Mon approche du tabac en péri-opératoire

Ce matin, discussion avec ma super interne sur le tabac en péri-opératoire. Deux remarques sur la feuille d’anesthésie du patient : ne pas zapper cette donnée car c’est utile pour calculer le score d’Apfel et une interrogation autour d’une prescription de Nicopatch par un autre collègue.

Mon approche comprend les points suivants :

  • je demande toujours la consommation de tabac en consultation
    • si le patient est sevré, je le félicite toujours
    • si le patient est consommateur, je lui demande s’il a envie d’arreter
      • si la réponse est évasive ou négative, je ne vais pas loin, je dis juste que la diminution du tabac (le mieux étant zéro cigarette) avant une intervention améliore plein de choses tant pour la sécurité du patient que pour la réussite de l’opération (cicatrisation)
      • si le patient a envie d’arreter, alors je lui parle des moyens dont nous avons à notre disposition : nicotine patches ou inhalée et consultation de tabacologie . J’essaye aussi de voir avec le patient avec une approche « communication thérapeutique/hypnose » ce qui lui déplait le plus dans le tabagisme et j’exagère sa réponse. De même, je lui rappelle qu’il y  a plein de moment où il ne fume pas, amoindrissant la notion de dépendance (sommeil, voyage en avion). L’oxygène, par contre on ne peut pas s’en passer plus de quelques minutes.
  • Je ne prescris pas de médicaments sur le thème du sevrage tabagique, je préfère que le spécialiste de tabacologie voit avec le patient ce qu’il préfère.
  • Si une ordonnance est utile, je vous rappelle qu’il est de bon ton d’en écrire une sur une ordonnance dédiée pour obtenir le forfait d’aide au sevrage tabagique de la sécurité sociale.
  • Je rappelle qu’il ne faut pas fumer juste avant l’intervention, là si besoin je vois avec le patient s’il ressent besoin d’un anxiolytique pour l’aider .
  • Je pense que la cigarette électronique est très utile pour diminuer la consommation de cigarettes. Ainsi, j’ai tendance à encourager les gens dans cette direction s’ils l’ont déjà prise.

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Comment je fais mon induction anesthésique en 2017

Au fil de discussions, d’explications auprès des (e)IADE et des internes, j’ai eu envie de réécrire une note sur ce sujet. Ce billet est un article descriptif. J’aime bien cet exercice car il me permet de comparer dans le temps mes pratiques. La dernière fois que j’avais écrit sur ce sujet, je pense que j’étais beaucoup plus orienté « pharmaco » & co (ahah).

L’induction anesthésique est un moment clé. Je pense qu’il faut se l’approprier, le temps d’échange avec le patient est assez court et le contexte est stressant, c’est donc d’autant plus important d’être focalisé sur le patient. Vous pouvez avoir l’impression que des gens attendent autour de vous mais rappelez vous qu’ils ont besoin que vous ayez fini votre induction pour œuvrer. Vous ne vous ferez donc pas bousculé ! Prenez votre temps. La précipitation se ressent et elle est source d’erreur.

Je pense aussi que nous avons, nous, chefs d’orchestre de l’anesthésie-réanimation, un rôle d’exemplarité à avoir. Ça peut paraître pompeux, mais j’assume. Alors si notre comportement ne ressemble pas à celui d’un chef, je pense qu’il faut travailler à rectifier le tir. Continuer la lecture de « Comment je fais mon induction anesthésique en 2017 »

Allez y mollo sur les vitamines !

Le soluté glucosé avec vitamines, éléments-traces boostés d’un surplus de zinc et de sélénium est un truc que je vois souvent dans les services de chirurgie sans que j’en comprenne le rationnel.

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