Mise en avant

Récit d’un premier triathlon format Ironman : Challenge Roth 2018

Je ne sais pas comment commencer ce compte-rendu de course. Faut-il faire allusion à ce fameux reportage de Stade 2 où Laurent Jalabert faisait découvrir l’Ironman d’Hawaï au grand public ? faut-il expliquer qu’il me fallait une excuse valable pour acheter un vélo de chrono ? faut-il remonter à ce barbecue du club où notre champion Antoine m’a invité à venir à Roth avec lui ?

Je ne sais plus quand j’ai basculé du fantasme à la compréhension que c’était possible. Mais on s’en fout en fait, ce qui compte c’est de passer à l’action à un moment ou un autre. Continuer la lecture de « Récit d’un premier triathlon format Ironman : Challenge Roth 2018 »

La souffrance myocardique post-opératoire

Voilà bien un sujet que je n’aime pas. Je n’y comprends rien à la troponinologie, un coup le dosage est hyper sensible, l’autre coup il est ultra sensible. Déjà ça part mal. Néanmoins, il faut que je creuse le sujet parce que le cœur c’est quand même important non ?

J’ai été marqué par l’écoute du passionnant podcast BaladoCritique (coucou Romain !) sur l’étude VISION. Bon, ça m’éclate plus d’écouter Jogging Bonito mais je trouve admirable que des gens fassent un podcast de biblio avec une page web bien faite et pas mal de ressources.

Plus de 21 000 patients ont été inclus. L’étude est assez proche de la vraie vie puisqu’ils ont inclus « large », différentes chirurgies, programmé vs urgence, bénin/malin, etc. Même si je ne sais absolument pas comment on peut revoir plus de 21 000 dossiers de patients (je me noyais avec 40 patients pour ma thèse) on ne peut qu’admirer la ténacité des investigateurs pour monter cette étude d’ampleur mondiale.

Il y a eu environ 3900 patients (soit 18%) étiquetés MINS (Myocardial Inury in Non-cardiac Surgery). Parmi eux, 93% n’ont pas eu de symptômes ischémiques (ni douleur, ni changement ECG). A noter que parmi tous les patients avec une élévation de troponine (4385) 11% ont été classés d’origine extra-ischémique, non-MINS, surtout du sepsis je pense.

L’étude VISION c’est la démonstration que l’élévation de la troponine en post-opératoire est liée à une augmentation de la mortalité à 30 jours (indépendamment de la fonction rénale). Tu bouges ta tropo de 5 ng/l, ton risque de mourir est presque 5 fois plus grand ! Sans modification de tropo, la mortalité est à 0,6% ; ça monte sans signe ischémique la mortalité est à 2,9% ; ça monte avec des signes ischémiques, drapeau rouge ! mortalité à 8,5% !

C’est là que j’avale mon chapeau. « La troponite » m’a toujours cassé les pieds parce que je voulais inscrire ma pratique dans la clinique, et je répétais souvent (à tort) aux internes que le sujet de la diminution de la consommation d’oxygène du myocarde ne m’excitait pas car je ne rencontrais que très peu de patients qui faisait une douleur thoracique ischémique en post-op (ce que je pensais cliniquement pertinent, un vrai bon infarctus par occlusion/type 1). Il y a donc à peu près 17% des patients qui montent leur tropo sans symptômes et qui aggravent leur pronostic sans rien dire à personne. Embêtant ça quand même.

Un autre article récent dans Anesthesiology par Helwani s’est intéressé aux étiologies des ischémies périopératoires. Quelle proportion de patients fait une occlusion coronaire/ischémie de type 1 ? Qui fait une ischémie de type 2 (déséquilibre apports/consommation au myocarde, en passant tout mettre sur le dos de l’oxygène ne me plait guère) ? Il s’agit d’une étude rétrospective, et là nous sommes dans des proportions très différentes. Ainsi, après avoir pris en compte 215 000 patients opérés, ils identifient dans leur base de donnée seulement 146 syndrome coronarien aigü avec ccoronarographie, écrasante majorité de non-STEMI (80%). Les résultats de coro : 3 ont bouché un stent et 37 ont bouché une coronaire. Dans cette étude, ils avancent que l’ischémie était souvent en lien avec une cardiopathie de stress, et ça j’achète +++

(A parte, je ne comprends pas pourquoi dans l’étude d’Helwani, il n’ont retrouvé que 0,07% de patients qui ont une coro dans les 30 jours d’une chirurgie, alors que dans VISION, y’a 4% des gens qui ont une ischémie symptomatique avec montée de troponine -et j’imagine qu’ils vont à la coro !!-. Mettre tout ça sur le dos de la faiblesse du rétrospectif et de l’exhaustivité du codage/des dossiers ça me parait bizarre.)

Enfin, tout ça c’est bien joli, mais à chaque fois que j’appelle un cardiologue pour un patient qui me parait vraiment souffrir de son cœur en post-op je me fait retoqué comme un acnéique au bal de promo. La chirurgie, l’inflammation, (l’anesthésiste ?) sont les pires ennemis du stentologue qui aime le patient « pur ». Alors, moi, je ne sais pas trop quoi faire de ces patients qui ont quand même bien souvent un traitement médical bien conduit en amont de l’opération. Je suis d’autant plus embêté que j’ai l’impression que les médicaments usuels type aspirine et statine correspondent bien aux problématiques d’occlusion coronaire (très peu de patients) mais pas trop à l’ischémie de type 2. Il reste les béta-bloquants et les IEC. Pas évident à introduire en post-op, anémié, etc. Néanmoins, une étude publiée en 2014 par des gaziers champions de la chirurgie vasculaire semble donner des arguments pour intensifier le traitement médical post-op dès la troponite.

Je déteste prescrire des biologies sans arrière-pensée de changement thérapeutique. Ici, ces articles poussent à la consommation. Roche qui fait les tests de tropo était bien sûr associé à l’étude VISION. Je reste dans le flou. Je retiens quand même qu’une grande proportion de patients font de l’ischémie myocardique sans symptôme. Si vous avez des idées sur le sujet, aidez-moi je ne sais pas quoi faire ! Vais je devoir introduire statine/AAS/IEC/béta-bloquant au patient avec une intoxication mixte qui monte sa tropo à 50 ng/L après une laryngectomie totale ?

 

Update : de la discussion sur Twitter dans les réponses au tweet de Philippe.

Des difficultés d’utiliser Best Bike Split

Pour estimer le temps que je vais mettre sur la partie vélo d’un triathlon, j’utilise Best Bike Split. C’est un superbe outil mais il est complexe. Voici donc le résultat de mes réflexions et précautions à son sujet pour ne pas susciter de déceptions quant à vos chronos.

Tout d’abord, il convient d’avoir des données de poids correctes pour vous et votre vélo. Ca n’est clairement pas ce qui influence le plus votre chrono sur un triathlon plat ou un peu valloné (pour moi comprendre moins de 100 m de D+ au 10 km) mais c’est le plus facile à obtenir. Je pèse mon vélo avec la nourriture, le plein d’eau et les outils. Ca monte vite, mon Speedmax grimpe à 12,35 kg. J’utilise un pèse-valise pour le côté pratique.

Ensuite, il faut une trace précise de la course, tournez vous du côté de l’orga ou d’Openrunner. La distance et le dénivelé sont importants.

Plus difficile : il faut calculer votre coefficient de pénétration dans l’air. Là, ça se corse. Pour moi l’outil Aero Analyzer est dans les clous pourvu qu’on lui donne un fichier d’entrée de qualité avec le bon dénivelé et les bonnes caractéristiques de votre vélo. Attention, la qualité de la route change énormément les choses. Voici les résultats de 3 tests Aero Analyzer lors du triathlon de Choisy-au-bac, l’un des rares où j’ai mes données de puissance (oups.)

Road quality CdA (en position aéro)
Good road 0,27
Average road 0,2531
Poor road 0,2275

19% d’écart entre le premier et le dernier résultat ! Sur un Ironman, ça fait 15 minutes d’écart !

Ici à force d’essai, erreur, recalcul théorique, je pense que la route à Choisy-au-bac était à classer entre poor et average puisque j’estime mon CdA à 0,233 sur mon vélo de CLM avec le casque Catlike. Pour Roth, même si la qualité de la route est bonne, les estimations sont plus cohérentes avec le choix « average ».

Puis, il faut avoir la bonne météo pour le jour même, la densité de l’air n’est pas du tout la même à 12 degrés et 80% d’humidité qu’à 26°C et 25% d’humidité. Le vent joue bien sûr… Pour vos estimations, je dirais qu’il est de bon goût de simuler plusieurs conditions météo et un vent moyen de 15 km/h au 4 points cardinaux. Ca fait du boulot, mais vous aurez une meilleure estimation.

Enfin, dans les réglages supplémentaires, on peut choisir ses vitesses max d’ascension et de descente. J’obtiens des estimations beaucoup plus cohérentes en me bridant par rapport à ce que met BBS par défaut. Ainsi, en grimpant à 15 km/h et en descendant max à 50 km/h (surtout à Choisy-au-bac avec la bruine et la boue) le chrono de BBS rentre dans les clous. Dernier détail, en choisissant moins d’intervalles de variations de la puissance, je trouve que c’est mieux.

Préparation de mon premier Ironman

1er janvier 2018 01:23, je vomis dans mes toilettes des falafels maison que j’avais trop chargées en huile d’olive. L’année commence bien, moi qui espérait rentrer dans l’année 2018 en fanfare avec l’idée de vivre 6 mois commando jusqu’au 1er juillet pour le Challenge Roth 2018.

En fait, cette idée que l’entraînement pour un Ironman serait insurmontable est née des conversations de bistrots où les triathlètes racontent leurs semaines à 25h d’entraînements avec moults enchaînements, footings à l’aube et sortie vélo de 150 bornes systématiques. J’étais à l’époque persuadé via mon entraînement en course à pied qu’en ventilant mieux l’intensité on pouvait y arriver avec moins de volume. Le chiffre rond d’une heure par jour d’entraînement me paraissait jouable. Mais la réalité m’a vite rattrapé : je nageais lentement, les sorties vélo prennent du temps, le volume gonfle vite et on se prend au jeu… au cours des années 2016 et 2017 je suis donc vite arrivé à plus de 10 heures hebdomadaires. J’étais bien, mais j’avais en tête que pour aller finir un triathlon de 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42 km à pied, j’aurais besoin d’encore plus d’entrainement. Surtout que je partais de loin à vélo et surtout de zéro en natation. J’ai voulu prendre mon temps pour acquérir les bases en vélo (la position, la mécanique, la gestion) et j’ai anticipé l’achat du vélo de CLM pour avoir le temps de m’y habituer. Même chose en natation, en commençant tard je ne ferai pas d’exploit mais je voulais gagner l’endurance de nager 4 bornes comme je sais faire un long footing. Et la réflexion pour faire tout ça à sans doute contribuer à catalyser ma décision de faire de la chirurgie de cornée pour corriger ma myopie (en vrai, c’est surtout pour améliorer ma vie sexuelle :-p). Pour illustrer le point de départ, j’ai retrouvé une séance de natation où j’avais glorieusement fait 3000 m en 1h18 (HS à la sortie de la piscine) et mes premiers tests de puissance sur 20 minutes plafonnaient à 220 watts (pour 60 kg).

Pour simplifier le récit, je vais commencer à explication ma préparation à Roth à partir du moment où je me suis inscrit en juillet 2017. Continuer la lecture de « Préparation de mon premier Ironman »