Trouver sa voie

L’anesthésie-réanimation est une spécialité vaste, on peut s’occuper de nouveaux-nés comme de vieux déments pour les aider à guérir d’une banale fracture ou d’une perforation de l’oesophage par un ostéophyte. Ca n’est pas facile de trouver sa voie, de savoir ce qui nous fait vibrer dans notre pratique et ce que l’on ne veut pas faire. Et il faut parfois louvoyer avant de trouver le bon cap. Aujourd’hui ça fait un mois que je suis revenu au CHU. Et je suis content 🙂

J’ai mis du temps à comprendre que l’activité médicale que je préférais était ici, auprès des patients opérés de chirurgie digestive « lourde ». Ici, une grande spécificité est l’implication des médecins anesthésistes dans le post-opératoire. Nous tournons dans les services le matin pour suivre les patients au jour le jour que ça soit aux soins intensifs ou en salle « standard ». Le soir, à la contre-visite, on fait la synthèse avec le chirurgien d’astreinte. Cette organisation est contraignante mais je trouve cette activité tellement gratifiante que j’accepte les horaires. Evidemment, le CHU reste le mammouth que l’on connait avec son inertie et ses contraintes hiérarchiques mais j’ai compris qu’en portant le focus sur les points positifs plutôt que les négatifs, on vivait tout de même beaucoup mieux 🙂

Cela a donc été difficile pour moi de me connaitre suffisamment pour trouver ma voie. Dans l’imaginaire médical chirurgical collectif, l’anesthésiste est bien souvent un simple gazier doublé d’un empêcheur de tourner en rond. Ainsi les dernières années j’ai vu mes amis et collègues partir vers le libéral pour associer volume de travail et rémunération et d’autres vers des centres hospitaliers généraux… pour se préparer au libéral 😉 Ici je pense que nous apportons un vrai plus aux patients en les suivants des soins intensifs au service conventionnel. Moi qui ai hésité entre une spécialité médicale et la réanimation j’ai trouvé dans la médecine péri-opératoire un compromis que j’aime.