Trucs pour faciliter une intubation au fibroscope

  1. S’assurer la veille que le fibroscope sera disponible !
  2. Réaliser ce type de geste au premier ou au deuxième tour, pas en fin de programme !
  3. Demander au patient s’il sait si une narine passe mieux que l’autre, un test à la buée sur un miroir peut aider
  4. Aérosol de 50 mg de lidocaïne 30 minutes avant le geste
  5. Mêchage nasal lidocaïne/naphazoline
  6. Bien vérifier que la sonde d’intubation (7-6,5-6) glisse convenablement sur l’optique, ne pas mettre de produit dans la sonde auquel cas la lumière du fibro sera embrumée mais bien imprégner la gaine du fibro d’un produit lubrifiant
  7. Installer confortablement le patient en position demie-assise
  8. Préoxygéner convenablement, on peut faire respirer le patient par la bouche sur le circuit comme le décrit Edvard dans son commentaire ci dessous
  9. Ne pas faire d’intubation fibro sous AG, chute de langue, désaturation garanties
  10. Sédation légère, j’utilise du remifentanil et du propofol en AIVOC, cible cérébrale à 0,5 pour débuter, maximum à 1
  11. La kétamine peut-être utile si le patient tolère mal le geste ou que c’est difficile (50 mg débloque bien la situation en pratique)
  12. Se coordonner entre le fibroscopiste et l’anesthésiste qui injecte en intra-veineux, je trouve bien de mettre la lidocaïne sur les cordes vocales et de pousser le propofol de façon synchrone. Je pousse le propofol à la main à ce moment là parce que l’AIVOC va faire ça un peu trop mollement à mon goût.
  13. Bien descendre la lumière du fibroscope sous le plan glottique
  14. S’assurer que l’intubation n’est pas sélective, où à risque de le devenir
  15. Se méfier des fuites en augmentant un peu la pression dans le ballonet car on utilise une sonde plus étroite pour passer par la fosse nasale

Le concept de dégénérescence

Après ma lecture du livre de Steven Laureys, je me suis remotivé pour lire un peu de neuro. J’ai notamment essayé de comprendre un peu mieux comment fonctionnent les drogues d’anesthésie. N’attendez rien de moi, je n’ai rien compris.

Par contre, de digression en digression, je suis arrivé à des lectures sur le concept de dégénérescence développé par Gerald Edelman.

La dégénérescence dans cette nouvelle acception c’est le fait que des structures différentes ont la même fonction. L’exemple le plus connu c’est le code génétique. Des codons différents codent pour le même acide aminé. Il existe 64 possibilités de codons pour 20 acides aminés à coder et quelques codons “spéciaux”. Par exemple la phénylalanine est codée par UUU ou UUC. Continuer la lecture de Le concept de dégénérescence

Un si brillant cerveau

Le podcast de La Tête au Carré accompagne parfois mes footings. L’autre jour, j’ai écouté leur émission consacré au coma ayant pour invité le Pr Steven Laureys de l’Université de Liège. Dans mon métier, je plonge tous les jours les patients dans un coma pharmacologique et aussi paradoxal que ça puisse être, je ne comprends pas tellement ce qui se passe dans le cerveau grâce à nos produits (Vous pouvez essayer de lire cet article du NEJM pour y voir plus clair). Il y a beaucoup de connaissances et d’applications pratiques sur l’influence des drogues d’anesthésie sur le coeur, le poumon ou les muscles mais on nous parle très peu du cerveau dans notre apprentissage. Continuer la lecture de Un si brillant cerveau

La leptine

Je ne comprends rien du tout aux hormones de régulation du métabolisme et de la prise alimentaire. Du coup, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de lire sur le sujet. Voici en quelques lignes ce que je retiens de mes lectures sur la leptine. Continuer la lecture de La leptine

My 2 cents sur l’affaire de la fresque

Depuis ce week-end, je suis l’affaire de la fresque de l’internat de Clermont-Ferrand.  En quelques mots, il s’agit d’un dessin peint sur un mur de l’internat de l’hôpital de Clermont-Ferrand. L’internat est le lieu de vie des internes, là où ils dorment, mangent et vivent lorsqu’ils ne sont pas affairés dans les services. Le dessin représente une partouze de super-héros. Il a été dessiné il y a quinze ans à l’occasion d’une grève. La légende du dessin semblait assimiler les super-héros aux internes de l’époque, symbolisant peut-être une sorte d’agape après la bataille… La fresque est clairement explicite (dans son acception très anglo-saxonne)

Pour une fois, je vais sortir (un peu) de l’image bien lisse (construite) dans ce monde virtuel pour donner mon avis. Continuer la lecture de My 2 cents sur l’affaire de la fresque

La douleur chez le sportif

On entend souvent dire que les sportifs sont des masochistes. Je ne suis pas d’accord. Je trouve ça difficile de s’entraîner intensément, et je ne « kiffe » pas me mettre en difficulté. Ce que j’aime c’est avoir le courage de sortir de ma zone de confort. Ainsi je me rends compte que les contours de cette zone sont flous et que je peux aller bien plus loin que je ne pense. Se dépasser dans le sport est un formidable moyen de construire de la confiance en soi. Rien que ça justifie le fait de se lancer dans de l’entraînement qui me pousse dans mes limites.

La Tête au Carré, émission que j’aime bien, a traité récemment de la douleur chez le sportif en s’appuyant sur un reportage de Radio France.

J’ai apprécié l’approche avec un focus important sur les techniques mentales pour gérer la difficulté de l’effort intense. Je crois que c’est vraiment un sujet passionnant qui peut être extrapolé à beaucoup d’autres situations. Allez donc écoutez, c’est sympa et on comprend bien que lorsque le sportif dit qu’il « veut se faire mal » c’est surtout une expression pour dire qu’il sort de sa zone de confort, je ne crois pas qu’il y ait une recherche de phénomènes physiques douloureux. Vraiment pas.

Un cas difficile

On vient de me proposer un patient pour une chirurgie ORL carcinologique lourde (pas d’alternative autre que l’abstention thérapeutique) Il y aura une trachéo en post-op.

Le patient à 62 ans.

Par mis ses antécédents je retiens :

* cardiopathie dilatée (VG 74 mm, FE 35%, OG 42 mm, IM 2, PAPs 35, anévrysme paroi latéral VG) Continuer la lecture de Un cas difficile