La leptine

Je ne comprends rien du tout aux hormones de régulation du métabolisme et de la prise alimentaire. Du coup, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de lire sur le sujet. Voici en quelques lignes ce que je retiens de mes lectures sur la leptine.

La leptine est une hormone protéique sécrétée par le tissu adipeux. Le système de sécrétion de la leptine forme une sorte de jauge de l’état de notre équilibre énergétique. C’est surtout la chute de la leptine qui semble importante pour signaler le manque d’énergie. Ainsi le jeune entraîne une diminution du taux de leptine et la prise alimentaire (surtout l’apport de glucose) augmente son taux circulant.

Le site d’action principal de la leptine est cérébral au niveau de l’hypothalamus. La leptine passe la barrière hémato-encéphalique grâce à son récepteur soluble. La leptine entraîne une diminution de la prise alimentaire et une augmentation des dépenses énergétiques. Elle est aussi intriquée avec la sécrétion des hormones sexuelles. Ainsi, il existerait une sorte de lien logique entre la possibilité de reproduction et des réserves énergétiques suffisantes.

La sécrétion de leptine est déclenchée par la sécrétion d’insuline. (Insuline = anabolisme.) La leptine signale une situation favorable sur le plan énergétique. C’est donc surtout l’absorption du glucose qui entraîne une sécrétion de leptine.

La situation se complique chez l’obèse où il semble qu’il existe une sorte de résistance à la leptine. Ainsi, les taux sont souvent élevés chez les obèses.

Dans la même veine, une mutation homozygote du gène de la leptine entraîne une obésité sévère. Si on perd ce marqueur clé de la balance énergétique, on grossit. (Finalement, c’est un peu comme si on était programmé pour manger et qu’il existait juste des freins à cet automatisme, un peu comme l’inspiration, on est fait pour inspirer, inspirer, inspirer, l’expiration n’est que l’inhibition de l’inspiration)

Source Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Leptin#mediaviewer/File:Fatmouse.jpg
A gauche une souris ob/ob Source Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Leptin#mediaviewer/File:Fatmouse.jpg

La leptine est également impliquée dans la réponse inflammatoire. Elle a chimiquement des ressemblances avec des cytokines comme l’IL-6. La graisse blanche est infiltrée par des macrophages et les ganglions lymphatiques sont entourés de graisse. Il existe ainsi un dialogue entre le système immunitaire et le tissu adipeux.  Des chercheurs pensent qu’un des rôles de la leptine serait de contrôler l’inflammation générée par le tissu adipeux lorsqu’il existe un stockage trop important de lipides.

Finalement, le tissu adipeux est un véritable organe endocrine. Il participe à la régulation du métabolisme et interagit avec tous les autres grands systèmes. Me cultiver sur le sujet renforce mes convictions quant au bricolage biologique que certains appellent pompeusement biohacking. Ainsi, en étudiant la leptine, on voit bien que se priver complètement de glucose (où tendre à…) n’est pas bon puisque la chute du taux leptine influence d’autres hormones de l’axe hypothalamo-hypophysaire avec des conséquences néfastes sur la thyroïde ou les gonades.

tissuadipeuxPlus je lis sur le métabolisme, plus j’ai l’impression que notre propre corps est une terra incognita. L’explosion de découvertes ces dernières années autour des adipokines n’est qu’un exemple. Il y a des pans entiers de système que nous négligeons peut-être aujourd’hui dans nos réflexions physiopathologiques. J’aime penser qu’il y a de l’espoir de mieux soigner en perspective.

 

5 réflexions sur « La leptine »

  1. Tu veux un petit mind fuck ?

    L’industrie a voulu traiter l’obésité galopante (huhuhu) avec des injections de leptine. Et bien, ça ne marche pas du tout ! à part dans les cas très rare d’obésité génétique dues à une mutation de la leptine ou de son récepteur.

    Un autre ?
    Chez certaines souris ob/ob, censées devenir obèses, certaines ne le sont pas. On a cherché, et on a découvert une mutation au niveau des gènes qui contrôlent la graisse brune, rendant moins efficace la thermorégulation et donc, devant dépenser + d’énergie pour maintenir sa température, donc limitant le stockage et la lipogénèse.

    http://www.nature.com/ncb/journal/v15/n12/abs/ncb2867.html

  2. Bonjour,
    Auriez-vous des informations sur « l’éventuelle » apoptose des adipocytes?
    Car depuis des années on parle d’hypertrophie puis d’hyperplasie et de son irréversibilité mais en tant que cellule vivante, elle doit bien avoir une durée de vie limitée + ou – moins longue comme l’ensemble de nos cellules.
    Je cherche des docs, sources fiables, recherches etc… à ce sujet. Merci beaucoup 🙂

    1. Bonjour,
      je ne suis pas du tout compétent pour répondre à ça. Vous lisez ici un résumé de ce que j’ai essayé d’apprendre en lisant sur le sujet en étant complètement béotien.

      En tout cas je pense que le tissu graisseux est à prendre comme plusieurs ensembles, comme si le gras de fesse était un organe. Ainsi, même si des cellules vivent et meurent, la communication entre les adipocyctes et les autres tissus qui les entourent doit se faire de façon à maintenir l’organe fonctionnel.

      Je crois que notre organisme est plutôt bon dans l’évaluation des besoins et des apports et qu’il y a un atavisme très fort pour avoir de la réserve énergétique.

      Le problème c’est qu’aujourd’hui le déséquilibre est facile car on n’a plus besoin de bouger pour aller d’un point à un autre et que l’énergie est ultra disponible, dense et très facilement assimilable…

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