Le nadir

Après un article mi-sérieux mi-couillon où j’essayais d’échapper à la réalité en caressant les cheveux de la déesse consommation, j’ai envie d’écrire sur des difficultés personnelles actuelles. Je suis dans ce que j’ai envie d’appeler mon nadir.

Le nadir, c’est un mot que j’ai appris à la fac de médecine. On l’emploie pour parler du point le plus bas dans le comptage des globules blancs après une chimiothérapie. La chimio déglingue toutes les cellules qui se divisent. Elle tire dans le tas. Et même les bonnes choses foutent le camp.

Donc, voilà ! En ce moment, je suis dans une sorte de cuvette. J’imagine ça comme un petit personnage de jeu vidéo qui serait coincé dans un tableau. Un petit skater qui ferait comme une bille dans une demi-sphère : j’oscille pour finir au point mort.

Là où ça se mesure le mieux c’est dans le sport. Vous savez si vous passez de temps en temps par ici que j’aime collectionner les données sur mon activités sportives pour le plaisir et aussi un peu sérieusement pour « optimiser » ma pratique et éviter le surentraînement ou les blessures.

Pas de bol, ça n’a pas trop marché finalement. Je suis dans une grande fatigue. Je patauge. Je ne peux plus suivre mon groupe de copains à vélo, et ça ça me fait sacrément mal au derche. Dont acte, la machine ne suit plus, mes pulses sont 20 points plus hautes que d’habitude sur le vélo. Je n’avance pas à pied. Le positif en ce moment, c’est mon plus grand plaisir à nager grâce à l’utilisation continuelle du pull-buoy et quelques réglages techniques que vous avez pu découvrir là.

Ma fatigue a vraisemblablement plusieurs origines : personnelle et professionnelle. L’implication sérieuse sur plusieurs fronts m’a usé. Oh ! je ne sens pas du tout exemplaire en matière d’investissement dans tel ou tel domaine, mais je le ressens comme ça.

Pas besoin de plus de détails : je suis las.

Mais.

Je réfléchis à des actions concrètes pour améliorer les choses, j’ai des idées, j’ai des espoirs. Il y a déjà des choses qui travaillent pour que ça aille mieux. Le sport m’a appris qu’après des périodes difficiles, du mieux peut venir soudainement. Un petit déblocage de rien du tout sans même qu’on l’ait senti venir. J’y crois.

Bon. C’est pas facile facile ou gagné gagné hein. On n’est pas chez Topito ici : « le top 10 des trucs pour vous sortir de la morosité, de la fatigue et du burn-out ! » Et donc pour un coup, je vais garder pour moi mes défenses internes.

Je veux juste pointer un petit truc : les réseaux sociaux. Enfin, pour un presque-déjà-vioque : Facebook, et un peu, les relations dans les applis de sport.

Je trouve que tout comme la consommation de mauvaises nouvelles chroniques sur les sites d’information, la consommation de statuts faire-valoirs* sur les réseaux sociaux peut aussi user le moral. Tout comme la publicité à laquelle on se dit insensible au départ peut nous influencer.

Nous partageons surtout ce que nous trouvons cool, ce qui n’est pas cool et qui est partagé relève souvent de la grande cause et/ou de la bobologie (IMHO) C’est pas facile de dire que nous n’allons pas bien. Plein de choses intimes sont partagées sur ces réseaux, mais j’ai l’impression que ces outils ne sont pas encore intégrés à ce point dans ma génération née avant 1983 (date pifométrique).

J’aime ces technologies et ce qu’elles m’apportent, mais je prends aussi conscience de leur toxicité variable selon notre moral.

Je vous laisse, il faut que je passe à l’action.

 

*substantif adjectivisé pour l’occasion, je n’ai pas trouvé l’inverse de substantivation si quelqu’un sait dans la salle qu’il se manifeste !)

22 réflexions sur « Le nadir »

  1. Le coup de mou ca arrive. Vu ta production sportive de ces dernières années (j’ai lu ton billet stats annuels), on a l’impression que c’est quand même plus fatigue mentale que physique.
    Et pour les réseaux sociaux, je n’utilise plus facebook depuis 2 ans, et je m’en porte parfaitement. Pour moi toute la misère réside dans le fait qu’on lis des gens que l’on connait. C’est tellement parasitant et contre productif. J’men suis éloigné.
    J’utilise twitter à petites doses. Facebook n’est un mauvais site, mais les algorythmes, les interactions, etc manquent tellement de sincérité. Je ne pense pas que ca soit le fait que ca ne soit pas un outil de ta « génération ». T’as des vieux qui publie plus que des ados.
    Je préfère lire les posts d’un gars du nord que j’ai jamais rencontré que de savoir qu’un « pote » que j’ai pas vu depuis 5 ans est allé courir 7km26 via runtastic. Ca fait fonctionner mon imagination et ca me donne pas envie de sauter par la fenêtre.

    Bon courage, en plus les beaux jours ne vont plus trop tarder et tu pourras dire adieu à ton nadir.

  2. Je partage actuellement un moment un peu identique .

    Footing samedi : 20 à 30 pulsations au dessus de celles habituelles et pourtant pas d’excès sportif mais des soucis qui s’en doute « épuisent » mon mental.
    C’est là où je me dis que la course à pied est un sport mental.

    Une phrase lue hier dans un ouvrage que je conseille vivement :
    « Le vrai renoncement, c’est ça. Il suffit de distinguer ce qui, dans l’existence, est source de satisfaction profonde et ce qui n’est que source de problèmes. »

    L’ouvrage :
    http://www.amazon.fr/Trois-amis-en-qu%C3%AAte-sagesse/dp/B015S8Y7RK

  3. Bonsoir!

    Un petit coup de mou peut-être??
    J’ai l’impression que globalement, vous mettez la barre un peu haut! Donc difficile de garder le cap pour être à la hauteur de ses propres exigences!… Savoir reconnaitre que l’on a des limites et trouver le bon compromis entre le pas assez et le trop (sans culpabiliser…)
    Et des fois accepter de se poser pour refaire le plein d’énergie!
    Ou peut-être que je suis complètement à côté de la plaque??
    Le problème de ces technologies dont vous parlez c’est qu’elles nous mettent en état d’attente et nous créent des besoins et donc inévitablement un état de manque qui s’en suit… C’est très psychanalytique ce que je dis mais j’y crois!
    Je ne suis pas inscrite sur les réseaux sociaux (facebook et compagnies) mais je le vois déjà avec les mails et les forums.
    Les relations via internet restent « fictives » même si des fois on se met à sympathiser et à avoir même l’impression de connaitre les gens!
    Quand on ne va pas bien, c’est des amis dont on a besoin, pas des réseaux sociaux.
    Néanmoins, j’avoue trouver sur les forum du réconfort pour partager des sujets qui me tiennent à coeur et dont la plupart de mes amis se foutent royalement! (typiquement, alimentation, sport, santé, mode de vie…)
    Bon courage…

    1. Bonjour,

      je me connais assez bien, surtout sportivement parlant. Je pense viser des choses réalistes et quand c’est vraiment un challenge c’est là où ça devient le plus intéressant finalement : devant la possibilité de l’échec le match contre soi même devient un vrai combat.
      Aujourd’hui, il y a beaucoup de causes exogènes à ma fatigue.

      Enfin, je ne ressens aucune forme d’addiction aux réseaux sociaux.
      Ils m’ont beaucoup apporté, et de vrais amis. J’en ai encore eu des preuves dans les derniers jours. Ce que je dénonce c’est la publicité d’une vie parfaite qui y est continuellement faite (Facebook et Instagram surtout)

      1. Rebonjour!
        Je me rend compte que je me suis mal faite comprendre!
        Je voulais dire par « limite » et « barre un peu haute » que vous étiez semble t’il très exigeant envers vous-même et que l’être humain est faillible, a des limites…parfois il craque, a besoin de se ressourcer, de lever le pied… bref, peut-être juste d’accepter de passer par une période difficile pour mieux rebondir plus tard. Je ne voulais pas dire que vous visiez des choses irréalistes…
        Pour les réseaux sociaux, sans parler d’addiction parce que le terme est fort, j’ai tendance à penser qu’on en est tous un peu dépendants même si comme vous le dites, ils apportent pleins de choses positives. Mais je ne pensais pas spécialement à vous, je pense qu’on est tous plus on moins concernés. Les relations via internet, c’est un drôle de trucs.
        Enfin, j’aime bien ce que vous faites, je découvre petit à petit vos posts comme ceux de paleophil et ça me donne du baume au coeur. En espérant que vous trouviez de l’énergie dans les prochains jours!

  4. Eleve iade au chr on a eu l’occasion de se croiser à plusieurs reprises sans pour autant discuter. J’ai fait un ironman l’année dernière avec toute la préparation et l’investissement que cela implique…
    La formation, la route au quotidien et surtout la naissance de mon fils m’ont amené à faire beaucoup de sacrifices dans la préparation.
    Pourtant même si je culpabilisais à chaque fois de ne pas pouvoir m’entraîner je pense avec du recul que cela m’a permis de ne pas passer en surentraînement.
    Il faut avouer qu’une semaine de repos fait parfois énormément de bien physiquement mais aussi moralement.
    Il ne faut pas hésiter à couper même plusieurs fois dans l’année pas forcément très longtemps mais cela peut à posteriori faire énormément de bien.
    Bon courage et bonne prep pour les prochains objectifs

    1. Merci.
      Je suis bien conscient de l’importance du repos (j’ai fait une coupue d’un mois en novembre dernier)et je suis ma charge d’entraînement de près. Ca n’est pas à mon sens un surentrainement qui aboutit à la fatigue.

      Quel IM avez vous fait ?

      1. Challenge almere amsterdam
        Pas trop loin de chez nous
        Moins couteux que ironman
        Moins de monde que chez ironman
        Pas de dénivelé pour un premier quand on habite dans le nord c’est plus sympa
        Un objectif ironman pr bientôt?

        1. oh non rien de proche… avant mes 40 ans j’aimerais bien ! J’avais pensé à Klagenfurt mais ton idée est bonne ! (et c’est quand même 350 boules ! je ne comprends pas ce qui justifie ce prix (notamment versus l’ultra-trail où il faut aussi beaucoup de moyen…)

          1. L’avantage aussi pr nous c’est que la course est en septembre donc on a les beaux jours pour pouvoir rouler
            Apres amsterdam le vent est aléatoire et devient dénivelé positif….
            Un half cette année?

            1. oui, je vais avec le club faire un half à Obernai et Gerardmer si ça peut se goupiller… à la cool, cette année, je la vis un peu comme une transition, faut que je murisse ce que j’ai appris les dernières années…

  5. Je m’étonne qu’uniquement le « somatique » soit pris en compte, quasi exclusivement.

    Pour moi, le « psychologique » rentre pour une part plus importante que ce que vous avez l’air de sous-entendre.
    C’est clair qu’il peut être difficilement quantifié alors que le « somatique » possède de nombreux « outils » qui tendent même à se développer de plus en plus.

    1. Je ne suis pas certain de comprendre le sens de votre message.
      Néanmoins, je suis très conscient de l’importance du psychologique comme vous l’écrivez. Mes billets et podcast velotaf sur l’hynose le disent bien.
      Simplement, je ne m’étends pas sur le sujet par simple pudeur.

      1. Ce que je veux dire c’est que l’on prends rarement en compte « le système nerveux » (Je n’écris pas central car il n’est pas que central : « l’intestin notre deuxième cerveau ? »
        Il est rarement pris en compte dans les problématiques d’activité physique car c’est le « moteur » qui compte essentiellement.
        C’est là où je ne suis pas entièrement d’accord.
        Le « moteur » est très important, mais il n’est pas le seul.
        Le problème c’est que l’on connaît bien mieux le « moteur » que le « système nerveux ».
        De plus notre monde médical a tendance à affirmer que quelque chose n’existe pas quand aucun moyen de « détection » n’a pu le mettre en évidence.
        Ainsi il n’est pas rare qu’en médecine, un médecin affirme a un patient qu’il n’a rien car tous les examens pratiqués sont normaux oubliant que l’on ne peut pas tout « tester » et que donc notre vision est très parcellaire et orientée.

        Pour ce qui est donc de l’activité physique, mon propos est de soulever le problème que nous ne connaissons quasiment rien de ce qui touche à la « commande ».
        Et ici, je ne parle pas des problèmes personnels dont il me parait normal de ne pas les partager mais de l’influence de ceux-ci sur le « moteur »et aussi sur la performance.
        J’espère avoir été plus clair.

        1. ah oui dans ce sens là je suis bien d’accord. Ca fait longtemps que je suis ma charge d’entrainement où mon score personnel est très fortement pondéré par l’échelle de Borg pour prendre un peu ça en compte. Ensuite, je me suis un peu cultivé sur l’HRV mais c’est très contraignant et sources de beaucoup de parasitage. Enfin, je suis bien d’accord que le rôle du système nerveux est majeur, c’est bien pour ça entr’autres que j’ai très vite revendu mon électrostimulateur après l’avoir testé… Aujourd’hui, je pense que les sciences du sport ont bien développé le fait que le moteur (VO2max) est indispensable pour performer mais qu’il faut aussi que tout le reste soit synchro (alimentation, repos, aptitude à gérer l’environnement, stratégie de course, etc.)
          Enfin, je fais beaucoup de visualisation mentale pendant les épreuves longues et le jour où je me remets en tête de faire une épreuve très longue je suis prêt à investir dans de la préparation mentale *avant*.

  6. Je ne sais pas pourquoi, il me semble qu’il y a un quelque chose dans la nature même des réseaux qui facilite la production de ce que tu appelles « statuts faire-valoirs ». Après réflexion, c’est l’excuse que je trouve pour celles et ceux qui apparaissent dans mes timelines. Parce que je ne peux pas croire que tant de gens ne sont que des boules d’égotrip comme ils le laissent à penser.
    Personnellement, j’essaie de ne plus prendre à cœur, ni prendre pour argent comptant ce que je vois passer, d’une part parce que je préfère considérer qu’à priori les personnes valent en fait mieux que ce qu’elles montrent (si on considère que la démonstration de la perfection n’est pas quelque chose de beau) et d’autre part parce que j’observe que je tombe moi-même parfois dans certains travers. J’observe souvent un décalage entre la façon dont ce que je publie est interprété, c’est-à-dire la différence entre la place que ça prend pour moi et la place que les personnes qui me suivent pensent que ça prend vraiment.
    Enfin, sur les réseaux, il m’arrive régulièrement de partager des choses pour faire plaisir ou sans que ça n’ait vraiment de sens. Je me dis donc que je ne dois pas être le seul.

    1. ah mais tout ce schmilblick pousse à l’attention-whorism comme disent les jeunes, c’est quasi automatique… après certains rentrent plus dans ce jeu là que d’autres. A l’heure actuelle, quand je vis un truc cool, j’essaye de le garder pour moi, car je pense que si je le partageais il y aurait plus de chance de générer de la jalousie et/ou de l’inconfort chez les autres que de les rendre contents par sympathie pure. Et puis il y a des gens chez qui ça devient AUTOMATIQUE, dès qu’il y a un truc bien qui leur arrive : photo, statut, instagram à gogo !!! tout y passe, godasse, steack haché, un coin de ciel bleu, une bière, une place de parking au bon endroit 😉 Je pense qu’il peut y avoir de la sympathie tout à fait positive mais je crois qu’elle se place toujours dans un attachement plus léger, style tiens je te balance un petit « jaime » ou un « kudo »… Le défilé de burgers parfait quand tu te retrouves avec un vieux reste en garde ça me fait chier, voilà c’est dit ! 😉

      Par ailleurs, comme je le dis, je trouve que c’est comme la pub. Y’a une problématique de toxicité mentale face au rapport signal/bruit. Et puis, l’algo de FB se joue peut-être de moi en poussant des trucs qui me dégoutaient un peu…

  7. dur dur de se désintoxiquer de FB !
    j’ai déjà coupé les notif sur mon mobile. J’ai gagné en productivité 🙂
    Et puis tellement de gens sont persuadés que c’est la vraie vie… Je m’en détache de plus en plus – mais continue à arroser pour mon business 🙂
    Pour la famille aussi, mais tout le monde ne voit pas tout ce que je poste (les photos de mes filles principalement)

    J’aime aussi beaucoup instagram. Surement parce que j’ai beaucoup moins d’amis. Plus de qualité, moins de quantité…mais aussi une belle vitrine de fake 🙂

    Et attention à ton coup de mou. Je suis persuadé que les sorties en groupe sont une très mauvais idées pour « soigner ton mal » en te faisant forcer (plus vite, plus long…)

    1. je suis allé rouler tout seul pour me régénérer, effectivement, s’accrocher à tout prix c’est pas bon quand on traverse une mauvaise passe

      quant aux RS, je suis revenu un petit peu pour avoir des nouvelles de quelques amis… et ben ça ne manque pas en fait… et puis pour la famille j’envoie par mail ou SMS

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