Retex Marathon de Berlin 2013

Lever 5h30. Ca me parait bien tôt mais il est important de prendre une grande marge de sécurité pour rejoindre son sas de départ avec plus de 30 000 autres coureurs. J’enfile la tenue déjà prête et le survêtement qui me tiendra chaud pendant l’attente. Le petit déjeuner se passe bien, je ne mange rien d’inhabituel : mon Yunnan favori et la crème sport-dej. J’aimerais prendre un peu plus mais je m’arrête, à l’écoute de mes sensations abdominales. 

A 6h45 on quitte l’hôtel en trottinant avec l’équipe de VO2 Max Voyages (organisation nickel avec ce voyagiste), il fait frisquet mais avec mes 3 couches je suis bien. On trottine, on marche. On arrrive au mémorial de l’holocauste à l’aube, ce monument m’a marqué et j’invite au passage ceux qui s’enflamment dans des élucubrations politicardes extrêmes à ouvrir un livre d’histoire. On progresse un peu plus pour trouver le premier sas d’entrée face au Reichstag nimbé d’une douce lumière orangée de l’aurore, c’est magnifique. Chaque fois que ces rayons matinaux m’atteignent je suis content de me lever tôt. C’est sous un ciel bleu impeccable que l’on franchit le premier sas d’entrée sans la moindre attente.

Les premières impériosités vésicales se manifestent. Le groupe se disperse. Deuxième sas pour accéder au vestiaire, le steward s’étonne que je n’aie pas de sac, mais oui je compte bien abandonner mon vieux sweat à la dernière minute dans le sas de départ. L’attente est un peu fraîche, je trouve une zone avec un peu de lumière, je grignote un petit-pain que j’avais en backup puis je m’avance tout doucement vers la zone de départ vers 7h45. Il y a des toilettes partout, le circuit est vraiment bien organisé, c’est super. Je laisse à gauche les premiers sas et j’avance un peu plus. Je trouve une zone propice à l’échauffement, je fais quelques petits exercices articulaires, très doucement puis je trottine pour repérer l’entrée de mon sas. Ok c’est juste à 200m, je reviens et je prends le temps de faire un petit footing doux avec une accélération en dessous de 5:00 au kilo pour sentir le rythme.

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Je rejoins mon sas sans encombres, il y a encore des toilettes à droite et à gauche. On est loin du capharnaüm du marathon de Paris… La lumière se verticalise doucement lorsque j’attends dans ma zone de départ. Elle me parait toute petite, je suis impressionné d’être si près de la ligne. Je retrouve d’autres français, on papote pour faire passer le temps et oublier le stress, ça fait du bien. Je finis par me délester de mon bas de survêtement et je développe une grand attention dans le laçage de mes chaussures après avoir vécu des mésaventures. La foule se resserre. C’est curieux comme certains espèrent mieux courir en étant coller au ruban de départ alors que c’est la puce électronique le juge de paix… L’heure du départ approche, on s’encourage, les champions partent, ça avance, je m’attendais à une pause, mais non, on part dans la foulée !

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Je me lance ! je suis heureux, les sensations sont là, le boulevard est magnifique, je cours à 4:30 au kilo. Je super content d’être là ! malgré tout une partie de moi  gamberge,  gamberge, gamberge : j’ai peur de la suite mais au diable les calculs, je suis bien, je cours point ! L’euphorie du départ m’emmènera jusqu’au 5ème kilomètre rapidement, je le passe en 22:13. L’euphorie s’amenuise mais maintenant je commence à être chaud alors je continue sur ma lancée ! Je veille à boire et à manger régulièrement mes produits habituels (gels GU et Hydraminov menthe.)

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Je suis à l’aise alors je continue à dérouler, les routes sont larges, les encouragements poussent et je suis sur mon allure de record au semi (mais je me sens plus facile)… je continue d’avoir un peu peur de la suite mais je tente le tout pour le tout, je ne veux pas avoir de regrets (bref j’oscille mentalement toute la première partie de course !). Ma vessie commence à me taquiner et je fais une rapide pause technique au 18ème. Je relance, tout se passe bien. Je récupère du ravito au 22ème auprès de ma chère et tendre. Je suis hagard, ça va me faire du bien ! Je bois, je mange un peu, on entame de longs boulevards et les cuisses se durcissent. C’est une sensation que je ne connais pas très bien. Je vais rapidement arrêter de tergiverser…

C’est ainsi que la vraie bataille va démarrer très tôt pour ce marathon de Berlin. A partir du 23ème j’ai senti mes jambes se raidir sensiblement. Je pense que j’ai frôlé les crampes dans les mollets. Le jeu se résume alors à tenir, dans le dur, y’aura forcément du mieux après ! Je m’accroche aux coureurs que je commence à reconnaitre à force de cotoyer et je vérifie à chaque kilomètre que je maintiens mon avance en dessous de 3h15. Mon cerveau commence à me réclamer de ralentir mais je relance dès le chrono repasse en dessous de 4:30 au kilo. J’aurais alors peut-être pu utiliser mieux ma montre pour maintenir l’allure mais les pensées sont ailleurs.

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Je m’accroche ainsi jusqu’au 32ème kilomètre où je sentais que la course dans la course débuterait vraiment. Et bien oui ! Le problème quand on est entouré de coureurs rapides c’est qu’ils ont de la ressource ! Ca commence à attaquer dans tous les coins, ça s’effile, ça s’étire, ça explose, ça accélère. Le gruppetto dans lequel je me sentais bien n’existe plus. C’est le mental qui va prendre le relais. J’essaye de toujours accélérer mais je sens bien que les jambes suivent mal, le chono varie sensiblement. Je fais de mon mieux mais la fraîcheur du début s’est envolée !

Le vent s’en mêle un peu pendant quelques hectomètres mais ça ne sera pas bien méchant. Je reconnais certaines portions de la ville, je serre les dents, je vois le panneau du 38ème kilomètre, ça me fait du bien au moral, je m’accroche. Je cherche les encouragements du public. On continue, on continue, on tient ! On arrive enfin sur la fameuse « Unter den Linden » qu’elle est longue cette ligne droite vers la porte de Brandenbourg !

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Je veux accélérer, je me dis qu’il faut tout donner, qu’il n’y aura pas d’autre occasion mais je n’ai plus de force, d’habitude je finis fort, là je n’ai plus de jus, je sens qu’au niveau cardio-respiratoire je suis loin de mon max mais les jambes ne répondent plus.

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Je reste aimanté par cette porte de Brandebourg qui cache l’arrivée encore un peu plus lointaine, je vois enfin le chrono officiel, je vais pouvoir faire moins de 3h10, je jette mes dernières forces dans la bataille, la ligne est franchit ! je suis fier et heureux !

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11 réflexions sur « Retex Marathon de Berlin 2013 »

  1. Une belle partie pour un beau joueur ! Et quel joli chrono !
    Toutes mes félicitations mon ami.
    Il me semble par ailleurs qu’une soirée sushis-vin serait à programmer, il y a bien trop longtemps depuis la dernière…
    Bise

  2. je reviens après une lecture rapide dès la publication.
    Encore bravo !
    Est ce qu’on ne gère pas mieux ses courses quand on a fait du trail ?
    3h08, ça devient un effort presque court…

    Tu as ajouté les photos après non ?
    La dernière sur la ligne d’arrivée vaut son pesant de cacahouètes ! Où plutôt d’amandes poudre 😉

    1. yo man ! bravo à toi aussi 🙂

      Le trail m’a donné confiance pour franchir la distance et m’a donné le goût de l’entrainement en côte (rare à Lille). Le trail m’a donc probablement donné confiance et un peu amélioré mes qualités musculaires (paye ton kilomètre vertical à chamonix !)

      Oui j’ai ajouté les photos après, et je viens de recevoir les vidéos aujourd’hui

      Quant aux cacahuètes (non salées), te moque pas, elles prennent de plus en plus de place dans mon alimentation (ptit dej et snacking) car c’est de la bombe de protéines et de bon gras surtout après mes lectures sur low carb/high fat http://www.nfkb0.com/2013/10/07/le-sucre-se-meurt-longue-vie-au-gras/

      bonne récup et à bientôt !

      P.S. je lance le débat (un peu provocateur) sur volume d’entrainement et tenue des objectifs 😉 aïe ma cheville !
      P.P.S sérieusement, je pense que les travaux de V Billat et les plans de JP Monciaux sont frappants pour ça…

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