Nager avec l’Apple Watch Series 3

J’ai reçu mon Apple Watch Series 3 ce matin à 11h42. Je me suis empressé d’aller nager avec pour vous rapporter mes premières impressions quant à son utilisation pour la natation en piscine. La première synchronisation prend un peu de temps, je n’ai donc pas eu beaucoup de temps pour me familiariser avec la montre (mode d’emploi ici). C’est donc un premier retex très brut de décoffrage.

Tout de suite, il y a un truc qui me déplaît : le bracelet. J’ai choisi le bracelet sport justement dans l’optique de pouvoir mettre la montre au contact de l’eau sans arrière-pensée. Que ça soit pour clipser l’ergot ou pour enrouler le bracelet sur lui-même, ça ne me plait pas trop. Peut-être un apprentissage à avoir, mais avec ce genre de produit, il ne devrait pas y avoir le moindre froncement de sourcil au déballage. Bons points quand même : la montre est livrée avec deux tailles de bracelet lorsque vous prenez ce bracelet sport : S/M et M/L. Et ensuite, une fois que j’ai bataillé pour attacher ma montre, je trouve le port confortable

A l’arrivée à la piscine, je choisis Exercice, puis nage en piscine, je peine un peu à régler la longueur du bassin, les éclaboussures compliquent franchement l’utilisation d’un écran tactile et je trouve tellement plus simple de presser un bon gros bouton pour démarrer une activité comme sur ma Forerunner 935.

Je fais ma première série et je sais tout de suite que ça va être un test « grandeur nature » : beaucoup de monde dans la ligne, des allures différentes, du monde au bord du bassin. Je finis mon premier 400. La montre a bien compté 8 longueurs mais je vois 199m. Je suppute qu’elle a pris 25 m comme longueur de bassin alors que je m’étais escrimé à régler ça :/ Et puis, à quoi bon compter les distances ainsi ?

Truc super : pas besoin de signifier qu’on fait une pause, la montre le détecte et ça a l’air de bien fonctionner. J’apprécierais un écran de pause lorsqu’on est arrêté justement. Là, l’écran est le même que pendant l’activité : le chrono qui défile à toute vitesse avec les centièmes (ça en jette mais franchement ça ne sert qu’à attirer le regarde inutilement), les calories dépensées (OSEF +++ mais je sais que ça intéresse des gens alors même que les algos qui calculent ça sont nébuleux au bas mot, d’ailleurs Apple devrait plus communiquer là dessus avec son super labo sportif), le nombre de longueurs (OSEF bis !) et la distance (redondance avec le nombre de longueurs). De même, l’animation en vert fluo est inutile et moche.

En ouvrant le mode d’emploi, j’ai vu qu’on pouvait personnaliser un peu cet écran :

Pour arrêter le chrono, il faut appuyer simultanément sur la couronne et le bouton. Pas super super. J’aurais vraiment préféré que la couronne devienne un start/stop classique en activité. Une fois en pause, vous pouvez tenter votre chance pour swiper vers l’écran de gauche pour arrêter ou reprendre l’activité. L’écran de droite contrôle la musique, peut-être sympa si ça fonctionne avec des écouteurs BT étanches. A voir.

Ces questions d’ergonomies passées, voyons comment la montre s’en sort dans la reconnaissance des nages et des distances. J’ai nagé majoritairement le crawl, la brasse et péniblement une longueur de dos crawlé. J’ai varié les allures et le style de coup de bras, j’ai fait des virages ouverts et des culbutes.

Je peux vous dire pour avoir compter et utiliser ma Forerunner 935 en parallèle, que j’ai nagé 2000 m en 37’55 » et que je me suis arrêté 4’07 » au bord du bassin. J’ai fait 37 longueurs en crawl, 2 en brasse et 1 en dos crawlé.

L’Apple Watch a compté 41 longueurs. Passons sur le décalage entre 25 et 50m pour le bassin, c’est sans doute de ma faute. L’AW a compté 2 longueurs en dos crawlé et 2 en brasse et 37 en crawl. L’algorithme de calcul des calories donne 450 kcal au total dont 400 en activité, subtile distinction.  Je ne regarde jamais cette donnée mais ça me semble cohérent. Garmin donne le même genre de résultats (sauf quand la ceinture HRM-swim glisse/déconne). Concernant le décompte des mouvements, ça colle avec Garmin. Sauf qu’Apple compte le mouvement du bras droit et du bras gauche dans « cycle de bras », là où la plupart des gens couplent bras droit et bras gauche dans UN cycle. Ainsi selon Garmin, je fais 27 cycles par 50m, soit approximativement 31/min, là où appelle m’indique 53 cycles par 50 m. Détail terminologique. L’AW m’indique 109 bpm moyen selon le capteur optique. Ca me parait un peu bas mais c’est plausible. Garmin est dans les choux pour cette séance car ma ceinture HRM-Swim était complètement plantée (fréquent)

Ensuite, la lecture des données : je n’aime pas du tout le design de l’app Watch et encore moins selui de l’app Activités. C’est pour moi d’une laideur infâme toutes ces couleurs criardes. En plus, je découvre qu’Activités compte en double mes activités issues de Garmin Connect sans que je sache pourquoi. Ce genre de bugs m’agace mais je vais passer outre car la collecte de mes données sportives est consolidée par la tenue « manuelle » de mon logbook.

Retour à la piscine le lendemain, un peu moins de monde, je suis plus rodé avec la montre et elle s’en sort très bien :

L’écran de la montre s’éteint pendant l’activité mais si on le touche dans l’eau il s’allume, la lisibilité est excellente vue la brillance de l’Apple Watch.

Bref, du bon et du moins bon. Je n’attends rien de l’Apple Watch en matière de sport puisque la Forerunner fait très très bien le travail. Je sens qu’Apple a quand même de quoi satisfaire bon nombre de gens avec sa Watch.

P.S. je n’ai pas pu tester si la montre recevait des données par la connexion cellulaire car je suis chez B&You et que je ne ressens pas le besoin de changer pour disposer des fonctions de datas sur la montre en autonomie. Si j’ai l’info, je vous la ferai suivre.

Des vacances sportives à Morzine

Je reviens de vacances sportives à Morzine et je trouve que c’est vraiment un super endroit pour s’entraîner l’été.

Pourquoi ?

  1. Il y a tout ce qu’il faut pour pratiquer le triathlon : un très beau lac de montagne (température entre 18° et 20° ces dernières semaines), une piscine avec un bassin extérieur de 50 m pas trop chargé, un bassin intérieur de 25 m, des sentiers à l’ombre sur le plat, des sentiers de trail pour manger du dénivelé et du travail en excentrique, des cols à grimper en vélo de difficultés variés avec des paysages de rêve.
  2. La ville est petite, c’est facile de circuler à pied, il y a tout ce qu’il faut en matière d’hébergements, restauration, etc. (Avec mon petit favori : le Satellite Coffee) Des boutiques de sport et de vélo à gogo (grosse activité de VTT de descente avec ses gladiateurs-bikers)
  3. Pour s’y rendre, l’autoroute blanche vous dépose à Cluses et après y’a seulement une trentaine de minutes de route de montagne. L’aéroport de Genève est à une heure quinze avec beaucoup de services de navettes. Le train peut aussi vous amener à Cluses mais là je crois que ça relève plus du tortillard.

J’ai passé une semaine où les entraînements de sport étaient réglés par Amelia et Joe de Buzz Performance, ils gèrent super bien l’équilibre entre entraînement et vacances. J’ai ainsi pu caser une des mes plus grosses semaines d’entraînement avec un pic de CTL sans me sentir exténué comme je peux l’imaginer dans certains autres « camps ». Ils sont australiens et 90% de leurs clients sont anglo-saxons, c’est donc une bonne occasion de pratiquer aussi votre anglais pendant des vacances sportives. Je les trouve vraiment super, je vous conseille de faire une semaine avec eux, vous ne le regretterez pas : tout est smooth, bien réglé, il n’y a pas de pinaillage à la con, c’est nickel !

La semaine s’est conclue par le Triathlon International du Mont-Blanc qui se déroule à Passy. J’ai fait le format M (olympique). Les cuisses étaient bien dures en arrivant, donc, pas d’exploit attendu mais la volonté de gagner en expérience que ça soit dans les transitions et surtout en natation.

Bon, j’ai fait ma coiffeuse au départ de la nat’ en me plaçant vraiment trop loin et j’étais scotché derrière une horde de brasseurs… j’ai gromelé comme un putois avant de trouver un moyen de faire l’extérieur et de prendre plus de plaisir. Sur la fin, l’eau me paraissait trop chaude (22°) ! La sortie de l’eau se passe bien, la combi est vite enlevée grâce au tartinage intensif d’huile d’amande douce et je monte plutôt bien sur le vélo compte tenu de mes chaussures de tri un peu foireuses (neuves et pas trop à mon goût mais vous connaissez sans doute l’histoire…) Ensuite, je ne regrette pas d’avoir mis les prolongateurs car je me sens vraiment bien posé, j’ai du mal à trouver mon souffle car j’ai essayé d’accélérer sur la deuxième partie de la nat et la transition, mais les jambes vont bien. Je rattrape du monde, on m’annonce 54, je suis étonné vu la médiocre nat’, j’avance, je reprends encore quelques cyclistes qui semblent en force, zigzaguant dans les 10% de la pente vers Plaine-Joux. L’effort est difficile, le cardio s’envole dans la chaleur (il est alors à peu près 15h). Je tiens le cap en matière de puissance, je me doute que mon NP tombera au cours de la descente mais je peux guère appuyer plus (je ciblais 220 W soit 88% de mon FTP). Il fait un peu moins chaud en haut, ça fait du bien, un verre d’eau sur la tronche et hop la descente, je suis prudent, étant peu à l’aise dans cet exercice. Ceux que j’avais repris reviennent et me dépassent. Certains sont vraiment au taquet, avec une route ouverte, je leur souhaite bonne chance ! La descente est assez longue, ça permet de retrouver mon souffle mais pas trop de s’alimenter ou boire, je suis concentré sur la trajectoire. On sent la vague de chaleur monter de la vallée, la CAP va être chaude… Sur le plat avant la fin j’en rattrape quelques uns, et je gère pas trop mal ma descente du vélo. Transition OK, je prends le temps de vider mes gourdes. Démarrage de la CAP par une douche : merci l’orga ! Mon souffle est court, les cuisse sont un peu raides, je suis dans un bon rythme mais plus lent que celui que j’escomptais, j’espérais du 4:30 je suis plutôt à 4:45 et la FC est franchement haute, je décide d’attendre de voir comment je me sens. Le soleil tape, un petit point de côté se fait sentir, c’est pas facile, suis un peu collé. Je reste néanmoins bien gainé et je rattrape quelques concurrents dont la troisième fille (un grand classique pour moi). Sur le deuxième tour, je me sens toujours ok, pas beaucoup de marge mais je tiens le rythme. Je ne pète pas. Petite accélération pour finir (inspiré par nos champions 😉 et voilà, suis content, j’ai bien couru malgré le peu d’entraînement et les cuisses démolies par le vélo et le trail. A l’arrivée, le ravito est top : sucré, salé, pastèque, bouteille de Vichy à disposition, douches, arrosage, mini jacuzzi, kinés, c’est vraiment top ! Y’a même une petite machine qui vous livre le ticket de caisse avec votre classement et les différents temps de passage ! Merci l’orga, merci les bénévoles ! Je vous conseille ce tri +++ Surtout aux machines grimpeurs/voltigeurs comme Benoît L !

Musculation ou endurance pour perdre du poids

Voilà une question qui revient souvent : vaut-il mieux accentuer ses efforts sur des exercices de force, intenses ou sur de l’endurance lorsque l’on veut perdre du poids ?

Les partisans de l’endurance racontent que cet effort est idéal car le métabolisme consomme plus de lipide à basse intensité. Les partisans de la musculation prônent l’augmentation de la masse musculaire qui augmentera le métabolisme de base et in fine devrait vous aider à faire pencher la balance côté dépenses. De plus, après les efforts de haute intensité (HIIT) genre cross-fit ou functional training, il se raconte qu’il y a de la consommation d’énergie après l’effort pour rétablir l’homéostasie.

J’ai cherché de quoi consolider ces memes qui se diffusent dans un « camp » et dans l’autre. Bon. Je suis resté un peu le bec dans l’eau. Pubmed m’a donné cette méta-analyse assez récente :

J’ai continué de lire les abstracts. Je vous résume l’affaire : y’a des petits signaux positifs pour HIIT mais c’est pas la Révolution et souvent l’adhésion au long cours est au bas mot décevante.

En gros, je pense que ce qui compte c’est encore une fois un truc simple : avoir de l’activité physique et s’y tenir. Marcher c’est bien ! Si c’est la première étape pour une activité physique plus intense, alors c’est super. Mais le HIIT a voulu nous vendre le concept qu’avec moins de temps on pouvait faire pareil voire plus. C’est attirant, un gros effort, assez bref, et notre corps a assez travaillé, on peut passer à autre chose. Moi, je crois que ce qui fonctionne c’est de trouver le truc qui va nous plaire pour y adhérer et faire que ça puisse devenir une routine où les petites contraintes s’effacent petit à petit pour devenir une habitude plaisante. Il y a aussi pas mal de gens à qui le côté sport/club/compét’ fait peur. J’ai eu une discussion intéressante à ce sujet avec un de mes meilleurs potes médecin de santé publique. C’est quelque chose que je sous-estimais. Je pensais que la notion de club de sport résonnait avec convivialité et amitié mais c’est vrai que rejoindre un club n’est pas forcément évident, faut s’accrocher pour rentrer dans les cercles (no pun).

L’activité physique reste un levier indispensable pour diminuer votre poids si c’est votre souhait. Sachez accepter la vision à long terme sur plusieurs années en ayant l’humilité de commencer piano sano. Mais, allez-y : en marche ! (oh oh oh) Rien ne sert d’attendre demain !

Un dernier pour la route :