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Stage avec Wim Hof en Pologne, part 3

Le lendemain en fin de matinée, c’est balade en direction de Wim’s House. Je papote avec A, américano-russe sportif. On a quelques passions communes. On suit les mêmes débats stériles sur le Net sur telle ou telle façon de s’alimenter. A l’époque, j’étais très enclin à m’entrainer quotidiennement, cette petite coupure est bizarre pour moi. A est sportif régulier aussi, ça nous démange tous les deux de faire du sport. On va quand même avoir notre dose de stress cardio-vasculaire dans quelques minutes…

On arrive à la bicoque de Wim dans la forêt de Basse-Silésie près de la frontière tchèque. Il y a des bacs d’eau glacée à l’extérieur. On va avoir le droit à notre petite trempette…

L’idée est de rester un peu plus longtemps que le simple aller-retour dans la rivière hier. Si c’est techniquement un peu plus facile car l’eau est immobile et qu’on peut garder les paumes de mains sur ses cuisses (les paumes sont de gros échangeurs de chaleur), c’est quand même physiquement et psychologiquement dur car on trempe franchement plus longtemps.

La morsure du froid se voit physiquement. Je ressors mi-blanc mi-rouge comme un vieux malabar bi-goût. On fait les exos qu’on nous a appris pour se réchauffer un peu avec quelques mouvements. Et après direction le sauna ! Alors là c’est vraiment bizarre… avez vous déjà frissonné dans un sauna ? moi oui ! avec mon gabarit de sprat je suis celui qu’on voit le plus frissonner après nos expositions au froid. Avec l’adrénaline et l’effet de groupe y’a vraiment une ambiance très marrante dans le sauna où notre ami A fait tourner sa serviette en l’air pour diffuser l’air chaud. Je mets du temps à me réchauffer, c’est une sensation dingue… ce qui est encore plus fou c’est de retourner dans l’eau froide après !

Retour à l’hôtel. En fin d’après-midi, y’a une grande session de respiration collective. Pas à l’aise avec ça et pétri d’une envie d’avoir un regard extérieur, je ne participe pas. J’observe avec un oeil d’anthropologue projeté dans une drôle de tribu.

Franchement, ça fait peur. Ces mantras scandés imposent leur rythme à des dizaines de personnes qui respirent bruyamment et s’exposent à une belle alcalose respiratoire. Sur l’instant, je suis vraiment en difficulté avec cette pratique religieuse bizarre. Je ne pourrais pas à proprement parler de secte car à part le coût exorbitant du voyage, les gourous ne cherchent pas à nous pomper des sous, mais ces pratiques d’hyperventilation de groupe sont quand même furieusement inquiétantes à mes yeux. DéfromaJe ne peux m’empêcher de penser à d’éventuelles conséquences sur la vascularisation cérébrale et la kaliémie ! je me dis que dans cette centaine de personnes, il doit bien en voir quelques unes avec des antécédents médicaux sérieux…

Il y a bien un raisonnement à travers cette hyperventilation. D’après ce que j’ai compris, l’idée est venue à Wim Hof en voulant mimer la réponse à l’immersion dans l’eau froide et il a observé empiriquement que l’hyperventilation induit elle aussi une sensation de bien-être et/ou que ça lui permettait d’accéder à des émotions. Il se trouve que l’hyperventilation génère une importante sécrétion d’adrénaline. C’est l’adrénaline qui galvanise le groupe et qui est probablement la source des effets sanitaires bénéfiques clamés par Wim Hof et ses apôtres. Une exposition brève à l’adrénaline endogène, met en alerte le système immunitaire et « renforcerait la santé des individus pratiquant la méthode Wim Hof ». Personnellement je suis sceptique face à ces allégations car j’ai l’impression qu’en appuyant régulièrement sur le bouton urgence de notre corps on pourrait créer un désarment immunitaire. Je pense la même chose avec le régime cétogène. Si l’idée est séduisante au premier regard, je ne comprends pas qu’il puisse être bénéfique d’activer en permanence un mécanisme d’urgence. L’étude des chasseurs cueilleurs montrent leur habilité à trouver de la nourriture dans leur environnement. Quant aux populations arctiques, on sait maintenant qu’ils sont désavantagés génétiquement dans la production de cétones, ça va franchement à l’encontre des hypothèses des LCHF bros.

Pour revenir à Wim Hof et sa méthode, l’étude classique menée par les physiologistes hollandais est :

Cette journée se termine sur une forme de malaise pour moi. Je suis amusé par le défi physique d’aller dans l’eau froide mais je n’aime pas la recherche d’émotions ou de sensations bizarres à travers l’hyperventilation. Je vis une forme de conflit interne…

 

Une réponse sur « Stage avec Wim Hof en Pologne, part 3 »

Salut !
Même chose que toi, je suis pas un hyper fan de Wim Hof, et surtout ces trucs étranges d’hyperventilation.

Des recherches récentes étudient l’hypothèse que le corps sait se mettre dans état de santé optimale à court terme dont les répercussions arriveraient ensuite à long terme.
En gros, il sacrifie de l’espérance de vie globale pour mieux surmonter des épreuves à court terme.

J’ai donc le même raisonnement que toi vis à vis de ces techniques d’hyperventilation et du régime cétogène : les sensations de bien être sont sûrement virtuels, et ne font que cacher/masquer quelque chose.

Il n’y a qu’à voir n’importe quel sportif de haut niveau, lorsqu’il fait sa coupure annuelle de quelques semaines, il se part toujours quelque chose, énormément de problèmes apparaissent dans ces moments, comme si le corps « mettait de côté ».

Donc bon, prudence.

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