Michel de Lorgeril, quelques années plus tard

je recreuse la question du « cholestérol ». Par pur intérêt intellectuel (et les derniers résultats sur les anti PSCK9). J’ai lu la grosse série de billets de blog de Peter Attia sur le sujet et j’écoute beaucoup de podcasts avec des lipidologues renommés comme Ron Krauss ou Tom Dayspring.
Du coup je relis aussi des contradicteurs, des trucs de Michel de Lorgeril. Avec plus de recul et de connaissances sur le sujet, je perçois mieux son caractère fantasque. Dans le film d’Arte « Cholestérol, le grand bluff » je vois où il veut en venir avec le « calcaire » dans les artères, et c’est dommage de refaire la même erreur de survulgarisation comme ça a été fait avec « le bon et le mauvais » cholestérol.
J’ai aussi vu que Michel de Lorgeril faisait dans la vaccinologie et la quête de petites pièces sur son blog. C’est moche.

4 réflexions sur « Michel de Lorgeril, quelques années plus tard »

  1. Est ce plus moche que de se faire remunerer par les fabricants de statines dont on vante les merites ?

    https://www.nj.com/news/index.ssf/2010/11/drug_companies_paid_new_jersey.html
    « GlaxoSmithKline paid Dayspring $203,200 from January 2009 to June 2010, making him the second-highest earner in New Jersey, according to the database. He said he frequently lectures on Lovaza, which is « the only FDA-approved, prescription-strength fish oil available. »

    Ou est ce la discussion sur les vaccins qui vous deplait ?

    1. Bonjour,

      quelle est la statine de GSK ?
      parce qu’à propos des oméga-3, Tom dayspring n’est pas le seul à se faire rémunérer grâce à eux, MdL a aussi écrit un bouquin entier dessus (que j’ai lu) 😉

      Bonne journée

      P.S. je n’ai aucun conflit d’intérêt académique ou financier sur le sujet.

  2. J’avais été épaté par la « Lion heart study » mais concrètement, depuis l’avènement des statines, cette étude n’est pas reproductible. Ensuite, il y a qlq années j’avais fouillé voir s’il avait publié d’autres trucs et…rien, en fait, juste une seule étude et ensuite des commentaires, des review articles mais toujours biaisés par son propre point de vue.

    Je pense que ce monsieur ne fait plus de la science. C’est toujours bien d’avoir des détracteurs, pour se remettre en question, mais contredire juste pour le plaisir de le faire, avec uniquement son point de vue (et de moins en moins de science derrière), ce n’est plus de la contre-argumentation.

    C’est dommage. J’aurais aimé avoir un détracteur virulent et compétent de la théorie du cholestérol athérogène.

    J’ai vu que les cardio américains ont pondu de nouvelles reco : en gros, à part chez ceux à très haut risque, on ne traite pas en prévention primaire. Quelque soit le niveau antérieur de LDL-c, on donne toujours une statine en prévention secondaire, et la dose n’est pas en fonction du niveau antérieur de LDL-c, mais du risque de récidive. Donc finalement, sans rapport avec la cible de LDL-c.
    Mais quand meme, chez ceux à tres haut risque, si LDL-c n’est pas <0,70g/l, il faut prescrire un anti PCSK9.

    Ca me turlupine tout ça. Si quelque soit le LDL-c de départ et quelque soit le LDL-c d'arrivée, il faut toujours prescrire une statine…est-ce que le LDL-c est réellement le problème ?

    Heureusement, Dr Attia (et Dayspring) nous disent que le LDL-c n'est qu'un marqueur très approximatif du risque athérogène, qu'il ya un millier d'autres choses à prendre en considération, entre autre l'APO-B.

    Et que, suite à la suprématie des statines, prouver un bénéfice supérieur avec une autre molécule est quasiment impossible, d'où la case très restreinte d'indication des anti- PCSK9. Ce n'est plus de la médecine mais du marketting.

    C'est dommage.

  3. Cher Georges : je suis toujours très surpris de la place du cholestérol dans les risques cardio-vasculaires que je situerais entre 05 à 1% du risque total, c’est-à-dire « peanuts »!
    C’est tellement faible qu’il faut inclure des milliers de patients suivis pendant des années pour montrer un « chouïa » de différence entre les cohortes. Et quand on sait les manipulations des » Big-Pharma » quant à truquer leurs chiffres! Et quant aux effets secondaires des statines, j’y reviendrais…
    Des facteurs bien plus importants sont prépondérants, comme le tabagisme, L’HTA, le diabète, le stress, le surpoids, le sédentarité, l’inflammation (mauvaise hygiène bucco-dentaire) et les facteurs non modifiables comme l’âge (et ouiiiii….), les atcd familiaux et j’en oublie, mes excuses.

    Cher collègue, commence par arrêter de fumer, car je t’estime, et je te l’avouerai, je t’aime bien, mais je te cite : « Maintenant, après de multiples sauts de puces d’un à trois mois sans fumer, je me maintiens à 1 à 3 clopes par jour. C’est un moment de détente que je m’accorde en compagnie de ma douce et tendre » . GEORGES!!! même 1 à 3 clopes est un risque sans commune mesure avec le cholestérol. Tu es médecin comme moi, et tu le sais qu’il n’y a pas d’effet seuil du tabagisme. Tant que t’auras pas stoppé le tabac tu ne sera pas crédible sur le cholestérol.
    Quand à l’effet des statines, si ce n’est pas le taux de LDL qui est en jeu, serait-ce leurs effets pléiotrope(s)? ( bio : se dit d’un gène ayant la faculté de déterminer plusieurs caractères). C’est « vachement » scientifique ça! ça m’a toujours fait rire l' »effet pléiotrope ».
    les statines par contre y’a pas besoin d’inclure beaucoup de patients pour en montrer les effets désagréables ou néfastes : des petit(e)vieilles ou vieux qui rentrent de l’hosto avec 80mg/j de Tahor qui ne sortent plus de chez eux, des qui ont arrêté le sport (tient! pourquoi?), des qui dorment mal à cause des crampes ou des courbatures (baisse de l’attention le jour : s’il a un accident de voiture il sera sorti de l’étude. juste un perdu de vu… non inclus dans les résultats celui-là), perturbation du métabolisme du cholestérol dont notre cerveau qui représente une part faible de notre poids, contient 20% du cholestérol total du corps avec un sur-risque d’alzeimer…(Sinyavskaya L, Gauthier S, Renoux C, Comparative effect of statins on the risk of incident Alzheimer disease, Neurology, Janvier 2018; 90:1-9) etc etc bien confraternellement

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