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Stage avec Wim Hof en Pologne, part 4

Les alternances de haut et de bas vont se poursuivre en ce troisième jour. Le matin commence très fort. On sort marcher dans la neige en maillot de bain, pieds nus. On se tient tous par la main. Comme s’il fallait entrainer son voisin dans ce truc débile. On se rend à quelques pas de l’hôtel au bord de la rivière. Et évidemment, chacun saute dans l’eau à tour de rôle. Le principe mission commando ne m’effraie pas mais la morsure du froid sur mes pieds est vraiment très forte. Et manque de bol, je suis dans les derniers de la queue-leu-leu.

Heureusement, à l’époque je n’avais pas encore lu les excellents articles d’Alex Hutchinson sur le sport dans des conditions froides parce que j’aurais trouvé encore plus débile ce que nous étions en train de faire. Il semble que le froid intense peut laisser des blessures tissulaires très difficiles à régénérer et que la notion d’entrainement au froid ou d’adaptation au froid est assez fumeuse.

Je saute dans l’eau, les copains sont contents, moi je me dirige vite vers la sortie parce que je me sens en danger. Mon cerveau médical est peut-être trop allumé et je ne profite pas de la débilité de groupe mais c’est ainsi… lorsqu’on rentrera à l’hôtel je me calfeutrerai dans mon gros sac de couchage et je frissonnerai de longues minutes avant de récupérer… Il devrait y a voir un cut-off en matière de masse grasse corporelle pour participer ou non à un stage chez Wim Hof…

Je ne me souviens pas trop si après ça en fin de matinée on a fait du « breathing ». Je crois que oui, genre encore grande séance collective ou on tient la main de ses voisins. Pour moi ça ressemble à de l’auto-hypnose, je pars dans mes rêveries, dans des endroits que j’aime bien… je me souviens avoir pensé à la montagne de Ressachaux… je remix un peu le truc à ma sauce… sans hyperventiler comme un fou. La fin d’après-midi sera plus joyeuse parce qu’on repart se balader dans la neige. Toujours en petite tenue mais on a le droit aux chaussures, gants et bonnet, ce qui change tout en matière de régulation thermique. Là, on se marre bien, on fait les cons en mode carnaval de Dunkerque. Cette promenade est sensé nous préparer au grand objectif du séjour : monter le long du flanc du mont Sniejka dans la même tenue. L’un des premiers exploits de Wim avec des petits groupes de stagiaires. Un reportage là dessus est le premier souvenir que j’ai de Wim Hof d’ailleurs.

Je ne sais plus si c’est ce soir là ou le lendemain mais on enchaine sauna et petite fête et on rigole plutôt bien. Je suis moins crispé quand on s’expose au froid modérement. J’ai moins l’impression qu’un drame médical va survenir. Le 15 janvier, c’est la fameuse ascension. Franchement, c’était pas grand chose, on a marché une heure et demie dans le froid, c’était gérable. Quand je regarde le plan aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on a juste marché jusqu’à un resto ! J’ai un peu l’impression d’être un gamin qu’on a emmené chasser le dahu mais peut importe, c’était fun. Lors de cette balade, j’ai remarqué que Wim portait un sac « seek discomfort » Il s’avère qu’il s’agit d’un groupe de créateurs You tube qui sont venus en stage chez Wim juste avant nous, leur vidéo peut vous donner un témoignage des lieux et des personnes tels que je les ai connus lors de mon séjour. (16 millions de vues !!)

Le lendemain, le truc dont je me souvienne c’est ce cercle que notre groupe a formé immergé dans la rivière glacée. C’était dur physiquement mais un bon moment de cohésion. J’ai l’impression qu’on a lissé nos peurs et nos attentes du séjour et qu’une petite joie simple s’est installée. De même quand on a fait une balade nocturne silencieuse qui se terminait dans un grand feu de joie. J’ai l’impression que ces moments collectifs « primitifs » font résonner des trucs en nous. Peut-être juste que ça parle à notre imaginaire, peut-être que ça parle à notre biologie… Immédiatement après le séjour, je flottais chez moi et au boulot avec cet agréable sensation d’avoir été vraiment dépaysé et transformé par ce séjour. J’ai un tout petit peu continué à me tremper le cul dans un bac d’eau froide puis j’ai délaissé cette pratique… Je n’ai pas l’impression d’avoir été arnaqué mais je reste avec l’idée que ces pratiques sont dangereuses. Il n’y a pas trop de gags car il y a finalement peu de stagiaires, assez jeunes et solides. Mais franchement, je peine à croire que le rush d’adrénaline soit formidable pour le coeur quinquagénaire d’un coronarien qui s’ignore par exemple… de même les discours anti-société qui éloigne des soins médicaux scientifiques, on sait où ça mène… (d’ailleurs un jeune instructeur hollandais du stage a fait une vidéo de son séjour à l’hôpital pour covid, avec O2 et cie, merci la super immunité !)

Je pense que ce genre de voyage est intéressant, je suis plus sorti de ma zone de confort mentale que physique (quoique ?) et j’ai ressenti (temporairement) un truc très positif en moi mais ils ne m’ont pas converti. Je pense avoir enfin écrit ce que je voulais écrire sur Wim Hof, je ne veux pas faire de diatribe, j’ai aimé des choses, je n’en aime pas d’autres. Comme d’habitude, je pense être fidèle à mes valeurs en questionnant les choses. J’espère vraiment que ces écrits pourront servir à quelqu’un. Moi j’ai été un peu traumatisé par des écrits diabolisant Wim Hof (par un mec assez bizarre qui fait de l’hypnose de rue… tout ce que j’aime…) et j’ai voulu avoir ma propre opinion. C’est fait.

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