VO2 max à l’épreuve du temps de Véronique Billat

Cet été, j’ai appris en me promenant sur le site de Véronique Billat qu’un nouvel ouvrage sur la VO2max était programmé. Je m’en délectais d’avance, j’ai précommandé le livre sur Amazon et j’ai entendu. Il est arrivé avec du retard début novembre. La lecture m’a apporté une grande déception.

Véronique Billat est une sportive qui a construit une carrière universitaire dans le domaine de la physiologie de l’effort et la bioénergétique. Elle est célèbre dans le monde des sciences du sport et sa productivité et sa créativité sont reconnus. Je devine qu’une personnalité atypique a contribué à sa réputation. J’avais déjà lu quelques articles scientifiques et j’attendais beaucoup de ce livre.

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D’abord, l’édition du livre traduit un manque de sérieux, il y a des erreurs de pagination, des approximations et les graphiques sont peu lisibles. C’est ennuyeux lorsqu’il y a une grande quantité de données à présenter. J’ai donc failli le renvoyer illico chez Amazon mais je suis dit que j’allais donner sa chance au livre.

J’ai démarré la lecture. D’emblée le style m’a surpris. Je me suis accroché, j’ai bataillé, mais j’ai fini par laisser tomber après une soixantaine de pages.

Il y a trop de digressions, d’anecdotes et de phrases à tiroir pour que je puisse lire facilement ce texte technique. Je suis issu d’une école d’anesthésie-réanimation qui insiste sur les notions de transport et d’utilisation d’oxygène, alors je pensais être à l’aise. En fait non. Je dois manquer de culture de physiologie du sport et des épreuves d’effort car le texte m’a complètement laissé pantois et déboussolé.

J’ai encore essayé de reprendre le texte dans d’autres chapitres, je me suis concentré mais entre les notions que je ne maîtrise pas assez et les considérations quasi-ésotériques j’ai vraiment laissé tomber ma lecture.

Je suis amer parce que je perçois qu’il contient vraiment des choses intéressantes. J’aime les visions atypiques (cf devise de ce blog dans la bannière). Je suis moi-même un peu touche-à-tout (Dominique Dupagne dirait zappeur) et je comprends cet enthousiasme à créer des ponts entre les disciplines. Par ailleurs, je sais qu’écrire est difficile, mes lecteurs courageux peuvent témoigner 😉 Fort de tout ça (sic) je vois les pièges de l’écriture rapide dans lesquels Véronique Billat a du tomber.

Elle prône un nouveau format de livre, à mi-chemin entre les billets de blog et le livre classique. Ce format permettrait de diffuser rapidement ses idées pour nourrir la discussion. J’aime l’innovation, mais là pour moi ça ne fonctionne pas. Madame Billat, ouvrez donc un blog pour diffuser vos opinions et offrez nous un ouvrage éclairant sur vos idées scientifiques, unlivre adapté à un plus grand nombre de passionnés de l’effort. Il faut faire un effort de simplification tant sur le fond que sur la forme pour les idées soient diffusés et discutées.

Enfin, je retiens tout de même quelques notions. Je ne les ai pas comprises à 100%, mais il s’agit peut-être d’une première étape…

  1. La VO2max comme on la discute actuellement est un artefact des épreuves d’effort par palier à puissance constante. La VO2max peut varier, elle n’est pas un plafond.
  2. Le travail en accélération est plus naturel et plus efficace pour s’entraîner.
  3. La musculation et le travail de force sont bénéfiques pour les sports d’endurance.

J’y reviendrai. Il ne reste peut-être plus comme seule opportunité de comprendre ces concepts que de me rendre à Evry pour des tests physiologiques 🙂


19 réflexions sur « VO2 max à l’épreuve du temps de Véronique Billat »

  1. Je n’ai pas lu le « dernier » Véronique Billat…
    …mais les précédents m’ont toujours paru s’adresser en priorité aux physiologistes (explorations fonctionnelles) et aux médecins chargés du suivi des sportifs. Ils me semblaient peu compréhensibles pour un pratiquant, même si celui-ci avait de bonnes connaissances de base en physiologie.

    1. Non tout le monde peut acheter le livre de Véronique Billat.
      Il y a une condition toutefois! Ne pas avoir de préjugés et de savoir que ce livre a une approche intéressante à la fois scientifique et pratique.
      Il n’y a rien de baclé dans son livre mais surtout il n’y a pas de recette d’entrainement.
      Je défends ce livre parce que j’ai contribué en tant qu’ancien athlète de haut niveau et parce que surtout mes idées qui ont 30 ans maintenant sont en accord avec son travail.
      Rassurez-vous je ne comprends pas les formules mathématiques.
      Je ne m’arrête pas non plus sur les étiquettes bio des produits que je mange car je suis sur de ne pas trouver réponse.
      Merci à tous de prendre note de ce message et n’hésitez pas à m’envoyer un mail.

      1. Je pense être plutôt ouvert d’esprit et je pense qu’il y a des messages importants dans ce livre. Malheureusement je regrette qu’il n’y est pas de message pédagogique. Ce livre ressemble à un manuscrit cryptique qu’il faudrait déchiffrer comme dans une chasse au trésor !

        Je suis donc déçu parce que j’attendais un message centré sur la physiologie avec un rationnel compréhensible. Là on se perd en anecdote et en auto-hagiographie.

        En conclusion il y a peut être des bonnes choses mais elles ne sont pas accessibles aux autres. Ce livre ressemble plus à des mémoires faites pour être diffusé à un petit cercle qu’à un message sportif. A l’opposé des voeux pieux de l’introduction…

  2. C’est dommage que le livre ait l’air si baclé car Véronique Billat est quand même une experte dans son domaine et son bouquin entrainement en pleine je l’avais trouvé bien.

    Jérôme

  3. « La VO2max comme on la discute actuellement est un artefact des épreuves d’effort par palier à puissance constante. La VO2max peut varier, elle n’est pas un plafond. »
    Ce n’est donc pas la Vo2 max… Par définition c’est la capacité maximal d’oxygène utilisable par l’organisme. Elle contredit ça ?
    Que veux-tu dire par artefact ? que l’épreuve n’est pas assez longue pour atteindre le max ?

    1. Ok la terminologie peut prêter à confusion

      dit autrement, la VO2 max trouvée par les protocoles en paliers actuels (référence collective généralisée) n’est peut être pas le vrai max et/ou on peut la maintenir plus longtemps que ça n’est écrit « classiquement » en changeant le protocole

      lorsqu’on arrive à un effort aérobie qui semble max, en diminuant la puissance demandée, on peut maintenir le pallier de VO2 voire le dépasser, le lien que je donne vers notre confrère blogueur cycliste l’illustre bien

      peut être qu’il ne s’agit que d’un pinaillage qui ne change pas grand chose mais en tout cas c’est intéressant de remettre en question l’uniformité ambiante pour chercher d’autres voies

  4. Je fais aussi partie des lecteurs que Mme Billat a perdu en chemin. J’espérais y trouver des pistes pour mon entraînement, mais j’ai été largement déçu. Le petit (par le nombre de pages) ouvrage de G. Millet sur l’endurance était de ce point de vue bien plus utile.
    Sinon, est-ce que vous avez un avis sur l’approche vendue par Mme Billat (signature énergétique H) ?

      1. Voir ici pour la signature énergétique H: http://www.billat.net/
        Je faisais référence au prix de cette approche, 400 EUR il me semble, pour un test physique, un bilan et un plan d’entraînement, et au fait qu’il est assez difficile de trouver des informations sur cette approche

  5. Bonjour,

    En fait il ne s’agit pas vraiment d’un achat mais plutôt d’un don à une équipe de recherche dans un domaine qui nous est cher (très cher parfois, oui).

    Pour ce prix là, vous êtes reçu à leur labo et faites comme dans d’autres lieux où vous acheter ce service une mesure de VO2max. Pour moi je l’ai faite en CAP et en vélo.

    Mais en fait pas seulement, elle effectue une palanquée de mesures biométriques (masse grasse, puissance explosive, lactates aux différents temps etc.) plus ou moins pertinentes je pense mais c’est pour elle, elle en fera ce qu’elle veut.

    Après ces mesures elle donne un plan de 20 séances à faire avec un suivi des tracés garmin puis elle vous revoit pour de nouvelles mesures et préconiser un travail plus spécifique que le 30/30 de VMA qui commence à dater.

    Le concept a été abordé ci-dessus : l’activité physique en accélération (t1=?), la récupération (t2=?) et la relance derrière à nouveau en accélération permet d’avoir un meilleur effet en performance que la vitesse constante. C’est son pari en tout cas et les exercices et mesures sont là pour déterminer pour chaque individu ces temps à partir de leur signature énergétique.

    j’en suis à la séance 15 😉 (et j’attends le retour de ma fenix pour poursuivre)

      1. Bonsoir,

        j’ai du mal m’exprimer : pour l’instant ce ne sont pas des séances de plan mais toujours des séances de mesures. Des vitesses constantes sur une durée, sur une distance, des accélérations sur durée/distance etc.

        Le but c’est pour elle d’obtenir les variables qui l’intéressent pour *après* proposer des exercices adaptés. (Mais je pense qu’ils ne seront pas très différents pour la VMA des 30/30 mais ils seront, j’espère, adaptés à mes capacités ainsi mesurées : 15″/20″? 45/55? 210/25?)

        VO2OT j’ai bien aimé les séances : variées, agréables, mais autant ça a été pertinent et efficace chez Rémi, autant pour moi cela a, je pense, contribué assez nettement à mon crash en plein vol au marathon de Paris. (En gros je me suis retrouvé avec trop de charge la semaine précédent le marathon parce que, je pense, que le coach s’est mélangé les pinceaux sur mon planning).

        1. J’ai malheureusement fait la meme experience que vous sur un plan vo2. Explosion en vol au 27e kil, perclu de crampes, alors que je n’avais jamais connu un tel scenario sur mes marathons Ironman. J ai du mal a trouver une explication…

  6. J’ai aussi achetez ce livre à sa sortie en novembre 2013. je vous rejoins sur le fait qu’il n’y ait pas eu de relecture « sérieuse » de l’ouvrage, mais cela ne nuit pas à la compréhension global.
    Comme vous, j’ai été un peu déçu sur le manque d’ouverture de toutes ces présentations de mesures scientifiques. Au delà des tableaux et autres formules, il aurait pu y avoir un chapitre synthétisant les champs d’applications des résultats de recherche.

    Au final, ce que j’en ai retenu, c’est que le travail en accélération et en variation état la voie à privilégier pour un entrainement qualitatif et limiter l’effet « sur-entrainement ».
    Après, le fond de l’ouvrage était je pense (mais cela n’engage que moi), de démontrer que le débit maximal de consommation d’oxygène (le VO2max) pouvait être atteint à des vitesses autres que celle identifiée à VMA, et que par conséquent, il n’existe pas une VMA, mais des VMA en fonction du temps de l’exercice.
    D’où le fait de pouvoir maintenir VO2max pendant près de 30 minutes pour des athlètes entrainés.

    Et pour ceux que cela intéresse, d’autres études ont été présentées cette année sur la même thématique mais sous l’angle de la variation de la puissance (PMA), permettant d’optimiser son temps sur une distance donnée en modulant la puissance tout au long de la course (alternance de micro phase de repos et de course plus rapide).

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