L’intestin, cet incompris

Pardonnez moi pour ce billet qui n’en est pas un mais j’avais juste envie de partager des éléments de réflexion sur l’intestin, cet incompris. Cette courte note a été galvanisée par l’émission de La tête au carré sur le système nerveux intestinal.

Je trouve que la physiologie intestinale est passionnante, mystérieuse et méconnue. Son enseignement est probablement un peu négligé comparativement à la physiologie cardiaque par exemple. Pourtant l’intestin en constituant une interface énorme avec l’environnement est à la croisée de plusieurs systèmes majeurs pour notre homéostasie. Voici en vrac quelques éléments pour nous pousser à creuser la physio(patho)logie intestinale.

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  • Interaction entre le système nerveux volontaire et autonome dans la régulation de la prise alimentaire. Quelle nébuleuse de neuropeptides pour juguler sa faim…
  • Intrication majeure avec le système immunitaire tout au long du tube digestif
  • Régulation complexe du transit intestinal, comment l’iléon communique-t-il avec l’estomac ?
  • Homéostasie du milieu intérieur, le tube digestif haut sécrète et réabsorbe de l’ordre de 10 l de fluides par jour
  • Rôle majeur du microbiote intestinal : réservoir génétique, optimisation de l’absorption de certains nutriments, stimulation du système immunitaire, consommation énergétique. Nous avons tous environ 10^14 bactéries en nous ! de 1 à 2 kg de bactéries !
  • Liaison permanente entre l’incroyable usine chimique qu’est le foie et l’intestin
  • Régulation de l’absorption des nutriments, rôle de filtre ? quand on assimile que l’on est constitué de ce que l’on mange, les modalités d’absorption deviennent cruciales 🙂
  • Rôle de réservoir de fluide du système vasculaire splanchnique
  • Impact du nerf vague sur la physiologie intestinale

Autant de pistes à creuser pour mieux comprendre nos patients, leurs symptômes et les traitements…

 

6 réflexions sur « L’intestin, cet incompris »

  1. Sur ce sujet, le livre de Michael Gershon, The Second Brain: A Groundbreaking New Understanding of Nervous Disorders of the Stomach and Intestine, est à mon avis une référence. N’étant pas médecin mais ingénieur, j’ai trouvé qu’il se lisait quand même bien (il est vrai que je lis facilement l’anglais).

    Je viens également de découvrir une bactérie, Bifidobacterium infantis, qui semble prometteuse pour les cas de syndrome de l’intestin irritable. Les médecins ont me semble-t-il négligé ce pan de la souffrance des patients.

  2. Il y a également tout un pan de recherche en plein essort sur les intéractions bactéries-tube digestif, les luttes intestines (à juste titre) auxquelles la flore se livre pour créer un écosystème contenant 1000x plus de gènes que notre génôme humain.

  3. « L’intestin, cet incompris »
    « Négligé » serait plus fidèle à la réalité qu' »incompris »; mais nous imaginons tous que beaucoup de chosent se passent dans ce lieu, et que les découvertes vont révolutionner nos conceptions physiopathologiques. Cela fait penser au tissu adipeux, qui il y 30 ans était vu comme un simple réservoir, mais qui depuis n’arrête pas de se complexifier, de sécréter milles adipokines….

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