Stress et mitochondrie

Un informateur anonyme de qualité m’a gentiment envoyé une lecture très intéressante sur la mitochondrie et le stress. Petit a parte, le partage de lectures longues et intéressantes est une des choses qui rend les réseaux sociaux si intéressants. La curation des autres qui vous poussent des articles en connaissant vos sensibilités est meilleure que les algorithmes des GAFA. J’essaye de maîtriser mes partages car je sais aussi la spirale de lectures que ça peut engendrer. J’aime l’idée d’essayer d’ajouter du signal dans le bruit ambiant. en tout cas là, c’est un article que j’ai lu (et relu, parce qu’il est un peu velu quand même)

Il s’agit de cette revue de M. Picard, psychiatre visiblement très intéressé par la recherche fondamentale.

L’article commence par une citation d’Hahnemann sur l’énergie vitale mais cette petite provocation passée, ça m’a bien plu.

L’idée générale de l’article est de montrer les intrications entre les messages du stress et l’énergie nécessaire pour mettre en place les adaptations, la mitochondrie jouant un rôle central dans tout ça. A propos de rôle central, il y a un côté « poupées russes » ici puisque les mitochondries sont elles-même juxtaposées au noyau cellulaire. Peut être que leur proximité au noyau à conférer un avantage adaptatif en facilitant la communication avec les facteurs de transcription. De nombreux métabolites énergétiques impliqués ou issus dans le cycle de Krebs peuvent déclencher des voies de signalisation dans le noyau (NAD, succinate, Acétyl-CoA, etc.)

Commençons par la synthèses des hormones du stress les plus connues : les corticoïdes et les catécholamines. J’ai appris dans cet article que les mitochondries étaient au point de départ de la synthèse des hormones stéroïdes (noyau cholestérol et importance de StAR) et des catécholamines à partir de la tyrosine.

Ces hormones vont déclencher au niveau systémique une augmentation des substrats énergétiques disponibles pour répondre à l’augmentation de la dépense énergétique du fait des adaptations au stress (traduction de l’ADN en protéines, transport et transformation de ces protéines)

Au niveau cellulaire, il a été constaté que les hormones stéroïdiennes pouvaient aussi influencer le fonctionnement mitochondrial mais là les auteurs ne s’avancent pas beaucoup, il y a encore beaucoup de choses à creuser.

Ces adaptations cellulaires et systémiques pour répondre au stress vont aussi avoir des conséquences comportementales et sociales avec vraisemblablement pour objectif d’augmenter les apports énergétiques (stress -> cookie #CQFD). Il aussi amusant de savoir qu’au niveau cellulaire, la capacité des mitochondries à se multiplier, se développer et fusionner est importante dans la détection et l’utilisation des ressources énergétiques.

Ensuite, les auteurs sortent un peu du cadre initial je trouve pour aborder les conséquences psychologiques voire psychiatriques d’anomalies métaboliques. C’est tout à fait intéressant, je vous conseille la lecture de ces paragraphes, ça consolide pour moi l’unicité de notre corps et déglingue encore un peu plus cette dualité corps/esprit qui m’agace un peu. 

Soignez vos mitochondries ! A bientôt !

9 réflexions sur « Stress et mitochondrie »

  1. Merci pour cet article en open access en plus. Cela va etre un peu long à lire .. en survolant du coin de l’oeil, j’ai vu qu’il avait un recepteur canabinoide sur les mitoch.. 🙂
    j’ai toujours aimé les mitochondries : elles se divisent comme des bactéries à l’interieur des cellules, elles ont leur propre ADN etc.

    j’avais lu un livre écrit par un biologiste,il y a quelques années, expliquant entre autre, l’alliance improbable d’une « cellule » aérobie ( la mitochondrie ) et d’une anaérobie, pour former la cellule eukaryote. Le plus improbable était le transfert d’ADN mitochondrial vers l’ADN du noyau ( sauf quelques morceaux que la mitochondrie gardait mordicus , dont les genes de formation des stéroides)… l’auteur parlait de  » lutte  » nucléocytoplasmique qui avait duré des millions d’années.
    Le plus bizarre pour moi a été que cette lutte n’est pas finie pour certaines espéces dont le THYM…. Certaines espéces ne sont pas encore  » stabilisées » dans leur transfert d’ADN entre mitoch et noyau.

    un petit film : Inner life of a cell https://www.youtube.com/watch?v=yKW4F0Nu-UY
    je n’ai pas tout identifié ou tout  » compris », mais j’aime bien les  » lipid raft » ( et oui, il y a du surf dans la cellule ) et la dynéine qui passe et repasse sur les microtubules en transportant de grosses vésicules.

    1. Peter D est fascinant mais il faut réfléchir tous les jours à la biochimie de l’ECT pour comprendre ce qu’il dit et jauger les commentaires. De plus, je n’aime pas l’approche extrémiste sur le gras et avec le sport impossible de se passer de glucides pour moi. Je lui ai demandé s’il avait des bonnes références sur le ratio NAD/NADH mais je n’ai pas encore eu de réponse. Le début de l’article est un peu ronflant de banalités sur le stress la partie physiopathologie des comportements est plus interessante

    2. J’ai toujours aimé Peter pour sa cohérence. Il est « à fond », mais ça reste aussi un des rares à ne pas en faire un business ni à « prosélyter » sur des mensonges et une rhétorique manipulatoire.

      A mon sens ce qu’il dit est très valide et reste peut-être la seule vraie justification possible d’un éventuel intérêt « métabolique » du VLC pour la longévité ou la santé en général à long terme (les autres étant totalement débunkées). Ce qui n’enlève pas que 1/ les approches LC/VLC peuvent avoir d’autres justifications à leur emploi, et 2/ dans la pratique je pense comme toi que ça reste hyper contraignants et ni jouable ni souhaitable pour la majorité des gens.

      Sur le livre, je n’ai pas été clair : je ne le suggère pas, et je le recommande encore moins dans la mesure où je ne l’ai pas lu. J’ai vu surgir Wahls il y a qq années, avec quelques bonne idées dérivant vite dans l’exagération et la pensée magique, lançant un peu le mouvement « mitochondries forever ». Un peu comme il y a eu la « leptin fever » et comme on va bientôt avoir « Glucagon mon amour », peut être juste après la fin du phénomène « Microbiotaratata ! ».

  2. A titre purement culturel, la fascination pour les mitochondries (que je partage totalement) ne date pas d’hier. Même les midichloriens, qui ont un rapporté étroit avec la « force » dans la saga Star Wars, ont été directement inspirés des mitochondries.

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