L’échographie cardiaque pour l’anesthésie-réanimation

Voilà. Je viens de passer l’examen du DU d’explorations ultrasonores en anesthésie-réanimation à Lyon. Grosso modo c’est le « DU d’écho cœur pour les anesthésistes ». C’était vraiment bien et c’est le deuxième DU qui va vraiment changer ma pratique clinique après le DU de ventilation artificielle.

Je découvre tout un nouvel univers de l’hémodynamique basé sur le visuel et la réflexion physiopathologique. Ici pas de boîte noire foireuse. Avec l’écho on réfléchit, on regarde et on re-regarde après avoir re-réfléchit 😉 J’ai vraiment appris une foule de choses et j’espère avoir consolidé  mon bagage physiologique.

Je voudrais partager avec vous quelques principes m’ont particulièrement marqué depuis le début de mon apprentissage :

1) Un souffle ne traduit pas forcément une vilaine valvulopathie et les valvulopathies significatives ne sont pas diaboliquement difficiles à dépister. Don’t be afraid of the valve Alfred !

2) <raccourci>la veine cave c’est de la crotte. Je m’en doutais déjà un peu, mais ça se confirme</David Vincent>

3) L’oreillette gauche c’est l’hémoglobine glyquée du cœur. Voilà un truc qu’on ferait mieux de regarder plutôt que la fraction d’éjection lors de la consultation d’anesthésie et avant d’endormir les patients.

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4) Le flux mitral et le döppler tissulaire ont été mis sur un piédestal ces dernières années. Ce sont de bons outils mais ils ont un paquet de limites et il faut raison garder +++

5) L’échographie associée aux autres moyens de surveillance d’évaluation hémodynamique permet une synthèse entre la pression dans les cavités et les pressions qui s’exercent sur les cavités. Ça c’est plutôt finaud.

6) Devant des catastrophes hémodynamiques brutales une bonne ETT peut rapidement orienter intelligemment les décisions : épanchement péricardique ça ne se traite pas vraiment comme une EP massive et le remplissage aveugle n’est pas toujours judicieux…

7) L’échographie cardiaque constatant des cavités droites qui débordent aide à comprendre que « la congestion rénale » ça existe et que même dans mon milieu d’anesthésie-réanimation un patient oligurique n’a pas toujours besoin de remplissage mais parfois de diurétiques.

8) Do the LVOT VTI. Do it and do it again.

9) Faut pas rigoler avec le cirrhotique. C’est vraiment un sacré mic-mac ces patients là… Remplir le cirrhotique est un Art délicat.

10) La PEP. Le SDRA. Et hop le FOP ! (Pas de bol hein ?)

Voilà voilà. Ça vaut vraiment le coup de s’investir pour s’approprier petit à petit l’outil d’autant qu’il muscle la réflexion hémodynamique (précharge, inotropisme, post charge, retour veineux, débit : je vous aime !) Aujourd’hui  je me sens bien plus confortable qu’avant face à certains patients alors même que je suis loin de maîtriser l’outil. Et je peux vous dire que ça fait du bien d’avoir l’impression de prendre des décisions pondérées par des explorations concordantes 🙂 Ami jeune, apprends l’écho !

Maintenant y’a plus qu’à… En faire et en refaire (un peu comme le VTI si vous suivez) ça va être bien 🙂

Enfin, je profite de ce petit billet pour remercier les collègues passionnés qui m’ont vraiment touché par leur disponibilité et leur enthousiasme. (Les cardiologues y’en a des biens :-p)

Un lien pour se creuser la cervelle avec des trucs qu’on ne connait pas en anesthésie-réa ! http://echocardioblog.com

Pour l’apprentissage en ligne 123sonography.com a l’air vraiment pas mal :

Et dans le même style en moins cher :

http://www.stanford.edu/group/ccm_echocardio/cgi-bin/mediawiki/index.php/Main_Page

10 réflexions sur « L’échographie cardiaque pour l’anesthésie-réanimation »

  1. Message: Salut ! Je suis tombé par hasard sur ton blog en cherchant un DU d’échographie cardiaque. J’aimerais bien faire un DU spécifiques pour anesthésistes-réanimateur. Je suis au courant que celui de Lyon est structuré en 12 mois par rapport aux autres qui sont plus longues. Est-ce qu’il est bien celui de Lyon ?est-ce qu’il faut avoir un minimum d’apprentissage des fenêtres, etc, et les prof sont bien disponibles ? Ou bien, c’est un cours surtout théorique ? Merci Cristiana :-)

  2. Bonjour,
    Je suis tombée sur ton blog en cherchant des cours sur l’écho cœur, et ce que tu as fait est vraiment génial.
    Je cherche à échanger pour progresser dans ce vaste mais magnifique domaine qu’est l’anesthésie/réa.
    Es-tu toujours basé sur Lyon, ou en France tout du moins ? Si oui, serait-il possible de travailler/échanger ensemble ??
    Encore bravo pour ce boulot…

  3. Bonjour,

    J’aimerais que vous partagiez avec nous si possible les universités organisatrises de ces DU et quel était globalement le montant nécessaire pour les deux?

    Merci bien.

    1. Bonjour, je fais le DU d’écho cœur de Lyon. Je ne me souviens plus du tout du tarif. En plus c’est surtout les déplacements et les hébergements qui coûtent (même si y’a un Appart’ hôtel pas cher à côté de Grange Blanche)

      1. Merci et pour le DU de ventilation mécanique, à Angers? J’ai une autre question quant au DU de TUSAR à Paris, me recommanderiez le votre ou celui-ci sachant que l’hébergement à Paris est assez coûteux….

        1. Lorsque j’ai fait ventilation c’était encore à Paris. Pour les TUSAR c’était en plein démarrage. Le DU de Lyon était vraiment orienté cœur. Il y avait eu quelques cours complémentaires pour avoir l’étiquette TUSAR mais historiquement c’est un des DÛ qui avait la meilleure réputation pour enseigner l’ETT aux anesthésistes.

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