Conseils pour la préparation de l’examen national classant (ECN)

J’écris ce post car je vais bientôt arrêter de faire des conférences. Je suis actuellement chef de clinique des universités – assistant hospitalier et j’ai adoré faire des confs pendant ces six dernières années. Je n’ai pas particulièrement brillé en 2004 lors de mon ECN, mais en finissant dans les 500 premiers, j’ai pu choisir ma spécialité et ma ville tout en gardant un bon rang de classement dans la discipline pour obtenir les stages voulus tout au long de mon cursus d’interne.

La préparation à l’ECN vous met sur les rails de votre futur exercice, vous avez donc une chance importante à saisir : si vous démontrez votre motivation vous pourrez avoir l’exercice médical de votre choix où vous voulez !!!

Ce fut une expérience humaine riche à la recherche de la meilleure méthodologie possible pour guider les groupes dans de longues et laborieuses soirées. Trouver un équilibre entre clowneries, remontrances et ton distant n’a pas été facile. Je crois simplement à ces quelques principes : il n’est pas utile de stigmatiser un étudiant même s’il a un mauvais comportement par deux trois blagues vexantes, en effet ce dernier deviendra peut être mutique mais il ne suivra plus la conf : un étudiant de perdu. Le truc que j’ai trouvé le plus utile en cas de groupe chahuteur c’est de tout simplement parler de moins en moins fort sur un ton de plus en plus monocorde, quand les étudiants n’entendent plus le conférencier, le bruit du groupe s’autorégule. Je ne m’attardais pas non plus dans les réponses laborieuses pour ne pas laisser le carabin s’empêtrer dans ses hésitations et ses doutes, j’ai toujours essayé de féliciter les meilleurs réponses tout en modérant un enthousiasme parfois débordant du programme. Il faut aussi savoir mettre l’emphase sur les grosses bêtises : c’est une chance d’avoir fait une grosse boulette dans un dossier car l’erreur marquera pour longtemps…

Alors quels conseils pour la préparation de l’ECN ? Il n’y a pas de vérité, il n’y a pas de méthode miracle. J’ai simplement synthétiser ici les principaux maux et remèdes que j’ai rencontrés ces dernières années.

La conférence est une chance de se tester.

Trop d’étudiants arrivent à la conf déboussolé, fatigué avec en tête des révisions extrêmement fraiches sur la discipline du soir. J’ai personnellement vécu les confs comme la meilleure opportunité avec les bons stages d’apprendre la Médecine. Durant mon deuxième cycle j’ai donc focalisé mon énergie sur des stages prenant et sur les conférences. J’essayais de m’astreindre à réviser les disciplines longtemps avant la conf, en essayant de les coordonner plutôt avec mes stages. Ainsi je saisissais deux chances : celle de poser des questions en stages aux toubibs pros de la discipline et celle d’avoir le temps d’oublier les détails pour me tester sur ce que j’avais retenu et que je tenais pour quasiment acquis. Un message important est donc à retenir : ne réviser pas votre la conf la veille, il ne sert à rien de tester votre mémoire à court terme. Ca ne sert à rien d’être en tête au premier kilomètre d’un marathon…

Sachez vous écarter un peu de vos potes.

Vous êtes étudiant en médecine : vous êtes donc passer à travers le filtre d’un concours très sélectif, vous avez donc démontré une importante capacité de travail ainsi qu’une grande maturité à 18-20 ans. N’oubliez pas ceci !! Ne vous laissez pas aller à des enfantillages dignes du CE2. Bossez avec ses potes c’est plus motivant, papoter avec eux lors des confs est une perte de chance pour vous tous. En dehors des confs, je vous invite évidemment à travailler en petit groupe c’est plus motivant et il y a toujours un ami plus fort dans telle ou telle discipline qui pourra vous expliquer ce qu’il a compris ou vu en stage. Ca n’est pas votre voisin qui va vous piquer votre place à l’ECN !

De la qualité que diable !

Le chemin qui mène au succès est un peu long et difficile, on en convient tous. Je pense qu’il est agréable de le ponctuer de moment de pause bien calculés et riche en pouvoir régénérant : séances de sport bien active pour se défouler, bon repas de qualité, un concert qui déchire, etc. Ce n’est pas parce que l’on travaille un objectif important qu’il faut arrêter de vivre. Il est important de conserver un équilibre dans sa vie. Privilégiez la qualité à la quantité de travail. Ainsi ça ne sert à rien de se coller le cul 10 heures sur sa chaise pour relire un thème long et difficile (au hasard les hépatites…) avec de nombreux moment de rêveries, plein de coups de stabilo mais rien de nouveau et de précis en tête pour répondre correctement aux dossiers. Le corollaire de ceci est qu’à mon sens lorsque vous vous entrainez sur des dossiers, il est utile de les faire très sérieusement pour vous tester véritablement et bien retenir vos erreurs lors de la correction. A mon sens il vaut mieux faire deux dossiers correctement que d’en lire cinq en diagonale.

Entrainez vous à bien présenter vos copies.

Je reviendrai plus longuement sur la présentation des copies par la suite. Simplement comprenez bien ceci : vous êtes jugés sur une dizaine de cas. Vous travaillez pendant 2 à 3 ans, et en 12 heures d’épreuves l’affaire est dans le sac… Il va donc être extrêmement important que vos copies mettent très bien en valeur la richesse de votre réflexion. Imaginez bien que les correcteurs ont peu de temps à accorder à votre copie, vous avez beau être le meilleur et le plus cool et le champion des acidoses tubulaires votre copie sera quand même analysée en deux minutes. Il faut donc écrire le mieux possible, de façon aérée, assez grand pour une lecture sans effort. Si les éléments les plus importants sautent aux yeux du correcteur, il sera heureux de ne pas avoir à faire d’effort et aura probablement plus d’attention disponible pour retrouver un petit point égaré.

La suite bientôt 🙂

La plongée en apnée. Physiologie. Médecine. Prévention.

Ce traité de médecine subaquatique dédié à l’apnée est excellent. Son auteur a une expérience incroyable du sujet et il fait incontestablement preuve d’un grand talent pédagogique pour nous transmettre ses connaissances.

L’historique nous situe bien dans le temps et l’espace les origines de l’apnée (bassin méditerranéen et asie du sud-est)

Ensuite l’auteur rappelle les principes de l’immersion puis évoque la physiopathologie de la plongée en apnée en disséquant l’accidentologie et en proposant des moyens préventifs.

En résumé, on peut retenir que :

  • l’immersion mobilise d’importants volumes sanguins vers le thorax
  • la physique de l’immersion « égalise les différences terrestres de perfusion d’organes »
  • l’hyperventilation prolonge certes la durée de l’apnée en augmentant la réserve alcaline mais précipite le sujet en zone de risque pour un événement anoxique
  • il existe une très grande variabilité intra et interindividuel de l’hyperventilation
  • les accidents anoxiques sont le résultats de la conjugaison de la perte de l’alarme acide (du fait d’une hyperventilation préalable) et de la consommation d’oxygène pouvant se majorer par l’effort lié à la remontée ajoutée de la diminution de la pression barométrique à la remontée faisant dramatiquement chuter la pression partielle en oxygène dans le sang et les alvéoles pulmonaires
  • l’hyperventilation favorise également une vasoconstriction cérébrale sensibilisant le cerveau à la souffrance hypoxique
  • il faut absolument éviter les plongées en apnées répétées car
    • l’équilibration du CO2 stocké durant l’apnée sur les tampons mets plus d’une dizaine de minutes à s’équilibrer en surface
    • l’exposition à un risque d’accident de décompression augmente rapidement (stockage d’azote dissous dans les tissus au fil des plongées couplé à une remontée rapide)
  • la bradycardie liée à l’apnée est peut être un phénomène de préservation de la consommation de l’oxygène héritée de l’évolution
  • la bradycardie d’immersion en apnée est déclenchée par l’apnée et l’immersion de la face en eau froide
  • la bradycardie peut être associée à d’autres phénomènes électrophysiologiques tels que des extrasystoles ventriculaires ou des troubles de conductions pouvant être incriminés dans la genèse de certains accidents (rare mais possible)
  • la bradycardie du plongeur en apnée est associée à une vasoconstriction musculaire intense
  • le lactate généré dans le muscle, libéré à la levée de la vasoconstriction musculaire en fin de plongée potentialise la chute du pH et l’augmentation de la PaCO2 du fait des tampons relarguant du CO2
  • les gastralgies sont un effet de l’immersion et des variations de pression hydrostatique

En conclusion, l’auteur rappelle que l’apnée doit être un sport encadré médicalement. Et il prodigue ses conseils :

  • il faut limiter l’hyperventilation à 3-4 mouvements respiratoires amples,
  • il faut limiter la durée de l’apnée à 90 s,
  • la plongée doit s’effectuer en binôme avec un observateur dans l’embarcation disposant de moyen de remonter le plongeur,
  • il faut limiter le nombre de plongées par heure : pas plus de 6 – 8 plongées,
  • il faut savoir réguler ses efforts lors de la remontée,
  • il faut savoir sortir de l’eau pour se reposer,
  • il faut limiter l’usage des locoplongeurs qui repoussent les limites.

La plongée en apnée. Corriol

 

Un bon article par ici :

J Appl Physiol. 2009 Jan;106(1):284-92. Epub 2008 Oct 30.

The physiology and pathophysiology of human breath-hold diving.

Lindholm PLundgren CE.

Department of Physiology and Pharmacology, Karolinska Insitutet, Stockholm, Sweden. peter.lindholm@ki.se

Abstract

This is a brief overview of physiological reactions, limitations, and pathophysiological mechanisms associated with human breath-hold diving. Breath-hold duration and ability to withstand compression at depth are the two main challenges that have been overcome to an amazing degree as evidenced by the current world records in breath-hold duration at 10:12 min and depth of 214 m. The quest for even further performance enhancements continues among competitive breath-hold divers, even if absolute physiological limits are being approached as indicated by findings of pulmonary edema and alveolar hemorrhage postdive. However, a remarkable, and so far poorly understood, variation in individual disposition for such problems exists. Mortality connected with breath-hold diving is primarily concentrated to less well-trained recreational divers and competitive spearfishermen who fall victim to hypoxia. Particularly vulnerable are probably also individuals with preexisting cardiac problems and possibly, essentially healthy divers who may have suffered severe alternobaric vertigo as a complication to inadequate pressure equilibration of the middle ears. The specific topics discussed include the diving response and its expression by the cardiovascular system, which exhibits hypertension, bradycardia, oxygen conservation, arrhythmias, and contraction of the spleen. The respiratory system is challenged by compression of the lungs with barotrauma of descent, intrapulmonary hemorrhage, edema, and the effects of glossopharyngeal insufflation and exsufflation. Various mechanisms associated with hypoxia and loss of consciousness are discussed, including hyperventilation, ascent blackout, fasting, and excessive postexercise O(2) consumption. The potential for high nitrogen pressure in the lungs to cause decompression sickness and N(2) narcosis is also illuminated.

PMID: 18974367 [PubMed – indexed for MEDLINE]Free Article

 

D.I.U. de nutrition artificielle 2009-2010

J’ai suivi durant cette année universitaire les cours du DIU de Nutrition Artificielle dirigée par Jacques Delarue et Olivier Goulet. Les cours étaient variés et tous les rappels de physiologie et de pharmaco étaient vraiment très intéressants.

En espérant que Google pointe le bout de son nez un jour par içi, je vous donne les questions que l’on a eu lors de l’examen de juin 2010 :

– Régulation du métabolisme protéique intestinal (cf cours de M Coeffier)

Lipides en NP : physico-chimie et intérêt clinique

Fibres alimentaires : nature et intérêt clinique

– Facteurs de gravité somatiques de l’anorexie mentale

Le document est ici.

De vrais bons livres…

Un bon bouquin s’en délecte et on le referme à regret. Le livre qui nous marque par sa qualité est rare, surtout car on essaye d’imaginer la somme de lecture passe-temps et autres amoncellements de chiffres et de lettres qui nous traversent la tête pour être oubliés dans la demi-seconde qui suit…
Je vous propose ici des lectures qui m’ont plu, c’est brut de décoffrage et assez hétéroclite.

Léonard de Vinci par Marcel Brion.
J’aime ce bouquin et je le relis avec plaisir car il raconte l’histoire de Léonard en conservant toute la magie du personnage. L’auteur cultive un ésotérisme qui m’a séduit. On est ici loin d’une chronologie minutée et l’univers de Léonard et ses œuvres sont étudiés à travers le voile du mystère et l’on se perd agréablement dans les entrelacs des pensées projetées jusqu’à nous par Marcel Brion.
Dans un registre plus romanesque mais très agréable, la lecture du Roman de Léonard de Vinci de Merejkowski est également un choix éclairé pour en apprendre plus sur l’artiste.

L’insoutenable légèreté de l’être de Milan Kundera.
Je ne me souviens plus du tout comment ce livre est arrivé entre mes mains et c’est dommage car j’aimerais remercier celui ou celle qui a guidé ma main vers cette lecture. Les personnages forts de Kundera sont une invitation à la réflexion et à un art de vivre qui bouleverse bien des facilités, des conventions bref une « non-vision des choses subies » sur laquelle il est intéressant de méditer pour gommer des pensées négatives inutiles. C’est très beau et on y revient avec profondeur en espérant que l’âme grandisse un peu plus à chaque fois.

et dans une philosophie tout à fait différente :

L’art du bonheur du Dalaï-Lama.
Voici le genre de bouquin que l’on attrape un peu par hasard dans une librairie. Coincé entre deux bouquins ésotériques ou mystiques incompréhensibles on peut regretter que la logique de l’édition le dévalorise ainsi… Si vous commencez sa lecture, il est fort probable que vous le lirez très rapidement et que ce livre éclaire en vous de nouvelles interrogations très simple. N’ayez pas peur, lisez le ! Un dernier encouragement pour souligner qu’aucun trait compliqué de la religion/philosophie bouddhiste n’est abordé. Foncez, lisez et profitez de ses enseignements !

Disparu à jamais d’Harlan Coben.
Si vous aimez les romans policiers et que vous n’avez jamais lu d’Harlan Coben il y a fort à parier que vous passerez un super moment en compagnie de ce roman qui se colle partout à vous dans que vous n’avez pas lu la dernière page. Dans votre canapé, aux toilettes, dans les transports en commun, dans votre bain, au boulot ! Partout, partout, partout ! Il vous obnubilera jusqu’à la fin. Un conseil important : attendez longtemps avant de passer à un autre roman de Coben sous peine de déception rapide devant la similitude de style et des histoires.

Babel Minute Zéro de Guy-Philippe Goldstein.
Ecrit par un expert en géostratégie, ce thriller politique est terrifiant. La montée en puissance est incroyable et le réalisme du scénario donne des frissons dans le dos. Quand la raison d’état dépasse la raison de l’homme… Super bouquin !

Romans et nouvelles de Stefan Zweig édité par Laffont, collection Bouquin

Les nouvelles de Zweig sont des bijoux. De l’orfèvrerie de très haut niveau, les personnages sont superbes et l’on rentre dans toutes ses nouvelles que l’on lit avec un plaisir immense. Lisez le Joueur d’Echecs , La Confusion des Sentiments, 24 heures dans la vie d’une Femme et vous ne serez vraiment pas déçus. Cette compilation est parfaite.