reportage intéressant sur le dopage dans le ski de fond

Ce reportage (doublé en anglais) de l’ARD se tisse autour d’une interview du skieur de fond Johannes Dürr. Il explique son histoire et comment le dopage a frappé « naturellement » à sa porte. Il s’est fait attrapé alors qu’il s’apprêtait à participer à la plus importante compétition de sa vie. Cette histoire me parait tellement transposable à d’autres athlètes de haut niveau… toute une jeunesse à s’investir pour que tout se casse la gueule dans la honte.

https://www.sportschau.de/doping/video-doping-top-secret-confession–inside-the-mind-of-a-doper-100.html

17 réflexions sur « reportage intéressant sur le dopage dans le ski de fond »

  1. Juste pour rappeler que l’érythropoïétine est sans effets sur les cyclistes sur route dont l’énergétique musculaire (aérobie) est proche de celle des skieurs de fond.
    Donc, l’érythropoïétine (et le dopage sanguin) dans les sports à composante aérobie (=endurance), c’est pipeau.

    Heuberger JAAC Rotmans JI Gal P et al.
    Effects of erythropoietin on cycling performance of well trained cyclists: a double-blind, randomised, placebo-controlled trial.
    Lancet Haematol. 2017; 4: e374-e386

    1. « Donc, l’érythropoïétine (et le dopage sanguin) dans les sports à composante aérobie (=endurance), c’est pipeau. »

      Je n’irais pas jusque là !

      Et surtout, c’était des amateurs. Sur des sportifs d’élite, c’est peut-être différent.

      Un peu de mesure, et éviter les conclusions hâtives.

      1. L’idée de départ des auteurs c’est :
        l’EPO augmente le nombre de GR et la VO2max, mais a-t-elle un effet sur la vitesse (ou la puissance) au seuil anaérobie ? Car c’est elle (la vitesse ou la puissance au seuil anaérobie) qui détermine la performance dans les activités sportives en endurance.
        L’étude des universitaires de Leyden montre chez les coureurs ayant bénéficié de la cure d’EPO l’augmentation du nombre de GR et l’augmentation de la VO2 max. En revanche, chez ceux n’ayant reçu que le placebo aucune modification de ces paramètres n’a été observée (ou pouvait s’y attendre).
        Au labo d’exploration fonctionnelle aucune différence significative n’est constatée entre les coureurs sous EPO et ceux sans EPO quant à la puissance au seuil anaérobie et à celle développée dans un modèle de course contre la montre de 45 minutes. Dans la montée du Ventoux, il en a été de même (c’est la confirmation de l’hypothèse de départ des auteurs).
        Que les coureurs aient été amateurs (« bien entrainés ») ou professionnels qu’est-ce que cela aurait changé ?

        1. 1) Un amateur et un pro, c’est incomparable
          2) C’est une étude, on ne peut pas CONCLURE que l’EPO ne sert à rien
          3) Même les auteurs ne tirent pas de conclusion définitive

    2. Il existe des méta analyse sur le sujet ?Même si ça ne modifie pas les seuils peut-être que ça augmente le temps de soutiens? Augmente la récupération?Permet de supprimer les jours de repos? Et donc de créer des adaptations physiologique qu on aurait pas pu faire avec un entraînement sans artifice médical?. J ai subi le dopage mes coéquipiers qui prenaient de l epo igf1 et compagnie avait la capacité à faire des choses assez impressionnantes malgrés leur vo2 et PMA de coureur régional. Ça reste une expérience personnelle biaisé sûrement ça ne vaut rien. Mais je me questionne.

  2. Je fais « amende honorable ».
    J’aurai dû écrire : l’EPO c’est probablement pipeau.
    Car la seule preuve avancée par les universitaires de Leyden était que l’ascension du Ventoux par des cyclistes « bien entrainés » avait été effectuée dans le même temps qu’ils aient bénéficié ou non d’une cure d’EPO…
    …mais, je prends connaissance d’un article des mêmes auteurs néerlandais publié en décembre 2018 dans Sports Medicine (l’article est en accès libre) et qui concerne les preuves d’efficacité des substances interdites de l’AMA. Dans le tableau récapitulatif de cet article, il est noté que concernant les « agonistes des récepteurs de l’EPO », six études ont été retenues par les auteurs. Elles totalisent 161 athlètes. Et la conclusion est : il n’existe « aucune preuve d’effets sur les paramètres correspondant à l’endurance à l’exception de la VO2max, de la Pmax et du temps limite à VO2max (time to exhaustion) ». Et il me prend de regretter mon « amende honorable ».
    Review of WADA Prohibited Substances: Limited Evidence for Performance-Enhancing Effects.
    Heuberger JAAC, Cohen AF.
    Sports Med. 2018 Nov 8. doi: 10.1007/s40279-018-1014-1. [Epub ahead of print] Review.

    Note 1
    La publication sur l’ascension du Mont Ventoux avait été précédée d’un article montrant que la performance des cyclistes sur route dépendait plutôt de la vitesse au seuil anaérobie que de la VO2max. Ce qui laissait déjà supposer qu’il pouvait être intéressant de voir si l’EPO avait un effet sur cette vitesse.

    Erythropoietin doping in cycling: lack of evidence for efficacy and a negative risk-benefit.
    Heuberger JA, Cohen Tervaert JM, Schepers FM, Vliegenthart AD, Rotmans JI, Daniels JM, Burggraaf J, Cohen AF.
    Br J Clin Pharmacol. 2013 Jun;75(6):1406-21. doi: 10.1111/bcp.12034.

    Note 2
    Après une petite dizaine d’années passées au contact des sportifs amateurs et professionnels (1984-90) en tant que médecin de l’équipe de France de cyclisme sur piste et en tant que responsable de l’Unité de médecine du sport de l’hôpital du Dr Duchenne (Boulogne/mer), je ne fais plus de différence entre les amateurs et les professionnels (v. les performances des équipes amateurs dans la coupe de France de football).
    Note 3
    L’histoire de l’EPO rappelle celles récentes du Salbutamol de Froome et du Meldonium de Sharapova où le doute sur les qualités énergétiques de ces substances est majeur. Mais, ça rassure le public, attribue des « lettres de noblesse » aux compétitions, donne du grain à moudre aux médias et alimente les conversations du café du commerce et des réseaux sociaux au sens (inapproprié) et à l’importance (démesurée) que leur octroient la radio et la télé.

    1. Bonjour, et que pensez vous des transfusions autologues ?
      Comme vous j’ai des doutes quant à la réelle efficacité de certaines conduites dopantes. Mais si ça produit un placebo, c’est toujours une faute. Le produit est interdit point barre.
      Sur le salbu, je me demande si des grosses doses voire une utilisation en IV n’aiderait pas à la perte de poids en stimulant le métabolisme.
      Sur la même réflexion je n’ai jamais bien compris les bénéfices des corticoïdes.

      1. Bonjour
        Pas d’avis sur les transfusions autologues.
        Salbutamol : les 2 bouffées supplémentaires de Chris Froome ne sont pas ce qui lui a permis de gagner successivement le tour d’Italie et le tour d’Espagne. Certains pensent que le salbutamol pourrait avoir un effet anabolisant (comme le clenbuterol). En réalité quand on voit les doses que les vétérinaires considèrent comme anabolisantes (large bibliographie dans PubMed), on comprend que le clenbuterol à ces doses-là (rapportées au poids de corps) serait plutôt un handicap pour le sportif.
        Pour les corticoïdes : effet psychostimulant (cf le film de Nicholas Ray : bigger than life).

        1. vous pensez qu’une transfusion la veille d’une grosse étape ou course peut être neutre en terme de performance ? Vraie question, c’est pas du trolling

          mais pour les corticoides quand on pense aux effets délétères chez les patients, comment les tricheurs en tirent bénéfice ? juste une dose pour augmenter l’agressivité en course ?

          1. Pas d’avis sur la transfusion la veille d’une grosse étape ou course.
            Je n’ai pas trouvé de référence dans la littérature médicale.
            En compétition, les corticoïdes ont, à mon avis, deux effets. Ils sont psychostimulants (humeur +++) et peut-être antalgiques.
            Exemple : 10% des coureurs qui s’alignent au départ de la course Paris-Roubaix le font pour gagner. Les 90% restants sont là pour figurer (si possible honorablement), montrer le maillot du sponsor (aux caméras de télévision et aux spectateurs du bord des routes) et participer à la tactique de course de l’équipe à laquelle ils appartiennent (et dans laquelle il y a peut-être un vainqueur potentiel). Prendre des corticoïdes, c’est passer quelques heures psychologiquement bien supportées (ce n’est pas une corvée) et sans souffrir (dans les parties pavées du parcours).

    2. et je rebondis quand même sur l’EPO, vous connaissez mieux cette littérature que moi mais je suis persuadé qu’il y a de l’hétérogénéité dans les répondeurs, un peu comme pour la caféine, c’est un ergogène, mais tout le monde ne ressent pas au même niveau son effet

      je pense à ça parce que j’ai « naturellement » 14,5 g/dl d’hémoglobine, proche de moi, un de mes meilleurs amis, athlète de classe mondiale se balade tout le temps entre 16,5 et 17,5 (48,5% d’Ht)… j’imagine que si mon hémoglobine montait à 16-17 avec de l’EPO je ressentirais peut être une différence à l’effort qui pourrait soit lever des barrière mentales, soit vraiment biologiquement améliorer mes perfs. Pour mon pote qui est déjà à 48,5%, si l’EPO le monte à 50% d’Ht la différence sera moins perceptible

      PS je mets votre livre en haut de la liste des trucs à lire 🙂
      PPS les bouquins du genre de Tyler Hamilton, vous ne pensez quoi ?
      PPPS si vous êtes encoer dans les Hauts de France, il faudrait qu’on se rencontre pour que vous m’expliquiez en détails votre point de vue 🙂 pendant une balade en vélo peut être 🙂

      1. Dans les sports à composante aérobie (endurance), l’hématocrite n’est pas le facteur déterminant de la performance.
        Il y a 40 ans (Keul, Simon et Kindermann 1979) ont fait du seuil anaérobie l’élément clé de cette performance.
        Il y a 15 ans, Eric Joussellin (ancien médecin chef de l’Insep) en a rajouté une couche en prenant exemple sur les marathoniens. Parmi ceux qui ont une VO2max sensiblement identique, c’est celui qui a la plus grande vitesse au seuil anaérobie (sur le tapis roulant) qui terminera le marathon avant les autres (La médecine du sport sur le terrain 2005).
        En novembre 2018, les universitaires de Leyden (« l’équipe du Ventoux ») ont repris les données de l’essai clinique sur l’EPO.
        La conclusion de cette « reprise » est : quelle que soit la façon d’évaluer le seuil anaérobie, l’érythropoïétine (et son corollaire l’élévation de l’hématocrite – c’est moi qui rajoute) n’a pas d’action ni sur la modélisation d’une course contre la montre au laboratoire d’exploration fonctionnelle, ni sur une course en grandeur nature (comme la montée du Ventoux).
        Repeatability and predictive value of lactate threshold concepts in endurance sports.
        Heuberger JAAC, Gal P, Stuurman FE, de Muinck Keizer WAS, Mejia Miranda Y, Cohen AF.
        PLoS One. 2018 Nov 14;13(11):e0206846.

        Je n’habite plus dans les Hauts de France.
        Je ne fais pas de vélo.
        Mais MERCI pour la place du livre

        1. Mais alors pourquoi l’AMA s’éverturait-elle dans ce cas à pister, chercher les sportifs pro cyclistes, fondeurs ou coureurs à pied qui « carburent » à l’ EPO ? Juste pour donner du grain à moudre aux médias et alimenter les réseaux sociaux ?
          Et pourquoi ces sportifs prendraient-ils un tel risque ?

          L’EPO ne serait que  » supercherie » ?

          Intéressant en tout cas votre retour

          1. Une substance est retenue comme dopante par l’AMA quand l’Agence a la preuve de son usage en tant que telle.
            Nul besoin de confirmation scientifique pour l’inscription sur la liste des substances dopantes. L’histoire du meldonium (Maria Sharapova) est exemplaire à ce sujet.
            Dès que la substance est sur la liste, cela incite les sportifs à en faire usage.
            C’est donc l’usage qui conduit la substance sur la liste et c’est la présence de la substance sur la liste qui conduit à son usage. « Le chien se mord la queue ».

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