Elucubrations sur diabète et dénutrition

Je suis dans une nouvelle phase où je m’intéresse au jeune, au métabolisme et à un moindre degré à la cétose. Je suis retombé dedans en écoutant le nouveau podcast de Peter Attia. C’est parfois assez velu mais globalement ça se comprend quand on connait un peu le métabolisme.
Hier soir, en garde, je me suis occupé d’un sympathique monsieur, pas si mal pour les standards chu, pour un abcès sur mal perforant plantaire (favorisé par chaussures de sécurité). Obèse, diabétique 10,5% HbA1C. Une hémoc’ à Staph en cours d’identification (alors on pense endocardite mais c’est une autre histoire)
Je farfouille dans le dossier par curiosité (parce que pour mettre du produit autour du nerf sciatique, franchement, je n’ai besoin de rien) et je vois qu’on lui donne des compléments alimentaires parce qu’il a une préalbumine à 0,15
Je n’arrive pas à avoir un rationnel biochimique clair pour nourrir agressivement des patients comme ça. Je sais qu’il faut différencier le chronique stable et l’aigu déséquilibré, et une voie métabolique optimisable en chronique est peut être complètement déséquilibrée en aigu. Mais j’ai toujours un sourcil levé…
Ainsi si j’imagine qu’il est peut-être bénéfique de diminuer ponctuellement drastiquement les apports en protéines (une sorte de mini-diète protéique pluri-annuelle) dans le cadre d’une prise en charge au long cours ; je ne sais par contre pas comment on peut encore renforcer les besoins en insuline chez un diabétique de type 2 déséquilibré en lui offrant des boli de protéines et de calories sous forme de complément oral. c’est quand même compliqué tout ça !
Oh, bien sûr, je comprends bien l’idée d’une carence protéique chez un patient comme ça, j’imagine le déséquilibre en sa masse maigre et la masse grasse, un manque d’activité physique venant en rajouter une couche (surtout avec un mal perforant plantaire). Et bien sûr que je comprends que le patient a besoin d’acides aminés pour boucher le trou dans son pied (et peut être de vitamine C et de zinc, surtout chez le diabétique de type 2, mais c’est encore une autre de mes marottes ça)
Je voulais juste partager cette réflexion avec vous pour resouligner la complexité de la Médecine et le décalage important entre s’occuper de patients avec des maladies avancées et les réflexions (californiennes) sur l’optimisation d’une personne en pleine santé ! je me rends compte en écrivant cette phrase qu’on pourrait y déceler une forme de cynisme, et je n’arrive pas à le dire autrement, mais je suis tout autant passionné par mon rôle de médecin que par ce que Peter Attia et ses amis racontent dans le podcast que j’ai cité en début de billet. Je crois qu’il peut y avoir du bon à croiser des thèmes réflexions qui ont l’air très éloignés de prime abord.
D’ailleurs dans la série grand écart, Peter Attia a rapporté dans le podcast avec Rhonda Patrick, des réflexions sur la prévention des conséquences de l’ischémie/reperfusion en chirurgie via le jeune. Ainsi, des souris (en bonne santé je présume) que l’on soumet à un jeune avant une chirurgie modèle d’ischémie-reperfusion (ligature artérielle puis reperfusion) s’en sortent mieux que les souris qui mangeaient ce qu’elles voulaient avant l’opération. En étant exposant temporairement à une carence calorique, mais peut-être surtout à une carence en certains acides aminés (leucine +++) les rongeurs activent ou inhibent des voies de signalisation aboutissant à une recrudescence de moyens de lutte contre le stress.
Je reviens à mon grand écart #vandamme, car les tendances actuelles en médecine péri-opératoire moderne tendent à apporter des calories (sous forme de boissons sucrées) jusque le plus tard possible avant la chirurgie pour lutter contre l’insulino-résistance qui s’installe avec l’inflammation péri-opératoire. Ainsi, un modèle animal propose une autre façon de réfléchir. Sans doute pas transposable tout de suite à tout le monde, mais à réfléchir pour des sujets bien nourris qui vont s’exposer de façon prévisible à de l’ischémie reperfusion (ex du donneur vivant d’organe).

Modèle Golden Cheetah du profil de puissance

Court billet pour vous montrer que le modèle par défaut proposé par Golden Cheetah du profil de puissance colle bien pour moi.

Voici mon profil de puissance pour ma préparation de Roth, avec surtout des exercices de 1 à 10 min. J’ai fait très peu de sprints courts, d’où la convexité dans le profil en dessous d’une minute.

Et ces derniers jours, j’ai fait des sorties récup’ très cool, avec juste un sprint sur un pont près de chez moi, pour le fun. Le sprint dure 300 mètres, au mieux je mets 26 secondes.

Hop, on récupère bien le profil théorique !

Golden Cheetah est un programme gratuit, un peu lourd à manipuler tant il offre de possibilité. En tout cas, il m’a permis d’éviter un abonnement à Strava pour voir cette courbe. D’ailleurs le seul intérêt que je vois à l’abonnement Strava ce sont les segments en live sur votre compteur/montre si vous aimez les chasser.

Des difficultés d’utiliser Best Bike Split

Pour estimer le temps que je vais mettre sur la partie vélo d’un triathlon, j’utilise Best Bike Split. C’est un superbe outil mais il est complexe. Voici donc le résultat de mes réflexions et précautions à son sujet pour ne pas susciter de déceptions quant à vos chronos.

Tout d’abord, il convient d’avoir des données de poids correctes pour vous et votre vélo. Ca n’est clairement pas ce qui influence le plus votre chrono sur un triathlon plat ou un peu valloné (pour moi comprendre moins de 100 m de D+ au 10 km) mais c’est le plus facile à obtenir. Je pèse mon vélo avec la nourriture, le plein d’eau et les outils. Ca monte vite, mon Speedmax grimpe à 12,35 kg. J’utilise un pèse-valise pour le côté pratique.

Ensuite, il faut une trace précise de la course, tournez vous du côté de l’orga ou d’Openrunner. La distance et le dénivelé sont importants.

Plus difficile : il faut calculer votre coefficient de pénétration dans l’air. Là, ça se corse. Pour moi l’outil Aero Analyzer est dans les clous pourvu qu’on lui donne un fichier d’entrée de qualité avec le bon dénivelé et les bonnes caractéristiques de votre vélo. Attention, la qualité de la route change énormément les choses. Voici les résultats de 3 tests Aero Analyzer lors du triathlon de Choisy-au-bac, l’un des rares où j’ai mes données de puissance (oups.)

Road quality CdA (en position aéro)
Good road 0,27
Average road 0,2531
Poor road 0,2275

19% d’écart entre le premier et le dernier résultat ! Sur un Ironman, ça fait 15 minutes d’écart !

Ici à force d’essai, erreur, recalcul théorique, je pense que la route à Choisy-au-bac était à classer entre poor et average puisque j’estime mon CdA à 0,233 sur mon vélo de CLM avec le casque Catlike. Pour Roth, même si la qualité de la route est bonne, les estimations sont plus cohérentes avec le choix « average ».

Puis, il faut avoir la bonne météo pour le jour même, la densité de l’air n’est pas du tout la même à 12 degrés et 80% d’humidité qu’à 26°C et 25% d’humidité. Le vent joue bien sûr… Pour vos estimations, je dirais qu’il est de bon goût de simuler plusieurs conditions météo et un vent moyen de 15 km/h au 4 points cardinaux. Ca fait du boulot, mais vous aurez une meilleure estimation.

Enfin, dans les réglages supplémentaires, on peut choisir ses vitesses max d’ascension et de descente. J’obtiens des estimations beaucoup plus cohérentes en me bridant par rapport à ce que met BBS par défaut. Ainsi, en grimpant à 15 km/h et en descendant max à 50 km/h (surtout à Choisy-au-bac avec la bruine et la boue) le chrono de BBS rentre dans les clous. Dernier détail, en choisissant moins d’intervalles de variations de la puissance, je trouve que c’est mieux.

Préparation de mon premier Ironman

1er janvier 2018 01:23, je vomis dans mes toilettes des falafels maison que j’avais trop chargées en huile d’olive. L’année commence bien, moi qui espérait rentrer dans l’année 2018 en fanfare avec l’idée de vivre 6 mois commando jusqu’au 1er juillet pour le Challenge Roth 2018.

En fait, cette idée que l’entraînement pour un Ironman serait insurmontable est née des conversations de bistrots où les triathlètes racontent leurs semaines à 25h d’entraînements avec moults enchaînements, footings à l’aube et sortie vélo de 150 bornes systématiques. J’étais à l’époque persuadé via mon entraînement en course à pied qu’en ventilant mieux l’intensité on pouvait y arriver avec moins de volume. Le chiffre rond d’une heure par jour d’entraînement me paraissait jouable. Mais la réalité m’a vite rattrapé : je nageais lentement, les sorties vélo prennent du temps, le volume gonfle vite et on se prend au jeu… au cours des années 2016 et 2017 je suis donc vite arrivé à plus de 10 heures hebdomadaires. J’étais bien, mais j’avais en tête que pour aller finir un triathlon de 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42 km à pied, j’aurais besoin d’encore plus d’entrainement. Surtout que je partais de loin à vélo et surtout de zéro en natation. J’ai voulu prendre mon temps pour acquérir les bases en vélo (la position, la mécanique, la gestion) et j’ai anticipé l’achat du vélo de CLM pour avoir le temps de m’y habituer. Même chose en natation, en commençant tard je ne ferai pas d’exploit mais je voulais gagner l’endurance de nager 4 bornes comme je sais faire un long footing. Et la réflexion pour faire tout ça à sans doute contribuer à catalyser ma décision de faire de la chirurgie de cornée pour corriger ma myopie (en vrai, c’est surtout pour améliorer ma vie sexuelle :-p). Pour illustrer le point de départ, j’ai retrouvé une séance de natation où j’avais glorieusement fait 3000 m en 1h18 (HS à la sortie de la piscine) et mes premiers tests de puissance sur 20 minutes plafonnaient à 220 watts (pour 60 kg).

Pour simplifier le récit, je vais commencer à explication ma préparation à Roth à partir du moment où je me suis inscrit en juillet 2017. Continuer la lecture de « Préparation de mon premier Ironman »

Nike Vaporfly 4%j

Voilà l’histoire : mon pote Greg m’envoie une nouvelle vidéo de Denis Boucher pour disserter une nouvelle fois sur les régimes et le marketing. Dans la conversation, s’en suit son conseil de lecture : Endure d’Alex Hutchinson. J’avais bien repéré ce bouquin mais en plein préparation pour Roth, je n’avais pas envie de me refaire des nœuds au cerveau sur les techniques d’entraînement. Greg insiste, il ne me connait pas encore assez bien mes fragilités…Bref, je finis par l’acheter et lire Endure. Après un début que j’ai trouvé un peu poussif, le livre me passionne : la recherche de la meilleure performance passe par la compréhension des limiteurs et ça correspond bien à ma personnalité que des dégommer un par un les problèmes pour avancer.Le livre tourne autour de l’histoire du record Breaking2 qu’a organisé Nike pour tenter de casser la barre des deux heures sur marathon. Et donc évidemment ça parle chaussures… Nike a conçu la Vaporfly pour le record et vante une amélioration de 4% de l’économie de course. (Ça n’est pas une subtilité, c’est très différent d’une amélioration brute du chrono) Quand on est prêt à acheter un vélo de contre la montre pour faire du triathlon, on n’est pas à une paire de pompes près… je craque donc. (Et puis je balaye toujours d’une revers de la main les critiques sur les produits trop chers : personne n’est obligé d’acheter)A la réception, j’ai tout de suite peur car le mesh c’est de la dentelle. Déjà que je troue chaussettes et chaussures très vite au dessus de mon hallux, là j’ai presque envie de mettre une rustine d’emblée ! comme dit greg « elles sont conçues pour courir 42 km ! » Très légères, elles sont agréables au pied, et les petites foulées dans mon salon me font bien ressentir l’effet ressort de la lame de carbone et de la mousse.Par contre, je me sens instable avec toute cette semelle, pire que la première fois que j’ai essayé des Hoka à leurs débuts… je les laisse donc dans la boîte, je rumine ça pendant de trop longues heures et je me débrouille pour trouver un tapis pour les essayer. Ça se passe bien mais j’ai une sensation bidale comme dirait Jaddo qui me pousse à la méfiance, bref, je n’ai pas avancé (normal j’étais sur tapis, #derien)Reprise de tête avec ce problème de riche dont la solution est pourtant tellement évidente (comme tant de « non problème »)… Des évènements dans mon entourage me pousse à cocher une case « OSEF du prix » et je repars pour un footing test.Bon, ça devient facile, ma cheville se balade, je fais demi-tour au bout de la rue, le pari de courir avec ces chaussures avant Roth et pendant Roth est trop grand, le rapport bénéfice/risque est clairement défavorable. Je vais donc les renvoyer (magie du commerce en ligne)Ceci dit, je n’ai pas envie de faire un post hater basique sur ce produit hautement marketé, d’abord c’est facile à trouver sur les blogs spécialisés en fiel-running, et puis finalement je continue de les trouver intriguantes ces pompes. C’est la première fois depuis mon premier essai des Kinvara série 1 ou 2 que je sens une telle différence dans ma foulée. Et Dieu sait que j’accorde pas une grande importance aux chaussures de running comparé au reste de mon matériel. Alors, probablement que dans un autre contexte, je leur donnerai une seconde chance (ou pas si je rallume mes circuits DISCIPLINE dans mon cerveau #jocko)P.S. le livre Endure m’a aussi convaincu d’essayer la boisson Maurten (en promo aujourd’hui 6 juin), je vous dirai quoi comme on dit dans ch’nordPPS super article du NYT https://www.nytimes.com/interactive/2018/07/18/upshot/nike-vaporfly-shoe-strava.html