Les fibres alimentaires

Les résidus, les fibres, les prébiotiques. J’étais perdu. La terminologie m’a embrouillé, j’ai donc relu un peu sur les fibres alimentaires et je vous propose un résumé de ce que j’ai retenu.

Les fibres sont des substances non digérées dans notre intestin grêle. Il s’agit le plus souvent de polymères de glucides. L’exemple de la cellulose est facile à retenir. C’est comme de l’amylose sauf que les liaisons entre les molécules de glucides sont des liaisons béta-1,4 et que nous n’avons pas l’enzyme pour couper ces liaisons.

Il y a moults classements des fibres : alimentaire versus fonctionnelle, soluble ou non, fermentescible ou non, visqueuse ou non. Ces classifications embrouillent la compréhension et je ne suis pas sûr que leur maitrise accélère la compréhension de leurs effets biologiques.

De mes lectures, je retiens deux effets intéressants des fibres : un meilleur contrôle de la glycémie post-prandiale et la prévention de la diverticulose colique. Il y a eu beaucoup de questionnements autour d’un rôle préventif dans le cancer digestif, surtout colique, mais la littérature scientifique est plutôt négative en fin de compte.

J’ai aussi lu que les fibres pouvaient influencer négativement l’absorption de certains médicaments comme la coumadine, la carbamazépine et la digoxine. Il y a également un doute quant à l’absorption de certains micronutriments. Les céréales complètes contiennent de l’acide phytique qui peut piéger le zinc par exemple.

L’acide phytique est pour moi un argument contre la prise exclusive de céréales complètes, de blé complet notamment.

Les fibres peuvent aussi rentrer dans la définition des prébiotiques. Les prébiotiques sont des molécules régulant notre microbiote intestinal. Les bactéries de notre intestin totalisent 10^14 cellules. C’est juste énorme ! Les bactéries de notre intestin remplissent plusieurs fonctions métaboliques qui nous sont utiles comme la synthèse de vitamine K, d’autres du groupe B, le métabolisme des sels biliaires et la digestion de certains polymères gludiciques aka les fibres. Les champs de recherches autour du microbiote sont vastes et il y a fort à parier que des interventions thérapeutiques innovantes viseront à le moduler pour obtenir des effets thérapeutiques -et peut être que dans quelques années les médecins rigoleront bien de nos antibiothérapies « à large spectre » ;)-

Certaines fibres peuvent êtres transformées par le microbiote à en acides gras à chaîne courte (AGCC) qui sont préférentiellement métabolisés par les colonocytes. Ainsi les fibres nourrissent directement l’épithélium colique grâce aux bactéries coliques. Là où ça devient passionnant c’est que lorsque le métabolisme des colonocyte tourne avec les AGCC, il semble que ça module l’expression de certains neuropeptides intestinaux avec une influence globale sur la consommation énergétique et sur la prise alimentaire. Ces affaires sont très nébuleuses et ont pour moi surtout le mérite de démontrer que l’alimentation et le métabolisme sont toujours plus compliqués qu’on ne le pense ! Tout ça est passionnant non ?

prebiotique

Ici le lien vers un cours du Pr Sansonetti au Collège de France sur le sujet.

1.
Tremaroli, V. & Bäckhed, F. Functional interactions between the gut microbiota and host metabolism. Nature 489, 242–249 (2012). Download
1.
Greger, J. L. Nondigestible carbohydrates and mineral bioavailability. J. Nutr. 129, 1434S–5S (1999).
1.
Cani, P. D. & Delzenne, N. M. The gut microbiome as therapeutic target. Pharmacology & Therapeutics 130, 202–212 (2011). Download
1.
Bäckhed, F. et al. The gut microbiota as an environmental factor that regulates fat storage. PNAS 101, 15718–15723 (2004). Download
1.
Kovatcheva-Datchary, P. & Arora, T. Nutrition, the gut microbiome and the metabolic syndrome. Best Pract Res Clin Gastroenterol 27, 59–72 (2013). Download
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Norat, T., Aune, D., Chan, D. & Romaguera, D. Fruits and vegetables: updating the epidemiologic evidence for the WCRF/AICR lifestyle recommendations for cancer prevention. Cancer Treat. Res. 159, 35–50 (2014).
1.
Kellow, N. J., Coughlan, M. T. & Reid, C. M. Metabolic benefits of dietary prebiotics in human subjects: a systematic review of randomised controlled trials. Br. J. Nutr. 111, 1147–1161 (2014).
1.
Threapleton, D. E. et al. Dietary fibre intake and risk of cardiovascular disease: systematic review and meta-analysis. BMJ 347, f6879 (2013).
1.
Cochrane Database of Systematic Reviews: Reviews. (John Wiley & Sons, Ltd, 1996).

Une réflexion sur « Les fibres alimentaires »

  1. Yep, sujet super complexe… on a un peu le même phénomène qu’avec les vitamines : pa mal d’études montrent que les gens qui consomment plus de fibres « se portent mieux », mais les RCT sur la supplémentation en fibre sont décevants, au mieux !

    On en revient globalement à l’idée que les vrais aliments sont autrement plus que leurs constituants pris individuellement.

    C’est pourquoi à titre perso je suis super méfiant sur les règles alimentaires qui parlent de fibres ou d’IG… elles conduisent globalement à de meilleurs choix d’aliments, mais je ne suis pas certain qu’intrinsèquement l’IG soit capital (sauf peut-être pour un diabétique).

    L’IG, le gras saturés ou cholestérol sont très probablement coupables par association : ce n’est pas eux qui « pressent la détente ». Même s’ils sont sur la scène de crime. Et même s’ils ont le flingue à la main.

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