Michel de Lorgeril

Le Docteur Michel de Lorgeril est cardiologue. Ses recherches sont axées de longue date sur la nutrition et le risque cardio-vasculaire. J’ai eu beaucoup à réfléchir sur la qualité des essais cliniques à travers le prisme de ses explications. Ses propos sur les statines sont édifiants.

et si le corps médical jetait l’opprobre sur le cholestérol pour mieux vendre des drogues ? un gros marché non ? croisez vous parfois dans la rue un occidental un peu bedonnant ? peut-être que les Big Pharma ont eu un déclic en se baladant dans la rue…

à creuser à travers l’analyse de ses écrits et de la littérature…

5 réflexions sur « Michel de Lorgeril »

  1. Bonjour,
    je poste ce commentaire en tant que patient (chiant d’après mon médecin), je n’appartiens pas au corps médical ou paramédical, je ne suis pas chercheur non plus.

    Michel de Lorgeril critique beaucoup la mauvaise utilisation faite des essais cliniques en double aveugle, notamment pour les statines, avec quelques autres exemples moins commentés (antihypertenseurs, etc.).
    C’est à dire qu’il critique une utilisation très partiale et marchande de ces méthodes, et surtout leur manque d’effet ou leur effet négatif sur la santé.

    Mais ces méthodes elles mêmes, les études en double aveugle contre effet placebo sont inscrites dans un courant de pensée, ou une période précise :
    parcourez bien la littérature scientifique, la validité de l’effet placebo, « prouvé » par des mesures biologiques par exemple, ne concerne qu’un nombre assez limité de cas.

    En d’autres termes, quand un médicament est prescrit, le prescripteur a en tête « Je donne ce traitement, qui associe peut être un effet placebo + l’effet réel du médicament ». C’est à dire que mentalement, l’attente autour du traitement est démultipliée par rapport à son effet réel, même si celui-ci ne peut être remis en cause dans les études bien faites.

    Parallèlement, des travaux divers et variés ne passent pas, ou peu, ou encore de façon un peu invisible, dans les revues à comité de lecture parce que ce précieux sésame : double aveugle contre effet placebo n’est pas présent.

    Ce qui se conçoit bien pour des maladies telles que cardiovasculaires, certains cancers, … en raison du grand nombre de personnes potentiellement concernées.

    Par contre, c’est beaucoup plus étonnant, soit pour des maladies moins répandues, soit pour des modes d’action différents et complémentaires de ceux d’une thérapie classique.

    Si vous en avez le temps, lisez par exemple les témoignages recueillis sur le post suivant :
    http://forum.doctissimo.fr/sante/asthme-bronchite/asthme-bpco-alimentation-sujet_149596_1.htm

    A coup (presque) sûr, vous n’en avez jamais entendu parler, ni trouvé d’essais cliniques relatifs à ces types de méthode. Pourtant, et malgré tous les défauts et biais possibles inhérents à ce type de témoignages, parfois peu précis, force est de constater que la grande majorité est largement convergente: rémission nette ou diminution des crises dans la majorité des témoignages, avec persistance dans le temps pour ceux qui sont venus donner des nouvelles sur plusieurs mois ou plusieurs années.

    Un essai clinique serait bienvenu, mais … qui le fera ? Pas tant pour l’aspect financier (quoique), mais pour la certitude du monde scientifique sur le non lien entre alimentation et atteinte des muqueuses pulmonaires.

    Sur les mêmes bases méthodologiques, vous trouverez peut être en cherchant des rémissions pour la maladie de Berger (reins) ou une hépatite auto-immune, non référencées dans les revues à comité de lecture, et donc pas dans les bases de données associées.

    En + bref : le cadre de référence actuel pour la recherche médicale, outre qu’il soit parfois détourné, est loin de répondre à toutes les nécessités de traitement des patients, et pire, il en supprime de facto un certain nombre.

    De +, de nombreux progrès thérapeutiques ont été établis sur ces bases. Néanmoins, ce sont souvent des progrès techniques (dosages affinés, meilleures molécules choisies, meilleurs suivis, …), utiles et dont je bénéficie tous les jours (pompe à insuline), mais peu sont de vrais progrès scientifiques, c’est à dire de vraies avancées dans la connaissance des processus, et des moyens de contrôler les causes.

    Assez récemment, une médecin interne m’avait dit en gros que certes telle personne qu’elle connaissait avec clairement amélioré sa santé (PR) en changeant d’alimentation selon ce type de protocole, mais que ça n’avait pas de valeur scientifique. Outre qu’elle ignorait les études en double aveugle réalisées sur ce thème précis (Darlington, 198 qq chose), elle me disait clairement « j’ai croisé une personne, dont l’évolution de la maladie a été conforme à la théorie que vous me citez, une fois qu’elle a mis en oeuvre le protocole issu de cette théorie, et pour lequel les témoignages identiques abondent (avec dossiers médicaux parfois très détaillés) : l’expérience a confirmé la théorie, mais … ce n’est pas scientifique ».

    Merci de m’avoir lu,

    Olive verte
    (Je signe avec un pseudo, je n’ai pas vu que ça n’est pas permis, mais si ça ne l’est pas et que vous ne postez pas ce commentaire, je serai heureux d’avoir les vôtres sur les témoignages indiqués dans le lien)

    1. Bonjour,

      Je n’ai pas compris grand chose à votre discours un peu cryptique, sans doute à cause d’une journée un peu chargée.

      Je suppute que vous décriez le fait que l’on ne réalise pas d’étude randomisée sur des régimes dans certaines pathologies inflammatoires. Je ne connais pas du tout la littérature médicale sur ses pathologies chroniques.

      Je crois beaucoup pour ma part aux vertus de l’alimentation puisque je fais particulièrement attention pour mes proches et moi même et j’essaye de prodiguer quelques conseils dans le même sens à mes patients. A titre personnel, je ne conseille quasiment pas de produits laitiers et je suis très vigilant quant à la qualités des lipides que j’ingurgite. De plus je ne suis pas du tout un ayatollah de l’evidence based medicine. J’essaye de faire au mieux, dans l’intention de bien faire et mon apprentissage a parfois été guidé par des études mais cela ne conditionne pas exclusivement mon raisonnement médical.

      Par ailleurs je peux remarquer qu’il n’existe qu’une petite frange de la population qui est prête à remettre en question ses habitudes et son environnement : tabagisme, habitat et alimentation.

      La motivation des patients pour améliorer leurs conditions de vie dans les cas que vous décriez a probablement fortement joué. En tout cas ce type d’intervention ne coute pas cher, alors pourquoi pas ?

  2. Heu … en effet, mon commentaire est brouillon.
    En plus clair (si j’y arrive) : des méthodes capables de mettre en rémission des patients, ou de diminuer nettement les crises, ainsi que les traitements associés, dont certains responsables fréquents de maladies iatrogènes, sont purement et simplement ignorées.
    Pas forcément pour un danger supposé (même si la carence en calcium est fréquemment citée), mais par non respect de protocoles standards qui permettent le passage en revue à comité de lecture.

    La situation est paradoxale : les méthodes citées sont reproductibles, à peu de choses près dans les proportions indiquées par la théorie initiale, d’après tous les témoignages recensés, qui sont très nombreux, et très détaillés (analyses,etc), pour un grand nombre de pathologies. Ce qui correspond grosso modo à la définition d’une théorie prouvée scientifiquement.

    Néanmoins, ce type de travaux est considéré comme non scientifique, parce que peu étudié en protocole « médical » standard, malgré la relative inutilité habituelle de ce dernier pour comprendre des voies scientifiques nouvelles (sauf qq exceptions).

    La diversité des pathologies concernées (en nombre et en types de pathologies), le grand nombre de patients qui l’ont adoptée tous seuls, la possibilité de rémission de maladies jugées incurables, n’aident pas du tout à ce que cette méthode soit prise au sérieux, « Trop gros pour pouvoir être vrai ».

    L’effet placebo est entre autres souvent évoqué comme facteur probable dévolution possible de la maladie. Pourtant, ce fameux effet n’a jamais permis de changer significativement les paramètres biologiques impliqués dans plusieurs de ces pathologies, encore moins sur plusieurs années.

    Bien sûr, cela peut vous paraître théorique et loin de votre pratique, ou encore difficile à appliquer pour des patients peu motivés. Pourtant, une grande partie d’entre nous est prête, je puis vous l’assurer, à changer d’alimentation sous contrôle médical si les bénéfices dépassent les inconvénients « quotidiens ». Ou si ça permet de remarcher, de repousser une greffe du rein de plusieurs années, de limiter voire arrêter les douleurs persistantes jugées mécaniques (arthrose, tendinites récidivantes), de pouvoir redormir plus ou moins tranquillement, d’éviter un emphysème ou une dilatation des bronches, de stopper la prise de corticoïdes, de voir une SEP qui évoluait en continu se ralentir très nettement voire quasi disparaître pour plusieurs mois ou années, de voire disparaître un eczéma, ou encore de stopper la progression d’une maladie de Parkinson, etc.
    Maladies visiblement sans liens entre elles, pourtant il y a la plupart du temps un tronc commun, une origine identique. Que ne reconnait pas la communauté scientifique médicale actuelle, parce qu’elle se fie à des méthodes inadaptées pour ça.

    je vous remercie d’avoir pris le temps de lire et répondre, malgré mon manque de clarté (d’ailleurs lié à une hypoglycémie à ce moment là, mais c’est une autre histoire)

    Olive verte

    1. Ca va, j’avais quand même à peu près compris 🙂

      Deuxième difficulté : il est important que le médecin qui conseille et encadre le régime soit persuadé qu’il fasse bien pour transmettre la motivation au patient. S’il n’existe pas d’argument scientifique ou différent des témoignages sur lesquels vous vous basez (qui ne constitue malheureusement rien de très solide sur le plan scientifique) comment enseigner ça aux médecins ?

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