Voler à San Diego chez American Aviation Academy (détails pratiques sur place)

Me voilà donc un vendredi soir à l’aéroport de San Diego. Je rejoins les agences de location de voiture via la navette.
Là j’y apprends que la politique commerciale d’Auto Europe est de rendre le réservoir vide, je dois donc m’acquitter du coût du plein, avec taxes et tutti quanti… Notez également que si vous changez de voiture durant le sejour, il faut rendre la voiture avec le reservoir plein, et seulement quand le sejour se termine vous pouvez rendre la voiture avec le reservoir le plus vide possible. Bref, pas sûr que le client soit gagnant à un moment. Petit éclaircie dans l’ambiance désagréable des préfabriqués d’agence de loc’ : l’employé m’autorise à passer un coup de fil local pour savoir comment récupérerer les clés de ma piaule, c’est déjà ça 🙂
Je monte dans la petite Chevrolet, je paramètre le GPS et c’est parti pour trentes minutes d’autoroute bien dense. Aux USA les conducteurs se calent avec le régulateur de vitesse, vous aurez donc l’air d’un OVNI si votre voiture oscille entre 90 et 100 km/h ! Notez aussi que les dépassements se font par la droite ou la gauche, restez vigilant.
La sortie d’autoroute pour El Cajon est « Johnson Ave ». La sortie est dans une courbe de l’interstate 8 : « pay attention to that ! » Au feu à droite, puis première à gauche après le concessionnaire Kia, vous voilà sur Madison Ave. Les appartements Majestic, se trouve rapidement sur votre droite, prenez la petite allée pour rejoindre votre place de parking associée à l’appart. Attention il est possible qu’elle soit deja prise du fait de la coloc’. Je recupère mes clefs et le code Wifi auprès du chef pilote qui loge aussi au Majestic.
Arrivée dans l’appart : quel bordel ! On ne m’avait pas franchement expliqué qu’il y avait colocation, c’est en fait assez systématique. Je decouvre que mon coloc a l’air assez bordelique. Crevé, je vais me coucher !
Effet Jet-Lag, réveil matinal… Un peu de glandouille sur le net puis je décide de trouver de quoi me restaurer : joie, IHOP va ouvrir dans peu de temps. Bonheur du GPS Garmin, les points d’intérêt sont très bien fournis. J’enchaine sur WallMart pour faire les courses : horreur, y’a pas un fruit. Je trouve de quoi me faire à manger et je rentre tranquillou. Notez que je vous conseille plutôt d’aller faire vos courses alimentaires chez Food 4 Less où vous trouverez plus de denrées intéressantes, à meilleur prix.
J’ai bien compris que ce samedi je ne pourrai pas faire mon inscription administrative à l’école, ni auprès de la FAA. La mauvaise surprise c’est que le lundi était férié (Martin Luther King Day) : damned ! Il ne me reste plus qu’à me concoter un circuit touristique… Je vous invite donc à vérifier qu’il n’y a pas de jour férié mal placé pendant votre séjour, surtout s’il est court.
En vrac : le zoo, impressionnnant, mais très cher. Little Italy : super pour trouver de l’alimentation et des restos italiens de qualité. Le porte-avion USS Midway, à voir. La balade à Sunset Cliff Blvd est très sympa mais vous trouverez plus d’animation à Sunset Beach. Vous pouvez aussi pousser jusqu’à Torrey Pines mais je ne suis pas sûr que la route vaille la chandelle. On m’a aussi fortement déconseillé d’aller à Los Angeles (moche+bouchons+++) en voiture, je me suis donc abstenu. Pour du shopping, je vous conseille clairement d’aller voir les magasins à la frontière mexicaine. Il y a un énorme complexe commercial où vous trouverez moults excuses pour dépenser vos dollars ! Tant qu’on est dans la partie touristique, je vous conseille les restos suivants :
Under Belly proche de Little Italy, Benedetto, son voisin où la qualité des plats italiens était top. Et Bambu Sushi Grill dans le secteur de La Mesa.
Les jours passent agréablement. Avec le début de semaine qui s’annonce beau, je vais pouvoir me remettre les fesses dans le cessna !
Détail pratique : il faut 6 minutes de voiture pour rejoindre l’aérodrome depuis le
Majestic. Il faut une voiture pour être confortable là bas.

Le mardi s’organise mon premier vol. Ca sera une initiation voltige avec travail sur les décrochages en Decathlon. Wooh : instructeur chevronné qui cause vite, d’emblée dans le vif du sujet, train classique, radio US, ouhlalala… Ca se passe plutot bien jusqu’à un soucis mécanique qui m’a un peu gêné pour la suite de l’aventure. L’instructeur indépendant a vite emballé son affaire et AAA s’est vite débiné argumentant que ça n’était ni un de leurs avions ni un de leur instructeur… Bref aux Etats-Unis quand ça ne se passe pas comme sur des roulettes, c’est tout de suite une autre paire de manches… Je suis vraiment triste de ce mauvais démarrage mais je décide de ne pas lâcher l’affaire !
 
La secrétaire (très serviable) m’arrange un rendez-vous à la FAA. Je prends tous mes papiers sous le bras et je me rends sur l’aérodrome de Montgomery. Je trouve assez facilement. La finalisation de ma conversion de licence n’a été qu’une formalité. J’ai juste l’impression qu’il m’ont fait causer pour vérifier que je comprenais un peu l’anglais.
Allez c’est parti pour l’instruction. Je tombe avec un instructeur un peu rude pour les débutants comme moi. Il s’étonne qu’un gars qui parle un peu anglais ne gère pas la radio comme dans son pays d’origine… Euh c’est pas tout à fait naturel quand même hein… Là j’ai décidé de mettre dans la peau d’un américain : je paye, je veux une autre qualité d’instruction. Ca ne me ressemble pas de me braquer sur quelqu’un d’emblée mais pour voler 10 jours j’ai pas envie de me faire engueuler à chaque vol. Je découvre alors une instructrice francophone qui a l’air bien plus sympathique. Je demande à poursuivre avec elle. Après quelques phrases échangées en français, on décide de « jouer le jeu » et de communiquer en anglais dans l’avion. Ca sera un vrai bonheur de voler avec elle, décontractée et rigoureuse elle a su me donner le temps de prendre mes marques et je me suis senti en confiance quand j’ai été lâché.
J’ai également beaucoup appris en demandant à des élèves plus avancés de les accompagner lors d’heures de time building ou d’instruction, ça fait clairement parti de mes meilleurs souvenirs, merci à eux !

La flotte d’avion était assez vieillote mais sans soucis. Il y avait assez d’avions pour que les élèves puissent voler. Je n’ai pas ressenti pendant ces deux semaines des problèmes de disponibilités des avions.
La météo a été globalement clémente durant mon séjour. Les douces températures étaient fort agréables. Quelques entrées maritimes sont venues perturber un peu le planning d’instruction sans plus…
Concernant le paiement des heures de vol, je n’ai jamais avancé de grosses sommes. Je n’aimais pas l’idée de confier tant d’argent sans être sûr de voler. Je payais par tranche de 300 dollars environ.  Je m’en suis réjoui quand j’ai vécu des embûches en début de séjour. Au final je vous rassure la secrétaire d’AAA a recrédité sur ma CB l’argent que je n’ai pas dépensé en volant.
Finalement j’ai été lâché dans un environnement nouveau en moins de dix heures, pour moi c’est pas mal. Il y avait en effet beaucoup de choses à assimiler pour un PPL avec peu d’expérience. J’ai réussi mon objectif 🙂
Mais tout ça peu se préparer plus efficacement ! Mes quelques conseils seraient : reprendre les repères de base en volant un peu plus dans les semaines avant de partir, attraper un manuel de vol de Cessna 152/172 sur le  net pour se mettre en tête des caractéristiques de l’avion et ses procédures d’urgences. Regardez sur SkyVector la région pour mieux comprendre les espaces aériens et les pièges. En assimilant bien la géographie vous pourrez d’autant mieux essayer d’écouter la tour de contrôle sur LiveATC. Avec le décalage horaire et l’activité importante sur l’aérodrome la soirée est un bon moment pour essayerde comprendre. Entrainez vous à capter quelques informations avec un papier et un crayon et ensuite essayer de repérer où sont les avions, ca vous permettra d’anticiper les messages à venir et vous donnera plus de chances de comprendre.
Il me parait aussi très intéressant d’envisager de partir à plusieurs pour partager des frais. Et surtout faire régulièrement des vols en place arrière en écoutant la radio ne peut qu’être bénéfique !
Les choses que je n’ai pas jugées utiles : acheter des livres anglais ou US sur la radiotéléphonie. Etre plongé dans l’environnement permet bien plus de comprendre ce que l’on vous demande. Ensuite je ne pense pas qu’une radio pour écouter depuis sol soit un super investissement ; en effet Live ATC fonctionne plutôt bien, et il faut dépenser une forte somme pour avoir une radio de qualité. Il vaut mieux investir ces sommes en heures de vol !
Voler aux USA est une magnifique expérience. Dans une optique d’élargir sa compréhension du monde aéronautique c’est une excellente expérience, si vous pouvez le faire : faites le ! N’hésitez pas à m’écrire ou à commenter si vous avez des questions précises 🙂

P.S. je vous conseille également d’aller lire ce post sur Aéronet.

7 réflexions sur « Voler à San Diego chez American Aviation Academy (détails pratiques sur place) »

      1. Voilà, on voit tout de suite mieux. Fait attention à ta conduite, tu vas vachement vite 😉 D’un autre côté, c’est normal tu es pressé d’arriver au terrain ! 🙂

    1. HEllo, non je n’étais pas assez expérimenté pour faire ça. Mais vu le nombre d’avions dispos sur les aérodromes de SD ça doit largement être possible

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