bouillir. Quand votre bouillon qui mijote à côté fleure bon, je commence la cuisson des nouilles de riz, ça cuit vite, cinq minutes environ

8) Je verse dans un bol une cuillère à soupe de nuoc nam de qualité.

9) Je mets les nouilles sur le nuoc nam, je répartis les tranches de viande sur les nouilles

10) Je verse le bouillon très chaud (porté un instant à ébullition) sur la viance pour la cuire

11) J’ajoute un peu de jus de citron vert et un quart de citron vert.

12) Je parsème de ciboulette et de coriandre fraîche.

13) J’ajoute une micro dose de piment rouge frais

14) Je me sers une bonne IPA comme une Punk de chez Brewdog :)

15) Bon appétit !

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Trucs pour faciliter une intubation au fibroscope

  1. S’assurer la veille que le fibroscope sera disponible !
  2. Réaliser ce type de geste au premier ou au deuxième tour, pas en fin de programme !
  3. Demander au patient s’il sait si une narine passe mieux que l’autre, un test à la buée sur un miroir peut aider
  4. Aérosol de 50 mg de lidocaïne 30 minutes avant le geste
  5. Mêchage nasal lidocaïne/naphazoline
  6. Bien vérifier que la sonde d’intubation (7-6,5-6) glisse convenablement sur l’optique, ne pas mettre de produit dans la sonde auquel cas la lumière du fibro sera embrumée mais bien imprégner la gaine du fibro d’un produit lubrifiant
  7. Installer confortablement le patient en position demie-assise
  8. Préoxygéner convenablement, on peut faire respirer le patient par la bouche sur le circuit comme le décrit Edvard dans son commentaire ci dessous
  9. Ne pas faire d’intubation fibro sous AG, chute de langue, désaturation garanties
  10. Sédation légère, j’utilise du remifentanil et du propofol en AIVOC, cible cérébrale à 0,5 pour débuter, maximum à 1
  11. La kétamine peut-être utile si le patient tolère mal le geste ou que c’est difficile (50 mg débloque bien la situation en pratique)
  12. Se coordonner entre le fibroscopiste et l’anesthésiste qui injecte en intra-veineux, je trouve bien de mettre la lidocaïne sur les cordes vocales et de pousser le propofol de façon synchrone. Je pousse le propofol à la main à ce moment là parce que l’AIVOC va faire ça un peu trop mollement à mon goût.
  13. Bien descendre la lumière du fibroscope sous le plan glottique
  14. S’assurer que l’intubation n’est pas sélective, où à risque de le devenir
  15. Se méfier des fuites en augmentant un peu la pression dans le ballonet car on utilise une sonde plus étroite pour passer par la fosse nasale

Le concept de dégénérescence

Après ma lecture du livre de Steven Laureys, je me suis remotivé pour lire un peu de neuro. J’ai notamment essayé de comprendre un peu mieux comment fonctionnent les drogues d’anesthésie. N’attendez rien de moi, je n’ai rien compris.

Par contre, de digression en digression, je suis arrivé à des lectures sur le concept de dégénérescence développé par Gerald Edelman.

La dégénérescence dans cette nouvelle acception c’est le fait que des structures différentes ont la même fonction. L’exemple le plus connu c’est le code génétique. Des codons différents codent pour le même acide aminé. Il existe 64 possibilités de codons pour 20 acides aminés à coder et quelques codons “spéciaux”. Par exemple la phénylalanine est codée par UUU ou UUC. Continuer la lecture de Le concept de dégénérescence