Consommation d’alcool en 2011

La période des fêtes est l’occasion d’ouvrir de bonnes bouteilles. J’aime bien faire plaisir à mes papilles et j’adhère (avec modération !) au principe populaire franco-français des bienfaits d’un verre de vin occasionnel.

L’épidémiologie nous enseigne que la consommation d’alcool est parfois associée à un meilleur pronostic cardio-vasculaire mais aussi que le risque de cancer augmente avec la consommation d’alcool. Il n’y a donc aucune possibilité de recommander de boire de l’alcool pour obtenir un quelconque bénéfice en terme de santé. Pourtant, certains auteurs s’y essayent notamment en exacerbant les effets bénéfiques du vin et en cultivant le french paradox. Le NO sauvera-t-il nos artères ?

J’ai voulu savoir quelle était ma consommation d’alcool. Ainsi j’ai noté quotidiennement ma consommation d’alcool pendant l’année 2011. J’aime bien rendre visites à mes amis, je ne rechigne pas à prendre un verre de vin et/ou une bière et en même temps j’ai une tendance à analyser facilement mes comportements alimentaires ce qui peut biaiser le recueil. Disons, que je pense rentrer dans la catégorie des patients qui répondraient volontiers avoir une consommation occasionnelle d’alcool si la question leur était posée.

Verdict : 8,35 g d’alcool par jour en moyenne. Je n’aurais jamais imaginé être si proche que ça d’un verre par jour, surtout avec mes préoccupations sportives… La consommation ponctuelle de 3-4 verres par jour rythmée par les week-ends, est quelque chose qui est classiquement retrouvé dans les modalités de consommation d’alcool des populations les plus jeunes, c’est là que le bât blesse.

Je n’ai pas de conclusion à tirer de cette observation. Ca ne vaut pas grand chose, mais j’ai trouvé ça intéressant à partager.

1.
Chalopin, M. et al. Estrogen Receptor Alpha as a Key Target of Red Wine Polyphenols Action on the Endothelium. PLoS ONE 5, e8554 (2010).
1.
Ronksley, P. E., Brien, S. E., Turner, B. J., Mukamal, K. J. & Ghali, W. A. Association of alcohol consumption with selected cardiovascular disease outcomes: a systematic review and meta-analysis. BMJ 342, d671–d671 (2011).
1.
Iervasi, G., Forini, F. & Sabatino, L. A glass of wine. Critical Care Medicine 40, 3098–3099 (2012).
1.
Lippi, G., Franchini, M., Favaloro, E. J. & Targher, G. Moderate red wine consumption and cardiovascular disease risk: beyond the ‘French paradox’. Semin. Thromb. Hemost. 36, 59–70 (2010).
1.
Wu, J. M. & Hsieh, T. Resveratrol: a cardioprotective substance. Ann. N. Y. Acad. Sci. 1215, 16–21 (2011).

13 réflexions sur “ Consommation d’alcool en 2011 ”

  1. Bonsoir, 

    d’abord que l’an 2012 vous sera propice dans vos projets et
    attentes. Je n’ai pas de mérite, mais je peux répondre 0 g d’alcool depuis 12
    ou 13 ans, à mon regret. Pour moi, un bon repas est accompagné avec un verre
    gris de gris, de blanc sec  ou de cidre.   Suite à un médicament
    prescrit, je n’arrive plus à boire ou à manger une goutte d’alcool, ni de gâteau
    où il y en a, plus de daube (la cuisson se fait avec du vin) mais impossible à ingérer un médicament qui contient de l’alcool. Il ne me reste que
    l’eau plate et une partie des plaisirs de la table se sont envolés. Bof! Il
    reste les souvenirs de jadis, et pour le permis de conduire c’est mieux. Un verre en mangeant, quand cela fait plaisir, ne peut pas être nuisible à la santé. D’ailleurs quoi ne peut pas être à un moment donné nuisible à la santé?! Bonne soirée 

  2. Salut,

    Marrant cette petite analyse introspective de ta conso de R-OH..mais comment as tu fait ?? A chaque fois que tu buvais du breuvage tu consignais cela sur un calepin ?

    Donc 8.5 g/j…très surprenant comme chiffre alors que ta conso ne semble pas quotidienne soit environ et en moyenne 60 kcal/jour :) (c’est juste une remarque non pertinente ces 60 kcal, car pour moi les calories ça ne veut pas dire grand chose…c’est juste pratique pour comparer)

    Autre question …. si on consomme du jus de raisin (ou de raison), donc pas très loin du vin, est ce qu’on peut dire que j’augmente mes chances de me prémunir de problèmes cardio-vasculaires ??? finalement les vertus des poly sans les nuisances des R-OH

    Enzo

    1. oui je notais quotidiennement dans un petit fichier google docs ma conso d’alcool (et pour être vraiment dingo de poisson et de viande rouge aussi pour avoir une idée)

      On retrouve le bénéfice des polyphénols du vin dans le jus de raisin (mais gaffe aux sucres ajoutés et cie) mais l’alcool a aussi son propre rôle à jouer si j’ai bien compris ce que j’ai lu sur le sujet

      1. bientôt un billet sur ta conso de viande rouge et poisson alors….méticuleux dis donc

        selon la législation, pas de sucres ajoutés au jus de raisin…mais ça reste très sucré quand même :)

  3. Je suis « blonde », donc je sollicite votre pardon pour cette question bête :
    Comment connaitre sa consommation en grammes d’une boisson alcoolique exprimée en degré (4° pour une bière blonde) ou en volume (12 ou14 % du volume d’alcool pour un vin) ?
    Heureusement, les verres ont une contenance homologuée (25 cl) mais que faire quand, pour les fêtes, nous « passons notre temps » à boire dans les verres en cristal du service de la grand’mère ?
    J’ai pas encore bu mais j’ai déjà la migraine !

    Meilleurs vœux malgré tout !

    1. Pardon accordé, la question étant loin d’être bête. 
      Je tente une explication et je vais peut-être bien me planter. Dans mes souvenirs, l’expression en « pourcent » sous-entend « pour cent millilitres », donc une boisson titrant 4% d’alcool contient 4 ml d’alcool pur pour 100 ml de volume de boisson. Sachant que 10 ml d’alcool contiennent 8 g d’alcool, il faut à nouveau faire un calcul…Je crois également savoir que malgré les différentes tailles de verre existantes, nous pouvons considérer qu’un verre adapté à son alcool contient à peu près 10 g d’alcool. Donc un verre de whisky contient 10 g d’alcool s’il contient du whisky mais pas du porto… La quantité d’alcool d’un verre à vin de 25 ml rempli de whisky est donc difficile à évaluer. Et une coupe de champagne contiendrait 10 g d’alcool si elle contenait effectivement du champagne. Et encore si on veut compliquer, l’effervescence augmente l’absorption d’alcool et donc la quantité passant effectivement dans le sang! Donc pour résumer, estimer sa propre consommation de la façon sus-décrite en se persuadant qu’elle est pertinente relève du pur fantasme ou d’une dangereuse maladie mentale. Connaissant les us et coutumes des gens du nord et ne croyant pas à ma seconde hypothèse, j’opte pour la première.Pour les fêtes, privilégier le contenu par rapport au contenant me semble une bonne philosophie. Et se sont bien les calculs qui collent la migraine et la cellulite. Parce que au fait: combien de Kcal pour un gramme d’alcool? (et puis trop tard, de toute façon ;-)

      1. mouhahaha c’est vrai qu’il ne manque pas grand chose pour ce billet devienne complètement farfelu, c’est de la bonne stat de comptoir que je vous ai livré là hein ! et encore à la louche !

        oui j’ai appliqué le principe intangible du « grosso merdo » aka pifomètre. Je ne bois que du vin et de la bière et un verre standard de chaque contient environ 10 g d’alcool. J’aurais pu aussi indiquer que je bois en moyenne 0,8 verre standard par jour.

        suivez le lien de l’INCA sur la consommation d’alcool, sous en saurez plus sur les verres dit standards

        1. Quitte à en rajouter, je t’expose la théorie de mon caviste sur l’évolution des mentalités sur l’alcool.

          Dans les années 50, la médecine de l’époque ne fustigeait pas et voire encourageait la consommation d’alcool, ce que nous trouvons maintenant proprement effarant. Le slogan martelé de 1L de vin par jour et par ouvrier de chez Renault est d’ailleurs un des Leitmotiv de ces glorieuses années que l’on nous rabâche sans cesse. Or mon caviste (qui a oublié d’être con) me dit qu’à l’époque, les techniques de vinification étaient pour le moins artisanales. Elles ne permettaient que d’obtenir un breuvage dépassant rarement les 8%, rendement qui s’est amélioré avec l’industrialisation de la profession, atteignant parfois jusqu’à 13% de nos jours. 
          Vous conviendrez aisément qu’avec nos référentiels actuels la vision des choses est parfois trompeuse: la consommation d’alcool était certes importante en volume mais moins impressionnante si l’on considère la quantité réelle consommée. Parallèlement, il est amusant de constater que l’augmentation de la teneur en alcool de la bière ne parait pas alarmante pour le consommateur de base (le fameux « je n’ai bu qu’une bière », et peu importe qu’elle soit à 6 ou 8% comparativement aux 2 ou 3% de l’époque!).  
           
          En bref, mon caviste résume la situation ainsi: « un litre de vin de l’époque, c’est une bière de maintenant ». Il a probablement raison, et force est de constater que si l’on s’en tenait à cette consommation stricte, nous serions (comme nos parents avec leur litre de piquette) dans les clous…

          PS: la mention obligatoire de la teneur en alcool sur une bouteille n’est pas d’une précision redoutable (de mémoire 0,5 ou 1 degré près). Ou comment faire passer un innocent flacon de 14% -on ne l’aurait pas acheté- pour un 13% -oh, il envoie pour un 13 degrés! ;-) 

          1. J’approuve les explications de votre caviste sur les titres d’alcool ainsi que sur les méthodes de vinification : le taux de sucre conditionnera celui de l’alcool (en simplifiant !).
            Il faudra ajouter pour être complet, le réchauffement climatique qui permet d’avancer de près, voire de plus, d’un mois, la date des vendanges. Le réchauffement allié à l’ensoleillement induit le taux de sucre (cf. l’observation précédente ..) et nous voici avec « des vins du sud de la méditerrannée » en plein Rhône-Alpes ou en Bourgogne … Par pure curiosité, j’aimerai connaître leur titre, à ces vins du sud ! Nous risquons d’approcher le « digestif » …

  4. « le risque de cancer augmente avec la consommation d’alcool » Ceci est la conclusion française simplificatrice; et ce n’est pas obligatoirement ce que l’on peut lire (selon les cancers, les études, les types de boissons)  dans le dernier rapport du World Cancer Research,

    1. C’est vrai que la conclusion est un peu caricaturale mais c’est vachement difficile de tourner correctement une recommandation individuelle concernant la consommation d’alcool. C’est vrai qu’on peut trouver que les organismes de luttes contre le cancer frappent fort en indiquant un risque dès le premier verre.

      Probablement que l’alimentation (folates) associée à la consommation d’alcool et les modalités de consommation d’alcool (1 verre quotidien vs 5 verres le WE) jouent.

      Néanmoins sur le WCRF je n’ai pas trouvé de doc récents sur l’alcool. Je n’ai trouvé que ce PPT assez ancien : http://www.dietandcancerreport.org/cancer_resource_center/downloads/speaker_slides/us/07_James_Alcoholic_Drinks.pdf

      avez vous des liens à me proposer ?

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