Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Vivre. Je suis angoissé par l’idée de vivre une vie vide. Postulat de départ. Alors je m’entraine tout seul dans une course infernale. Des objectifs à court terme, des projets, des fantasmes sur le long terme : je cultive ça à merveille. Parfois le régime s’emballe.  Le multitâche a ses limites, des sécurités physiologiques nous rappellent à l’ordre. La fatigue. Je bascule dans une sorte de spleen qui sent le renfermé.

L’hibernation.

J’ai des périodes comme ça. Je ralentis, je (me) dépense moins et je vivote. Je développe alors une facilité incroyable à relativiser des choses qui me paraissaient importante et à faire trois pas en arrière. Au bout de quelque temps il y a quand même un petit quelque chose qui me démange. Une petite gêne, comme un caillou dans la chaussure. Un je ne sais quoi agaçant… et j’essaye de relancer la machine.

Cependant il y a cette petite phase de transition. Vous savez ce moment où l’on a envie de rien. On veut mais on veut pas. On voudrait zapper cet instant. Changement de décor, de moment et d’humeur. Mais dans ces fraction de temps où l’on ne veut rien, le moindre geste devient un effort surnaturel.

Et puis d’un coup, on décide qu’il faut se bouger le cul.

Là, rentre en scène la fameuse TODO LIST. Mais qui a inventé un truc pareil ? Ne fallait il pas être particulièrement retors pour développer ce concept d’objectifs qui attendent sur le papier que l’on y accole une petite marque rédemptrice.

Englué sur mon canapé je rumine ma  todo list cérébrale. Elle flotte sur ma conscience comme un vieux bout de bois sur le canal. En analysant ces trucs que j’aimerais faire ou changer dans ma vie je ne sais pas ce qui est le plus con : entretenir depuis X années un pseudo-objectif sans y arriver ou encore croire un jour que ces mots en enfilade dépasseront un jour le stade de la velléité.

C’est tout le piège des listes ou du progressisme personnel pathologique. La culpabilité.

Je crois comprendre en écrivant ces lignes que le principe piège dans lequel je tombe est celui de la dispersion. Il faudrait que j’apprenne à me concentrer, à focaliser mon énergie. Je vais mettre ça sur ma todo-list.

P.S. les billets vraiment personnels se compte sur les doigts d’une main sur ce blog, j’espère ne pas vous effrayer avec ce petit coup de blues 😉

P.P.S. Titiou Lecoq parle très bien des todo lists par là : Le Grosplantitiou et son Politburo

5 réflexions sur « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »

  1. Aie! Alors vous aussi? J’espère que vous allez bien et rapidement remonter ce moment/sentiment. Je me suis inquiétez de cela une quinzaine d’année (gâché ma vie, passer à coté) et puis  entre mes diverses occupations je me suis un peu perdue. Je tente de me retrouver, je sais c’est idiot mais je ne m’en fait plus (de passer à coté mais de savoir que veux-je). Tant que j’arrive à faire ma promenade quotidienne avec mes loulous en foret, je suis heureuse – peu importe le reste. Pourvu que mes genoux veulent bien le faire pendant quelques décennies encore.

    Je vous souhaite plein de Courage et ne laissez-vous pas abattre.

    PS les todo lists est-ce que ce sont ces fameuses listes avec le positifs/négatif – fais/à faire – pour revaloriser soi-même ?Ce truc avait plutôt l’effet inverse.

  2. Dans la Vie, il y a deux solutions quand ça ne va pas. Pas une, pas trois mais Deux (j’aime bien la dichotomie, je pense qu’elle m’arrange). Soit on met les mains dans la plaie, on s’immerge dedans, on en prend possession et on comprend, tout du moins on tente, et ça fait mal sur le moment, soit on dit que la douleur n’est qu’information, on la laisse de côté, on la néglige, on l’oublie parfois sans finalement la refermer.
    Et puis merde, on a le droit de pas être bien, d’avoir le spleen, tout gris et de le dire.

    La CULPABILITE. Tu as raison. C’est bien un des grands maux de nous les Humains.

    La Dispersion…et alors si tu es comme ça de nature pourquoi changer…disperse toi 🙂 peut être que tu ne disperses pas assez.

    Un tour du monde en vélo ça ne tente pas….là tu vas te recentrer 😀 si tu recherches cela

    C’était quel trail le 11 mars ?? Ton copain en a bavé (plus de 8 au kilo :D) ?
    Tu n’as pas fait le trail des Remparts Lillois ?

    Continue de poster, ton blog est chouette (pas tout mais un bonne partie ;D)

    A bientôt

    Enzo

  3. Cher  NFKB,
    tu aimerais tout faire et le faire excellement bien tout le temps , mais voilà …
    Même Tolstoi tenait un journal avec ce qu’il se promettait de faire et de ne plus faire , il est très possible qu’on trouve un jour des to do lists datant de l’antiquitéhttp://www.guardian.co.uk/lifeandstyle/2012/mar/23/change-your-life-anti-inspiration
    Ne t’inquiète pas et si tu as un instant , lis l’article que j’ai posté, il est possible que cela te fasse sourire.
    Medulla

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