L’hormèse

En ce moment je lis pas mal de trucs sur l’hormèse.  Le principe de l’hormèse c’est qu’une petite dose de ce que l’on peut considérer naturellement comme un poison peut avoir des effets positifs.

J’ai découvert le concept de l’hormèse à un congrès de nutrition où j’ai eu mon premier déclic sur les compléments alimentaires. Il s’agissait d’une présentation de Michael Ristow qui expliquait que les radicaux libres sont nécessaires pour déclencher des cascades adaptatives bénéfiques pour le sportif.

Ainsi les radicaux libres ne sont pas que des méchants petits transporteurs d’électrons prêts à occire la moindre molécule passant par là, ils sont utiles.

D’autres agressions peuvent être retournées à notre avantage : l’hypoxie, la chaleur, le manque de calories, etc.

C’est un concept intéressant. Je pousserai le bouchon en élargissant au fait que dans la vie on progresse grâce à des difficultés, qu’on surmonte et dont on peut sortir différent, grandi.

Nicholas Nassim Taleb aborde aussi ce concept dans son livre Antifragile. Il explique qu’il est possible que certains phytonutriments sont des moyens de défense pour les plantes, leurs armes en quelque sorte et qu’à petite dose ils deviennent bénéfique pour nous. Ce concept s’applique particulièrement à l’allicine de l’ail dont la concentration monte lorsqu’il est écrasé, malaxé et réduit pour atterrir dans nos assiettes.

J’ai cru comprendre que l’ami @PUautomne avait beaucoup entendu parlé de l’hormèse en congrès. Il a peut-être des trucs à partager avec nous sur le sujet…?

hormesis

Il y a un autre sujet connexe qui me titille qui est le découplage mitochondrial, où comment multiplier nos mitochondries en en diminuant un peu le rendement. Il faut que j’arrive à clarifier les choses dans ma tête pour écrire un peu là dessus un de ces jours. En attendant, jetez votre tube de vitamine C et écrasez bien votre ail !

1.
Ristow, M. et al. Antioxidants prevent health-promoting effects of physical exercise in humans. Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 106, 8665–8670 (2009).
1.
Ristow, M. & Schmeisser, K. Mitohormesis: Promoting Health and Lifespan by Increased Levels of Reactive Oxygen Species (ROS). Dose Response 12, 288–341 (2014).
1.
Yun, J. & Finkel, T. Mitohormesis. Cell Metabolism 19, 757–766 (2014).

7 réflexions sur « L’hormèse »

    1. l’idée n’est pas tant de prendre des produits toxiques (c’est déjà assez compliqué de faire des choix nutritionnels non?) mais plutôt de dédiaboliser certaines molécules : on ne peut pas classer de façon manichéenne une substance comme néfaste ou bénéfique. Les ROS sont un bon exemple.

  1. Votre phrase (Je pousserai le bouchon en élargissant au fait que dans la vie on progresse grâce à des difficultés, qu’on surmonte et dont on peut sortir différent, grandi) m’a fait sourire…; c’est une extension, très stoïcienne, du concept d’hormésie.

    De façon, plus pratique, vous qui êtes un grand sportif, il ne vous a pas échappé que seule, l’activité physique modérée (genre 30 mn/ 3 fois par semaine ) était bénéfique alors que faire des marathons aux USA, …etc, produisait trop de ROS « méchants » pour la santé (Moderate exercise is an antioxidant: Upregulation of antioxidant genes by training, Free Radical Biology and Medicine, 2008, Mari-Carmen Gomez-Cabrera, Elena Domenech,,Jose Viña)

    (Exercise and Hormesis, LI LI JI1, MARIA-CARMEN GOMEZ-CABRERA and JOSE VINA, Annals of the New York Academy of Sciences, 2006)

    Par expérience, j’ai le sentiment que dire à un coureur à pied, de limiter sa pratique sportive à des durées très courtes, ne favorise pas le dialogue!
    La question est : « qui va choisir, quant à la conduite sportive future,: le médecin intéressé par l’hormésie ou le sportif qui veut améliorer ses chronos ? »

    1. Hello,

      effectivement je venais de lire quelques propos de stoïciens, tout ça a du se mélanger dans ma tête.

      Pour la question du volume de sport et du danger, notamment cardio-vasculaire et/ou le bénéfice sanitaire en général, j’ai écrit une série de 3 billets sur le sujet et via l’étude de Taïwan (400000 personnes) on peut dire que jusqu’à une heure par jour on améliore le bénéfice sanitaire. Mais ça ne reste qu’une étude.

  2. …alors peut on dire que les nombreuses molécules « poisons » que contient notre « eau du robinet » n’ont pas d’influence et nous mithridatisent ?
    je n’ai effectivement qu’une confiance modérée en nos stations d’épuration (surtout dans nos villes touristiques en été qui passent de 10 000 à 100 000 habitants…)

    1. Ca n’est pas parce que des molécules précises sont identifiées comment pouvant répondre au concept d’hormèse qu’il faut l’étendre à tout.

      Vaut mieux avoir notre excellente eau du robinet que pas d’eau courante tout court.

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