Sugammadex

Je viens de lire un bon article sur Medium retweeté par Thomas D. de Scancrit.com.

Je ne suis pas un grand consommateur de sugammadex mais j’adore l’utiliser quand je pense que le patient en tirera un bénéfice. (J’ai écris ici la manière dont je réfléchissais pour une induction en chirurgie viscérale).

Je l’utilise particulièrement avec une surveillance BIS/TOF, une AIVOC propofol/remifentanil chez les patients les plus âgés/dénutris/insuffisants respiratoires.

Lorsque je l’utilise j’ai vraiment l’impression qu’il participe au réveil autant qu’à la décurisation. On sait que le paralysie envoie un message supramédullaire de sédation vers les centres d’éveil. Je pense que la réversion rapide pourrait très bien stimuler le réveil par une sorte de burst d’afférences provenant des muscles. En tout cas, j’ai vraiment l’impression que le BIS/Entropy remonte en flêche lorsque l’on injecte le sugammadex.

J’ai aussi constaté qu’avec la pression commerciale du laboratoire, les utilisations de curares stéroïdiens se sont multipliées et nous avons redécouvert le choc anaphylactique au curare 🙁 Si je ne peux pas justifier une utilisation de rocu, je ne l’utilise pas. Point barre. (16h n’est pas une indication de rocu/sug sauf peut-être carence majeure dans le personnel de surveillance post-op)

Le bénéfice/risque, encore et toujours. (Il y a aussi des cas décrits dans la littérature d’allergie au sug)

Bonne lecture.

P.S. lorsque l’on ouvre un flacon (galénique mal fichue) on peut s’en servir pour deux patients hein…

 

9 réflexions sur « Sugammadex »

  1. Merci pour ton superbe blog, il est très intéressant pour un jeune interne d’anesthésie. Si tu peux faire d’autres articles comme celui-ci, ça serait le top.

    Petite question : à quelles indications réserves-tu personnellement le rocuronium ? Car j’ai vu bon nombre d’anesthésistes qui ne jurent QUE par l’Esmeron (hors ISR bien entendu) et qui en ont oublié jusqu’à l’existence de l’atracurium.

    1. Hello,

      pardon pour la réponse tardive mais j’aime bien le concept de vacances 🙂

      Je travaille en ORL et j’utilise donc très très peu de curares.

      Je pense aux curares stéroïdiens quand je pense que je vais avoir besoin du sugammadex. Pour une chirurgie courte chez un patient aux lourdes comorbidités, dénutri, ou très âgé par exemple. Dans ces situations, utiliser un curare pour l’intubation permet de lever le pied sur les hypnotiques et les morphiniques. Comme je préfère extuber au bloc opératoire plutôt qu’en SSPI, je pense aux curares stéroïdiens, et au rocu en particulier. On pourrait me suggérer d’utiliser plutôt la succinylcholine mais je pense (à vérifier) que l’incidence de l’allergie est encore un chouilla supérieure avec ce curare dépolarisant et la curarisation ne dure pas pendant la chirurgie et je perds le bénéfice que j’expliquais en matière d’allègement des hypnotiques.
      Dans notre institution, l’usage du rocuronium est aussi bien ancré en chirurgie bariatrique vis à vis de la sécurité respiratoire en post-opératoire.
      Pour mémoire, depuis que le sugammadex est largement utilisé chez nous (vers 2007-2008 à vue de nez) nous avons redécouvert le choc anaphylactique liés à l’ESMERON.
      Voilà, ça ne sont que des idées très personnelles.

      Et toi ? et vous ? quand avez vous envie d’utiliser un curare stéroïdien ?

  2. Salut !
    Pour info, MON utilisation du Rocuronium (j’insiste bien sur le fait que c’est mon expérience et que je n’ai pas écumé la littérature sur le sujet !)
    1- Séquence rapide avec insuffisance rénale menaçante ou CI à la Celo autre
    2- Obèse : nous utilisons plutôt la Célo mais le combo Rocu/Sugammadex/Ultiva est quand même sexy avec un chirurgien qui nous torche les Sleeve en moins d’une heure
    3- IOT prévue difficile chez qui je ne peux même pas attendre la levée de l’effet de la Celo (histoire d’une IOT quasi impossible qui s’est arrêtée et a repris une spontanée qq secondes après l’injection de Sugammadex)
    4- sur les PMO en début de bloc, à dose ISR, histoire de ne pas réinjecter !

    @ nfkb : Pour les chocs au Rocuronium, y a t il vraiment l’effet « magique » du Sugammadex sur les signes cliniques ? (Jamais eu encore)

    Sinon le labo nous fait un lobbying de malade, mais le pharmacien n’a pas l’air contre si l’on reste dans ces clous là (je bosse en CHU)

    1. Salut,

      merci LeRaoul pour ces bonnes indications « classiques ».

      je suis étonné par l’indication PMO, pourquoi pas de l’atracurium ??

      Pour le choc au rocu, je ne l’ai jamais eu personnellement je ne sais donc pas si le sug a vite amélioré les choses. En pratique, l’adré par titration (et j’insiste ! allez y mollo : 100 µg par 100 µg, le bolus de 1 mg fait dans la situation de stress peut précipiter le patient en réa par effet de sidération myocardique. La reco. Point barre.) reste le premier truc auquel penser 🙂

    2. Je plussoie le Raoul et Nfkb.
      Concernant l’allergie au rocu, avez-vous remarqué une amelioration ou essayé d’injecter du Sugammadex pour « contrer » la reaction anaphylactique le cas echeant?
      Bien entendu il s’agit d’experience rare et je ne suis pas sur que l’on puisse interpreter … Mais o a le droit d’avoir un sentiment…

      1. y’a plusieurs case reports mais en vrai, pas vu.

        Comme tu le dis c’est difficile à interpréter car de toute façon c’est fait après l’adré et qu’il fautcontinuer à faire de l’adré si la clinique l’impose.

        J’ai appelé les confrères d’un service que tu connais bien qui ont vécu plusieurs fois la situation récemment. De ce que je comprends ils n’ont pas été impressionné par un effet magique du sug mais qu’ils continuent d’en faire APRES l’adré car ça peut apporter une chance en plus.

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