Holter glycémique

Je me suis récemment fait prêter un holter glycémique pour regarder comment évoluait ma glycémie en fonction des repas, des sensations et de mes activités sportives.

Je n’en attends pas grand chose, c’est juste la curiosité et la disponibilité de l’appareil pendant la période des fêtes de fin d’année qui m’a décidé. En pratique, l’appareil fait à peu près la taille d’une pièce de deux euros. Il s’agrippe sur la peau avec un petit système dédié. Après, il tient juste avec un pansement. J’en profite pour remarquer l’efficacité du pansement Tégaderm : 9h de sport, une garde, des douches, des cabrioles avec les enfants, il a résisté à tout ça pendant une semaine !

IMG_3614

J’ai tenu un petit journal où j’ai recueilli ma glycémie capillaire pour étalonner l’appareil, mes repas et mes activités sportives. J’ai volontairement modulé un peu mon alimentation avec des périodes où les repas étaient assez éloignés les uns des autres, et d’autres où j’ai grignoté au fil de la journée. J’ai eu un focus sur le petit-déjeuner avec certains très riches en glucides (classique pain/Nutella/jus d’orange) et d’autres plus riches en gras ou en protéines. Le journal est une feuille Google accessible ici.

Les résultats sont rassurants pour moi : ma glycémie est bien régulée. Il n’y a pas de grandes excursions glycémiques comme on peut le voir chez le patient diabétique qui ingère une boisson sucrée.

glycemie

Les petites choses que je remarque (c’est de l’observation hein, pas de la Science) :

  • la glycémie monte vite après le début du repas, en 30 minutes la glycémie atteint souvent son pic pour moi…
  • … et elle redescend vite : 1 h après je suis à mon niveau d’après repas.
  • j’ai l’impression que ce sont les céréales (pain blanc, riz, pâtes) qui ont fait monter le plus ma glycémie
  • le petit-déjeuner riche en protéines et en lipides (sans pain) n’a quasiment pas fait bouger ma glycémie (vendredi 2/01)
  • la sensation de faim n’est pas associée à une glycémie franchement basse
  • j’ai l’impression que le sport a fait baisser ma glycémie si l’activité était prolongée, intense et sans apport pendant l’effort (ex d’un semi en 1h39 où la glycémie baisse sensiblement en fin d’effort, et je n’ai rien ressenti de particulier)

Voilà, je retiens surtout que chez un sujet non diabétique, mince, jeune et sportif, la glycémie est quand même super bien régulée, impressionnante la belle mécanique de l’homéostasie !

image (1)

20 réflexions sur « Holter glycémique »

  1. Belle observation en effet =)
    L’homme est une machine d’endurance. Tout est fait pour maintenir ta glycémie pendant l’effort et souvent, on voit apparaître les hypoglycémies après les efforts (parfois même à distance de l’effort).
    Pour le pain blanc/pâtes/riz, tu observe très objectivement cette histoire d’index glycémique.
    Ca aurait été très intéressant de refaire l’observation avec des féculents complets ou pain blanc+salade.

    Merci en tout cas, c’est très instructif =)

    1. les interventions possibles étaient innombrables… surtout si on fantasme sur le second meal effect ou d’autres trucs dans le genre (tu y crois toi d’ailleurs ?)

      tu peux quand même voir dans le journal de bord que j’ai essayé plusieurs trucs, un peu de jeune, du très sucré, du classique, du très protéiné, du sport à jeun, du sport avec de l’eau sucré, du sport intense, du sport light…

      1. Carrément, que ça s’utilise chez les patients !
        Rien de mieux pour évaluer les besoins de base (en dehors des repas), pour calculer la dose parfaite de Lantus, de Levemir (si besoins très différents au cours du nycthémère) ou pour fixer le débit basal d’une pompe. Intéressant aussi pour voir le profil de réponse au moment des repas (faut-il avancer le bolus ?) ou de l’exercice (comment diminuer les débits de base ? comment re-sucrer sur les efforts prolonger ?).
        À noter que depuis peu, les patients diabétiques qui le souhaitent (à ma connaissance, surtout des patients jeunes avec des type 1, notamment sous pompe) peuvent utiliser un lecteur couplé à une mesure continue du glucose (Le Freestyle libre, petite pastille « capteur » qui se positionne derrière le bras pour 2 semaines (et ça tient !), et un lecteur qui « scanne » la pastille et donne la glycémie interstitielle instantanée, une flèche de tendance et l’historique des 8 dernières heures). Pas encore remboursé, 60 euros le lecteur, idem pour chaque capteur, donc 180 euros par mois. Presque le même coût qu’une surveillance intensive en cas de dextros > 6/jour, donc probablement intéressant sous pompe (et probablement remboursé sous peu ?). J’ai vu une patiente en cabinet de MG qui le porte dans le cadre d’un projet de grossesse, DT1 sous pompe, elle a perdu 1,5 points d’Hb A1c en moins de 3 mois…
        Le site du labo, à titre informatif (je n’ai aucun conflit d’intérêt) : http://www.freestylelibre.fr/

        1. Je vous trouve tous hyper « branchés » sur le sujet, utilisant des termes que je ne maîtrise même pas…
          Et pourtant j’ai 33 ans d’injections derrière moi…
          On doit me poser un holter durant une semaine pour voir l’évolution, je ne savais même pas ce que c’est… Mais que fait l’équipe diabéto du CHU qui me suit ? J’ai l’impression d’être laissée ans l’ignorance la plus totale… J’ai pourtant fait un stage ITF fin 2011, mais rien, pas un mot sur ces techniques… J’ai donc lu avec grand intérêt vos échanges…
          Qu’en est-il aujourd’hui des performances de ces holters ? Je pense surtout aux « particuliers » à port permanent, type « Freestyle libre » que j’ai découvert par hasard hier soir sur le net… Je rêvais déjà… Mais sont-ils performants aujourd’hui 20 octobre 2016 ?
          Quel écart avec les résultats d’un lecteur capillaire ? Quels inconvénients ? Y a-t-il d’autres marques, d’autres types, plus ou moins performants, chers ??? Que de questions… et toujours pas de réponses directes de mon diabéto… Je ne sais pas si je rêve pour rien et c’est désagréable !!!
          Merci de me donner quelque lumière…

          1. Bonjour,

            j’aimerais beaucoup répondre à vos questions mais je suis beaucoup moins compétent sur le sujet que le vocabulaire le laisse prétendre :-p et puis la médecine via Internet c’est pas tip top je pense. Demandez aux endocs que vous connaissez ce qu’ils pensent de vos questions. Bonne journée !

  2. Super ton retour d’expérience.
    Merci de le faire partager.

    Ce qui m’a le plus frappé dans cette expérience c’est que la sensation de faim n’est pas corrélée avec une glycémie particulièrement basse ce que je pensais être le cas comme beaucoup je suppose.

  3. Je ne connaissais pas le « second meal effect ». Tu m’apprends quelque chose, merci. =)
    Il y a énormément de choses qui régulent la sensation de faim/satiété, la glycémie n’est que le système le plus archaïque.
    Et il y a ENORMÉMENT d’hormones qui viennent réguler/inhiber/stimuler/anticiper les neurones de l’hypothalamus intervenant dans la faim/satiété. C’est tellement complexe…
    L’inconvénient des lecteurs de glycémie en continu est qu’ils mesurent la glycémie interstitielle, qui a un retard de 30mn environ sur la glycémie veineuse/capillaire. La pertinence de l’appareil tient surtout dans les algorithmes qui anticipent l’arrivée d’une hypoglycémie.
    Bientôt, on aura des lecteurs continus avec seulement 5mn de retard (fin 2015 il me semble). Mais toujours aussi chers.

    1. Tu m’apprends quelque chose à ton tour 🙂 La glycémie monte donc vraiment super vite après un repas, je suis frappé par la vitesse à laquelle nous pouvons absorber certains nutriments.

      Quant aux hormones de la régulation de la prise alimentaire, c’est un sujet qui me fascine mais auquel je ne comprends rien. Au DU de nutrition artificielle il y a eu un paquet de mecs pointus qui sont venus causer sur le sujet mais c’était too much pour ma petite tête… tout se mélangeait : ghréline, leptine, CCK, PYY -pour ceux que j’arrive à citer spontanément à 6h31- forment un brouillard complexe.

      Après ce qui sera vraiment cool c’est lorsque la bioingénierie aura fait de tel progrès que des réseaux neuronaux apprendront comment la glycémie du patient varie pour injecter l’insuline ou le glucagon qui va bien en temps réel comme là dedans http://www.nfkb0.com/wp-content/uploads/2015/01/Bohte-Faisal-2013-ExpRevInMedDev.pdf (via MK)

      Sur ce sujet, sais tu s’il existe des recherches pour se baser sur la glycémie dans le sang portal plutôt que périphérique pour déterminer au mieux les débits d’insuline (via une pompe par exemple) ? Merci

  4. Il y a des pompes à insuline internes, insérées chirurgicalement mais pour l’instant, elles ne servent qu’à injecter de l’insuline et ne sont pas encore couplées à un capteur interne (ce n’est pas un pancréas artificiel).
    La difficulté vient aussi de la contre-régulation, le glucagon par exemple. Si on veut une pompe efficace et moins dangereuse, certains planchent déjà sur des modèles à 2 pistons : un pour l’insuline, un pour le glucagon.

  5. à ma connaissance, pour le moment, les études et notamment les travaux sur algorythmes de calcul pour les pancréas artificiels se basent sur la mesure interstitielle du glucose uniquement… et pour avoir été « cobaye », ça marche plutôt pas mal (en conditions standardisées et sous surveillance hospitalière, j’entends)…

  6. « surtout que chez un sujet non diabétique, mince, jeune et sportif, la glycémie est quand même super bien régulée »

    Vous venez de constater la raison qui pousse, théoriquement le corps médical, à faire conserver la ligne et à faire du sport, aux patients…. Quelque chose me dit que vous le saviez parfaitement.
    D’un autre coté, ce bel instrument ne me semble pas utilisé autant qu’il pourrait l’être, hors hôpital spécialisé. C’est dommage. Est-ce une histoire de coût ou d’habitude ?

    1. Je crois que l’appareil se diffuse de plus en plus. Néanmoins il a un coût pas négligeable, de l’ordre de 1000 euros si je me souviens bien. Là je l’ai emprunté au service de chir bariatrique qui s’en sert pour le suivi, le diag des dumping, ce genre de choses…

      1. 1000 euros l’examen ou l’appareil ?

        Cela me fait penser à la Vo2 Max qui est un examen pas utilisé de façon fréquente, chez les sujets traités pour obésité, y compris dans ma ville de CHU (Marseille) et en Service d’endocrinologie spécialisé dans ces problèmes.

        1. 1000 euros l’appareil principal, le logiciel, etc d’après ce que j’ai compris mais je redemanderai précisément aux nutritionnistes

          complètement d’accord avec vous, l’épreuve d’effort métabolique est un super examen pour cerner le métabolisme d’un patient… pas assez bien côté ? pas assez de médecins qui se lancent sur le sujet ?

  7. Pour un diabétique, le schéma est beaucoup plus irrégulier. Je mène cette semaine un test avec un Holter et ma pompe à insuline pour comprendre pourquoi ma glycémie est souvent élevée au réveil.
    D’un point de vue alimentation, je cesse d’absorber des glucides et des sucres de tout type après 18h, histoire de ne pas stocker de graisses trop facilement du fait d’une faible activité le soir.
    Sinon, en privilégiant les aliments à faible indice glycémique, le corps a moins recours à l’insuline pour transformer les glucides. Donc, moins de pics gylcémiques trop élevés.

Répondre à trape Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *