L’écologie en bas de chez moi de Iegor Gran

Ce livre était dans ma liste de lecture depuis plusieurs semaines. Depuis la fin mai où suite à une interview dans Sport & Vie (et oui !), j’ai eu très envie de le lire. L’auteur décrit comment l’omniprésence de l’écologie avec son arsenal culpabilisant le dérange.

Tout commence avec la critique du film de Yann-Arthus Bertrand : Home. Iegor Gran est ennuyé par l’homogénéité du discours que ce film génère. Home avance insidieusement et pénètre chaque foyer comme une mauvaise gastro-entérite (ce lien vous fait peur ?). L’écrivain abhorre toute forme de totalitarisme depuis qu’il a vécu dans le bloc de l’Est. Et pour lui Home n’est ni plus ni moins que de la propagande, il n’accepte pas ça.

Tout comme il n’accepte pas le monde industriel soucieux de communiquer et de vendre qui a adopté récemment le « greenwashing » : toujours plus de petits gestes pour la planète ou l’environnement… Ou comment prendre le consommateur pour un gogo et le transformer en petit soldat du mouvement. L’auteur nous fait alors comprendre que le développement durable est au mieux « une oxymore malheureuse » au pire un grand lavage de cerveau. Dans l’autofiction qu’il a rédigé Iegor Gran raconte comment il va s’éloigner d’un ami proche par divergence d’opinion sur ce sujet finalement brûlant dès que l’on s’affranchit du consensus. Cet ami peut ressembler à beaucoup d’entre nous par son comportement : des efforts oui mais perdre du confort non ! Il se nourrit surtout de symboles… Lorsque le débat éclatent autour de la valeur des dogmes sous-tendant cette idéologie, les deux camps s’essoufflent. Du GIEC qui ne fait que du « recopiage d’articles comme le feraient des lycéens sur Wikipedia », au dentiste-au bon-sens-paysan qui déçoit par son pragmatisme s’abaissant à la conversation de bistrot on ne sait pas où peut se trouver un début de vérité… Au final ce qui ennuie l’auteur c’est plus la déconstruction organisée de l’Homme qu’autre chose. Lorsqu’il écrit préférer un livre à un ours blanc il nous rappelle qu’il faut continuer de voir dans l’homme de l’espoir car l’Homme peut produire de l’affreux mais aussi du génial ! Iegor Gran nous rappelle que l’homme n’est pas qu’une bouche à nourrir et un producteur de CO2.

En tout cas l’auteur conserve une certaine foi dans l’avenir, en effet il ne serait pas étonné que les jeunes générations remplies jusqu’à ras la gueule d’environnementalisme écoeurant passent rapidement leur chemin et poursuivent l’aventure humaine autrement.

Ce livre m’a beaucoup plus sur plusieurs points :

  1. Il s’attaque à un truc dont on est victime sans s’en rendre pleinement compte. L’omniprésence des réflexions sur la vie humaine et ses interactions avec la nature rend « obligatoire » « le petit coup de pouce pour l’environnement ». Et oui ça me dérange d’être transformé insidieusement en petit soldat formaté. Libérons nous l’esprit !
  2. A la fin du livre je ne sais pas s’il faut ranger l’auteur dans le camp des « climato-sceptiques ». Il n’avance pas vraiment d’argument dans ce sens. Le but n’est pas du tout de nous fournir un ouvrage d’investigation. Il tient à démonter/dénoncer les sophismes verts et c’est déjà beaucoup !
  3. L’humour est omniprésent. Je me suis vraiment bien marré en lisant ce livre, lorsque l’on écrit 3 billets sur un blog on prend conscience des difficultés de l’écriture et je ne peux qu’être admiratif devant un tel talent littéraire.

Ma conclusion est qu’il est important de lire une chose et son contraire, comme en Médecine, ça ouvre les yeux ! Je pense qu’il est intéressant que notre société développe une prise de conscience que le moins peut-être le mieux et je continue d’adopter des comportements luttant contre le gaspillage. J’espère ne pas avoir l’hypocrisie d’écrire que je fais ça pour la Planète (surtout en zigzaguant dans le ciel en avion), je le fais pour des raisons économiques ou conjoncturelles, et ensuite tant mieux si mon compost est apprécié par ma vigne vierge ! Au final, je retiens surtout que le prosélytisme acharné doit faire prendre encore plus du recul, il doit déclencher la méfiance, là est la meilleure leçon du bouquin pour moi.

10 réflexions sur « L’écologie en bas de chez moi de Iegor Gran »

  1. Ce livre paraît intéressant. Ce discours du « parce que c’est bon pour la planète » m’écœure un peu. D’un coté, les appareils électrique consomme de moins en mois d’électricité, d’un autre coté il y en a de plus en plus (souvent inutiles), mais en même temps il faut économiser de l’énergie parce que c#est « bon pour la planète ».

    D’où adieu l’ampoule classique et bienvenu l’ampoule écologie. Elle dure nettement moins et coute plus cher, doit être amené dans un centre de déchet car elle contient un gaz très nuisible pour l’homme et l’environnement (l’ancienne pas), mais consomme moins en la laissant brûler des heures – en l’allumant sa consommation est identique à l’ancienne. Je me demande comment ceci peut être bon, à part pour l’économie mais ce n’est que mon opinion personnel.

    Tout comme il faut acheter des appareils classés A++, sans que l’ancien soit inutilisable (pour économiser 20 euro/an sur sa facture d’électricité on dépense dans les 500 , je me demande quand on économise?). Ça c’est une perte d’argent, une souffrance pour l’environnement (jeter un appareil en état de marche seulement parce qu’il n#est pas A++) mais bon pour l’économie.
    Je pense que le discours sur l’environnement cache un formidable coup de pouce à l’économie (et de taxes) et ne sert à pas ou peu de choses à l’environnement. Hélas!

    Quand à la science, elle est divisé sur l’origine de ce changement de climat: cycle normal ou dû à l’activité humaine des derniers 150 ans? Je pense un peu des deux, surtout que l’activité humaine est un accélérateur du cycle naturel.

    Désolée, je me suis à nouveau emporter. J’ai du mal avec le discours sur la protection de l’environnement et son application contradictoire. Je pense que le monde actuel, avec tout son confort peu être compatible avec un soucis de l’environnement, mais cela demande quelques petits efforts personnels: le compost que vous citez, pour acheter une bricole à 3 km de chez soi pourquoi prendre la voiture et pas utiliser les pied ou un vélo, etc. Certes, c’est très peu de chose mais vu sur le nombre… Les petits pas comptent.

    Bonne soirée et belle semaine

    1. Vous voyez on est complètement endoctriné ! Une partie de nous comprend que tout n’est pas rose, se pose des questions, etc. Et *tous les deux* nous concluons par rappeler ces petits gestes pour la planète !

      Je compatis 🙂

      Ceci dit c’est aussi probablement mieux pour le corps et l’esprit de faire une petite marche jusqu’au supermarché de temps en temps (et puis on achète moins quand on porte les sacs !)

      Bonne semaine a tous

      1. bonjour,

        et encore, dès qu’on pose les questions qu’on se pose, on est traité anti-écolo, de pollueur. Pourtant, nous avons bien un cerveau pour reflechir, se poser et poser des questions – surtout dans un monde démocratique, non?
        Le mieux est que aucun des spécialistes a indiquer qu’il faut d’abord amorti le nouveau achat avant d’économiser ces 20 euro annuel.
        Bon, le mot est surement trop fort, mais ressemble pas mal à l’obscurantisme. Jadis la religion dictait le comportement, maintenant c’est « l’économie écologique » (comme je l’appelle).

        C’est sûr la petite marche au supermarché est super bien. Par contre une fois, je suis allé pour acheter un boite de conserve et je suis rentrée avec un sac qui pèse dans les 5 kilos! Bof, j’ai fais un peu de musculation des bras, mais le chemin paraissait plus long.

        Maintenant, je vais au second supermarché, l’A/R fait 4,6Kms (75 minutes avec achat). Parfois un peu dure après la balade avec mes toutous (dans les 90 minutes), mais ensuite je suis en pleine forme pour attaquer la journée. Je suis pas sportive pour un sous, mais j’adore marcher, me promener surtout avec un petit vent frais (même avec un pluie fine). Je marche pour mon bien-être et si je peux économiser quelques sous en essences, pourquoi pas.

        Bon lundi et bonne continuation.

  2. c’est mignon ce côté « je critique l’écologie mais je peux me le permettre car je fais quand m^me attention à la planète »….
    je ne comprend absolument pas en quoi la démonstration des appareils A++ sert ce propos…. balancer un appareil qui marche n’a rien à voir avec de l’écologie, c’est de la consommation…. pour moi l’écologie ce n’est pas ce que vous décrivez, du lavage de cerveau, c’est plus d’humain et de Beau justement… mois d’objets plus de relations, plus de beaux objets de qualité, que l’on prend plaisir à garder longtemps, plus de sérénité, et que l’on ne vienne pas me dire que cela coute plus cher…. faire du sport avec ses voisins que ce soit un footing ou un picnic à vélo, c’est plus sympa qu’une inscription dans un club de gym, acheter mois souvent des vêtements mais qui dure plus longtemps, et comme nous le faisons là, rencontrer des gens et réfléchir, sans sortir un argument lui aussi totalitaire que c’est du lavage de cerveau mais en ouvrant la discussion sur le sens que cela a pour nous…

    rien à voir mais après le marathon, le trail ça vous tente ? je cherche des infos la_dessus, moi non sportive pour mon père qui s’entraine pour un 11o km dont 8 de montées !!

    1. bienvenue par ici 🙂

      Mon discours est effectivement ambivalent. Simplement ce livre m’a ouvert les yeux sur un prosélytisme envahissant. Et oui merde y’en marre de vivre dans la culpabilité du regard du voisin. Mon mode de vie se partage entre deux idées :
      limiter le gaspillage
      ne pas sombrer dans une contrition qui n’a que pour vertu de ne pas nous faire croire à un rachat de nos péchés écologiques

      Concernant la suite de votre discours, j’y vois plus une lutte contre la société de consommation que des préoccupations écologiques. Moi aussi je préfère posséder moins mais mieux et je préfère ainsi investir dans ce que je mets dans mon estomac plutôt que dans des broutilles mais difficile de vivre sans acheter dans notre pays non ?

      Le lavage de cerveau écologique c’est la plaie décrite par Iegor Gran. Le fait qu’aujourd’hui l’univers commercial nous parle de la planète pour continuer à nous vendre.

      En tout cas, si tout à chacun peut trouver un équilibre qui le rende heureux, voilà un bon objectif !
      La course à pied peut participer à ce bonheur 🙂 et oui je vais essayer d’aller plus loin que le marathon avec une participation à la SaintéLyon 2011 si tout se passe bien. Pour trouver des infos sur le trail Google sera votre ami comme d’hab 🙂 Avez vous des questions précises ?

      PS fan des écrits de dominique loiseau ?

      1. Bonjour
        Merci en général pour ce blog… je suis en cours de thèse de médecine générale.. ce que j’ai toujours voulu faire et qui n’a été que conforté par ma découverte du monde hospitalier… que je redécouvre à travers des blogs comme le votre !! des médecins motivés, motivants, qui se documentent et s’ouvrent à d’autres point de vue…. ça me fait un bien fou !!

        dominique loiseau je connais de loin, sans l’avoir lu…. j’en suis loin car très « bordélique »… et puis je l’ai trouvée trop directive…

        réflexion sur la societé de consommation et écologie vont de paire pour moi: en somme pourquoi acheter du bio sur-emballé en super-marché (mémé les légumes sont dans des sachets plastiques !!) ou ayant traversé toute l’Europe en camion…
        nous avons créé une amap dans notre coin ce qui donne lieu à des rencontres et discussion passionnante car nous sommes dans un climat de montagne et avec peu de producteurs : on réfléchit, on privilégie les contacts humains: le fromage de chèvre non bio du coin, les fruits bio à 100 km car famille de producteur géniaux !!

        bref difficile de s’étendre, non au « greenwashing » mais ne jettons pas le bébé avec l’eau du bain !!

        pour vous qui êtes fan de sport extrême, qui trouve beaucoup d’amateur par chez moi, je trouve qu’on peut avoir le m^me genre de réflexion:
        les « supermarché de l’extrême » apparaissent…
        comment trouver un équilibre avec le toujours plus, toujours plus loin, plus difficile ? se dépasser sans sombrer dans une sorte de « dépendance » à la performance ? toujours la m^me chose: prendre du temps, respecter certaines conditions extérieures sans vouloir aller contre, célébrer ce qui a déjà été accompli avant de passer à la suite….

        PS: il y a de beaux sites de basejump par ici….
        pour le trail je vais poster plus loin !!

        1. je ne peux pas éditer mais promis si je continue à poster des commentaires, je ferais un effort de relecture pour éliminer faute de frappes et d’orthographe:
          je me suis énervée en me relisant!

          je ne sais d’où sort ce « mémé » : une incantation inconsciente au potager de feu ma mamie ???

  3. « pourquoi acheté » :c’est comme un violon qui grince !!
    le reste est moins génant: pas de « s »
    le « mémé » à la place de m^me me plait par contre !!!

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