Challenge Almere et l’organisation du matériel pour un triathlon

Le samedi 8 septembre 2017 j’ai participé au Challenge Almere moyenne distance. Almere est à côté d’Amsterdam. C’était une bonne destination pour le lillois que je suis : bien placée dans le calendrier et pas loin de chez nous simplifiant la logistique. (Pour des conseils sur les voyages en train avec un vélo, lisez le magazine 200 ou le billet de Pierre M.) La route a été un peu flippante : des trombes d’eau et des bouchons. Petit stress pour l’horaire de retrait des dossards et l’enchaînement vers la pasta-party. D’habitude, je déteste les pasta-parties, mais là c’était très bien organisé, la salle était à la bonne échelle et la nourriture variée. Puis dodo de veille de course dans un Airbnb original (les hollandais sont pleins de ressources décoratives).

Au réveil, la météo est tout bonnement dégueulasse. #good. Plus d’hésitation sur l’équipement à vélo : ça sera la Gabba manches longues.

Arrivée un peu moins d’une heure avant le départ, je prends un peu trop de temps à régler deux trois trucs (surtout à constater que les piles de mon Powertap ont décidé de décéder juste avant la course) et je loupe mes copains pour boucler la mise en place du matériel et remettre mon sac dans la voiture. Il finira glissé sous l’habitacle du véhicule. Couillon.

Du coup, je suis un peu stressé au départ mais ça m’aidera à rentrer dans l’eau à 17-18°. Je n’ai pas vraiment ressenti le froid et les 13° à l’extérieur facilitent ça aussi. Les départs ont été difficiles à gérer sur les dernières courses alors je m’écarte quitte à faire de la distance en plus. Et j’ai bien fait parce que du coup la nat’ m’a paru très cool. Evidemment je n’ai pas pu drafter mais ça m’a apaisé. Je tourne les bras, je me sens bien essoufflé, c’est que je suis dans le bon rythme. La dernière ligne droite me pertube un peu car on rattrape beaucoup d’autres concurrents partis à des horaires différents, ils sont plus fatigués que nous et ça se resserre à l’arrivée. Ma foi, je sors plutôt bien de l’eau. Ca n’a pas l’air d’être le cas de pas mal de concurrents qui marchent durant la longue transition sous la pluie : mais qu’est-ce qu’ils foutent ?!

T1 en mode disque rayé. Ca a failli être smooth mais finalement ça frotte : couloirs longs, gabba complexe à enfiler, plein de monde dans une cave exiguë, bon faut sortir de là ! Hop dans le parc, plic ploc font mes chaussettes dans les flaques. Le parc est grand, les vélos sortent un peu n’importe comment et les athlètes s’entassent pour monter sur leur vélo pile sur la ligne, je cours 25 mètres de plus pour être tranquille et c’est parti ! Les sensations sont bonnes mais le début du vélo est compliqué : une petite bande cyclable, ça glisse, ça ne roule pas trop. Je prends mon mal en patience. Après une dizaine de km à zigzaguer, j’arrive sur une énorme digue où là il n’y a pas à se poser de questions : faut envoyer. Avec un vent de 3/4 dos c’est grisant. Je remonte pleins de concurrents. Je me demande pourquoi ils ont l’air collés, je suis drogué à l’insu de mon plein gré ou quoi ? Le circuit est un peu monotone, surtout avec cette grisaille, mais mon cerveau était dans un bon mood. Même avec des maux de ventre embêtants (quid de la position sur le CLM ou mon petit déjeuner qui était trop riche) ça passe bien. Le circuit tournicote, on se prend un peu plus de vent, je temporise, j’essaye de bien gérer mon effort au ressenti. La dernière partie est longuette, surtout en chasse d’un petit grupetto bien alignés les uns derrières les autres.

Ca y est « le lac » est en vue, des gars courent, ça doit être eux les champions ! J’anticipe bien en amont mon déchaussage car je me fais souvent avoir. Ma deuxième transition me parait meilleure que la première si ça n’est que ma ceinture porte dossard s’est relâchée. Je bricole. Je pars à pied, ça me parait difficile comme allure, toujours un peu speedé par les transitions, je refuse de regarder ma montre, les jambes tournent, le souffle aussi. Finalement vers le 3 ou 4ème kilo je vois un 4:26/km, je suis tout étonné. Je décide de tenir l’allure tant que je peux. Et ça va tenir, je ne vais pas péter comme dit que quelqu’un que j’admire 🙂 Au début du troisième tour, je calcul que je vais faire moins de 5h, je suis très content de ça et je m’efforce d’abord de tenir mon allure. Puis, je fais la gueguerre aux quelques concurrents de mon niveau que j’ai en ligne de mire depuis le début. J’en passerai un puis une féminine qui courrait avec une pêche d’enfer. Et bim, le parc, c’est la fin, l’arche, hop une médaille ! un bel accomplissement, je suis content, surtout content d’avoir fait ça avec un sentiment de relative aisance, de finir « bien », j’étais dans un bon jour.

Concernant la logistique et la préparation, alors même que je pensais que la planification pouvait être une de mes qualités, j’ai déjà montré plusieurs fois que c’était plutôt un point faible. Je vais donc désormais établir des check-lists que je vais cocher et pour mes prochaines courses je ferai un planning des choses à faire dans un ordre précis pour ne pas me disperser.

–> the spreadsheet

Dans la série petites astuces pour que ça se passe bien, voici ce que j’ai retenu de mes 3 années de pratique :

  • bien se tartiner le cou d’un onguent anti-frottement pour éviter les blessures par la combinaison de natation (vous trouverez votre bonheur en cherchant anti-chafe dans les moteurs de recherche)
  • je me tartine aussi d’huile d’amande douce surtout au niveau des articulations pour enlever la combinaison facilement
  • il est aussi de bon goût de s’entraîner aux transitions avant les courses. Ainsi, j’ai développé une routine de déshabillage de combi et lorsque du temps s’est écoulé entre les courses, je me réentraine à la montée/descente du vélo à pieds nus
  • pour éviter les appuis intempestifs sur les boutons de ma montre, j’ai activé l’option de verrouillage des touches dans l’activité Triathlon de ma Garmin Forerunner 935XT
  • de même, je démarre le chrono de mon activité triathlon lorsqu’on annonce une minute du départ, puis je range ma montre sous la manche de ma combi
  • repérer le circuit natation convenablement pour choisir le meilleur compromis entre la performance et la gestion de la foule dans l’eau
  • bien s’immerger entièrement, faire rentrer l’eau dans la combi, bien respirer dans l’eau, sous l’eau, se souvenir qu’en cas de problème, on peut se mettre sur le dos et appeler à l’aide en levant la main en l’air
  • avoir réfléchi en amont à la nutrition et avoir un schéma simple, des alarmes sur la montre consolide la stratégie
  • les crampes, ça passe !

2 pensées sur “Challenge Almere et l’organisation du matériel pour un triathlon”

  1. Merci pour ton dernier point. J’y ai pensé en cap lors de mon dernier triathlon. Et c’est vrai. Les crampes ça passe
    J’ai donc couru comme si rien ne se passait et les crampes ont disparu.

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