Régime pauvre en sucre et triathlon longue distance

Inigo Mujika, le célèbre scientifique du sport espagnol a publié un tweet au sujet d’un triathlète qui a changé son alimentation vers un régime pauvre en sucre pour essayer de contrecarrer des troubles digestifs à l’effort.

Les performances de cet athlètes se sont effondrées en diminuant ses apports glucidiques. Il espérait sans doute que ses troubles digestifs soient dus à de la fermentation dans l’intestin et/ou des changements de microbiote. Il espérait aussi peut-être devenir une machine à brûler du gras (quotient respiratoire plus bas pour une même intensité) mais ici ça s’est avéré contre-productif.

Evidemment, on pourra toujours dire que c’est possible d’être LCHF (low carb high fat) et de faire du sport, et ici c’est une preuve d’ailleurs, qu’il a peut être manqué du temps pour s’adapter encore mieux, qu’il suivait par ailleurs un régime ovo-lacto-végétarien déjà bien contraignant, etc. Néanmoins je retiens surtout que pour gagner dans les sports d’endurance, il faut du sucre ! pourquoi s’en priver alors qu’il est disponible en course dans les bidons et sur les ravitaillements ? Plusieurs travaux montrent que l’entraînement accompagné de glucides stimule des adaptations facilitant la glycolyse.

Cet athlète n’est pas le seul à avoir des déboires avec son alimentation, les troubles alimentaires, des formes d’orthorexie sont monnaie courantes dans le sport. Lionel Sanders, élite mondial sur circuit Ironman/Challenge a aussi attribué sa deuxième place à Mont-Tremblant à des problèmes nutritionnels d’avant-course. Il aurait été trop restrictif sur les glucides. Il l’explique bien dans deux vidéos de sa chaîne You Tube.

Don’t believe the hype !

4 réflexions sur « Régime pauvre en sucre et triathlon longue distance »

    1. J’ai déjà lu des travaux de psychologues, y’en a pleins. Mais c’est une des choses intéressantes dans le sport c’est qu’on peut louvoyer entre le scientifique et le magique. DD pourrait dire que ça ressemble à de la médecine du coup 😉 blague à part, je suis persuadé que les meilleurs coaches arrivent à insuffler de la confiance dans leurs athlètes avec des techniques rationnelles, basées sur l’expérience et de l’irrationnel. Il paraît d’ailleurs que Nike a vécu des difficultés dans la construction du projet Breaking 2 car beaucoup de coureurs kenyans sont pétris de pensées magiques très très fortes.

    1. J’ai lu Endure et depuis je carbure au Maurten ! Ce bouquin m’a aussi poussé à acheter les Vaporfly, mais ça ne m’a pas super convaincu, cf mon billet sur le sujet, a bientôt !

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