la fin des halogénés en chirurgie pour cancer ?

L’accumulation des articles sur la différence entre hypnotique intraveineux (propofol) ou inhalé (halogéné) ces dernières années me turlupine. Il semble que le propofol soit protecteur lors d’une chirurgie pour cancer. Les patients vivraient plus vieux, avec moins de localisations secondaires.On ne peut pas être anesthésiste, s’occuper de patients avec un cancer et ne pas lire l’article de Nature Reviews de Hiller.

Vu le peu débat possible sur une éventuelle supériorité des halogénés sur un autre volet de la santé des patients, mon choix va désormais se porter sur le propofol en SAP pour les patients atteints d’un cancer donc je vais m’occuper. Plusieurs études randomisées sont en cours, je vais suivre de près les résultats. Chez vous ça se passe comment ? Une réflexion est-elle menée ?

Fast mimicking diet

Fin octobre, je me suis amusé à faire ce que j’appelle un mini jeune. Il s’agissait de me restreindre fortement pendant 5 jours. 1000 kcal le premier jour puis 700 kcal les 4 suivants. La principale caractéristique est donc une restriction calorique brève. La deuxième caractéristique est de quasiment éliminer les apports en acides aminés. Le tableau des aliments :

Aliment masse kcal prot gluc lip
J1 oat 60 225 6,6 36 4,8
butter 2 15 0 0 2
Carotte 85 31 1 5 0
Noix de macadamia 55 407 4 5 40
peanuts 28 177 7 4 14
Brocoli 150 54 6 3 1
Smoothie 125 58 0 14 0
J2-J5 oat 30 113 3 18 2
butter 2 15 0 0 2
almonds 28 178 7 2 15
Noix de macadamia 28 207 2 2 20
banana 120 108 1 24 0
blueberries 100 58 1 11 0
Smoothie 125 58 0 14 0

Les gens ont beaucoup levé les sourcils dans mon entourage réel ou sur le net devant cette pratique. Il n’y a guère que quelques initiés (et les musulmans pratiquants) qui ne tiquaient pas devant la pratique d’un jeune. Quasi tous les autres : « Mais ?! mais ??!! pourquoi ? ». Continuer la lecture de « Fast mimicking diet »

Michel de Lorgeril, quelques années plus tard

je recreuse la question du « cholestérol ». Par pur intérêt intellectuel (et les derniers résultats sur les anti PSCK9). J’ai lu la grosse série de billets de blog de Peter Attia sur le sujet et j’écoute beaucoup de podcasts avec des lipidologues renommés comme Ron Krauss ou Tom Dayspring.
Du coup je relis aussi des contradicteurs, des trucs de Michel de Lorgeril. Avec plus de recul et de connaissances sur le sujet, je perçois mieux son caractère fantasque. Dans le film d’Arte « Cholestérol, le grand bluff » je vois où il veut en venir avec le « calcaire » dans les artères, et c’est dommage de refaire la même erreur de survulgarisation comme ça a été fait avec « le bon et le mauvais » cholestérol.
J’ai aussi vu que Michel de Lorgeril faisait dans la vaccinologie et la quête de petites pièces sur son blog. C’est moche.

Faut-il faire du fer en périopératoire, partie 2, chirurgie cancérologique

Suite de mes réflexions sur le fer en périopératoire. Les choses se décantent et sont plus claires dans ma tête. Ce qui m’intéresse ce sont les patients qui bénéficient d’une chirurgie pour un cancer. Dans ce contexte, nous avons souvent peu de temps entre la consultation et l’opération et il y a souvent une petite inflammation latente. Continuer la lecture de « Faut-il faire du fer en périopératoire, partie 2, chirurgie cancérologique »

Faut-il faire du fer en périopératoire ?

J’ai le sentiment que le fer injectable est de plus en plus poussé sur le devant de la scène par l’industrie pharmaceutique, Vifor Pharma en particulier. Cette entreprise suisse possède les marques Venofer et Ferinject. Depuis que le fer-saccharose (Venofer) est « génériqué », le carboxymaltose ferrique est poussé sur le devant de la scène.

Le sujet m’intéresse car je trouve que le transport de l’oxygène est un sujet sacrément important en médecine et la culture locale de mon hôpital est forte sur ce sujet avec historiquement un leader d’opinion fort sur la SvO2 et le rapport DO2/VO2. En tout cas, j’ai été élevé dans ce contexte. Néanmoins, le temps passe, la SvcO2 ne tient pas tant que ça ses promesses et/ou le sujet est un peu en disgrâce… (C’était pourtant intéressant d’envisager de transfuser selon le terrain, l’hémoglobine et la SvO2, coucou Ziko ! ).

Par ailleurs, j’ai toujours l’impression de donner mon propre sang lorsque je rédige une prescription de culot globulaire (note : j’avais écrit au pluriel au premier jet), surtout dans un contexte stable, en post-opératoire, je suis toujours dubitatif quant au rapport bénéfice/risque et un tweet m’a beaucoup marqué, je pense que c’était @boiteasavon qui disait qu’une transfusion c’était une (mini) greffe ! Continuer la lecture de « Faut-il faire du fer en périopératoire ? »