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Compte-rendu du triathlon de Morzine-Montriond

Le samedi 27 août 2022, l’équipe de Buzz Performance a sauvé ma saison sportive grâce au triathlon de Morzine. Je les connais pour avoir  découvert Morzine grâce à eux en 2016. Je me souviens de ce dimanche de printemps où j’ai appris par mail la date de ce triathlon qui pouvait coller avec mes vacances. J’étais déprimé après avoir décider de ne pas participer à la RAF 500 et j’ai tout de suite vu une opportunité de me relancer. Je me suis donc inscrit et je retrouvais un cadre pour rester régulier dans les trois sports.

J’ai passé des vacances sportives les trois semaines précédents le triathlon ce qui m’a préparé convenablement (rien de foufou non plus, en 2019, je montais à 2000 de charge Garmin pendant les vacances ! là c’était plutôt 700-1000). La préparation était très « au feeling », pas de vrai tapering non plus, la montagne est trop belle pour m’empêcher de crapahuter les jours précédents… Il n’y a que la veille où je n’ai rien fait, j’en ai profité pour faire mes bagages (je quitterai Morzine juste après le triathlon, snif pas de place sur place, le championnat du monde de VTT aux Gets a saturé les logements) et préparer le matos pour le triathlon. Heureusement, le format M rend les choses assez simples niveau alimentation mais je suis quand même un peu rouillé dans l’organisation (pas de tri depuis septembre 2019 !)

Le départ est à 10h30 dans le magnifique lac de Montriond. C’est top un départ « tardif » comme ça pour une reprise, ça évite la prise de tête du petit-déjeuner très matinal et un rush à la sortie du lit. La lumière est vraiment magnifique et je suis sincèrement ému de faire un triathlon dans un si bel environnement. Je fais mon woowoo Mark Allen style en prenant les bonnes énergies de cet endroit que j’aime tant. Efficace dans le début de mon installation en T1, je me laisse un peu trop à rêvasser (forcément j’avais 90 minutes avant le départ) et je loupe une camionnette qui devait emmèner mon sac d’après course à Avoriaz. Le problème est vite résolu, ces anglo-saxons qui organisent sont vraiment très sympas et arrangeants.

Il est l’heure d’aller écouter les briefings et d’encourager les partants du triathlon S. L’ambiance est sympa, je papote avec quelques personnes…

Je m’équipe enfin pour aller à l’eau. Je me sens engoncé dans ma combi. J’ai pris un peu de poids en faisant de la musculation et bien que j’essaye de mettre au mieux ma combi, je me sens à l’étroit pour tourner les bras. Je rentre enfin dans l’eau. Je ne suis pas surpris par le niveau de l’eau plus bas que d’habitude et la température, j’ai quasiment fait le triathlon de façon découpée les jours précédents. (C’est vraiment super de connaitre totalement le parcours avant un tri, surtout quand il y a tant de difficultés !)

On s’aligne pour le départ, c’est un peu long d’attendre en mode poloïste que le départ soit annoncé. J’ai l’impression d’être un peu trop prêt des premiers… tant pis ! par contre je vois des athlètes vraiment proches du rivage, j’ai l’impression que ça va rallonger pour eux…

Le départ est donné ! comme prévu ça chahute mais rien de traumatisant, juste perdu l’habitude ! je respire surtout devant pour m’orienter, je régule l’allure pour ne pas exploser surtout que je ne me suis pas assez échauffé. Rapidement, je suis déçu de mes sensations, la rotation de bras est difficile. Dont acte, je me concentre sur le décor et les bouées en me disant que je vais trouver mon rythme. Après le premier virage ça va déjà mieux. Il y a tout un groupe juste devant moi, c’est dommage que je ne sois pas assez fort pour accrocher ces pieds… je fais ma route tout seul, peu de monde autour de moi, je me demande même si je ne suis pas fort à la traîne tant je suis seul. Le deuxième tour est un peu mieux niveau sensations. J’accélère même pour le plaisir dans la dernière ligne « droite ». C’est pas rationnel mais je m’amuse à rattraper un gars devant, c’est la testostérone, on y peut rien 😉

La sortie de l’eau est vaseuse puis raide, c’est bon pour le cardio qui est déjà au taquet ! En T1, transition souple et c’est parti pour un beau vélo !

Mon agilité à enfiler les chaussures sur le vélo est un peu rouillée mais ça passe ! Je crois entendre que je suis dans les 25 en terme de classement, ça me parait super bien, je suis content et étonné ! La première partie en vélo est la plus facile mais ça monte quand même ! pas de répit, le cardio sera au taquet du début de la nat’ jusqu’au sommet de Joux Verte ! Je me cale sur une cible de puissance qui me parait raisonnable, quelques athlètes me dépassent, on s’encourage. Je les trouve balaises d’y aller si fort vu ce qui nous attend mais ils savent ce qu’ils font puisque je ne les reverrai pas ! La montée de Joux Verte est belle, entre ombre et lumière je suis à l’aise. Je bois très régulièrement mon Maurten toutes les 5 minutes et la montée se passe bien, y compris le slalom entre les biquettes et les touristes aux Lindarets. Ma puissance développée n’est pas folle, je ne me sens pas assez fort pour faire plus, le souffle est trop court. En tout cas ma cadence de jambes est bonne puisqu’un gars d’Aix Triathlon me le fait remarquer. C’est bon signe ! vaut mieux ça que d’être collé à appuyer en force 🙂

La descente vers Morzine arrive, je peux enfin respirer ! le coeur redescend enfin aux environs de 120 bpm. J’ai plaisir à faire la descente alors que ça n’est pas ma spécialité. Je suis aidé par le gars d’Aix qui ouvre la route devant moi. Je pense que j’ai du faire une de mes meilleurs descentes d’Avoriaz. En bas, tour de rond-point, encouragements d’Amelia de Buzz Performance que je prends avec plaisir et c’est parti pour le gros morceau : la longue et régulière montée d’Avoriaz. Y’a quand même 12 bornes de montée soit environ une heure d’effort soutenu. Bizarrement, les sensations sont mauvaises dès le début de la montée. J’ai mal au dos, j’ai du me crisper sans m’en rendre compte dans la descente. Je sais que mes muscles lombaires sont un point faible à bosser… là je le ressens +++ et lorsque je passe en danseuse ça va mieux, j’alternerai donc beaucoup dans cette longue montée d’Avoriaz que je ferai tout en solo. C’est mentalement difficile de me sentir faible mais j’en appelle à la force de Ressachaux et des Hauts-Forts à ma droite pour m’aider à passer le cap. J’arrive au rond point d’Avoriaz en 54 minutes, ce qui est tout à fait honorable sachant que je suis monté quasi à fond en 52:37 la semaine précédente et que j’ai un record en 49:09 en 2019 où j’étais très très en forme. Vu mon manque de « jus » c’est satisfaisant.

Arrive T2, là aussi transition correcte mais je sens bien les ischios défoncés ! Je sais aussi pour l’avoir repéré que le début de la course à pied est terrible pendant 600 mètres. J’y vais donc très mollo (de toute façon je n’ai plus vraiment de vitesse supérieure à offrir). C’est vraiment dur de démarrer par une montée sèche mais ça passe au courage ! Arrive de la descente, j’aimerais bomber mais mon corps ne veut pas vraiment ! Bon gré, mal gré j’arrive quand même à la sortie du centre-ville d’Avoriaz au niveau du téléphérique avec une allure honorable. La longue montée autour du lac est devant moi, un chemin de cailloux qui aurait été démoralisant si je l’avais découvert le jour J. Je ne regarde plus la montre pour rester zen tant j’avance à une allure d’escargot. Allez faut tenir jusqu’au bout du lac, après ça déroulera en descente et finish au mental !

Le retour en descente est technique, je suis content d’avoir prix mes vieilles Xodus baroudeuses qui passent partout. Je me paye un beau début de crampe en posant le pied dans un trou un chouïa plus profond que je ne pensais. Je gueule comme un âne et je me souviens d’Antoine qui dit qu’il accélère quand la crampe est là, je pense donc fort à mes copains Antoine et Nadège ainsi qu’à mes proches pour en remettre une couche au moment le plus douloureux de la course ! ça paye ! activation du mode guerrier et je descends du mieux que je peux ! dernier raidard en ville avant d’apercevoir la ligne d’arrivée, seuls hectomètres que je n’avais pas repérés, je suis surpris par une nouvelle section de gravier ! les salopiauds ! jusqu’au bout ils nous mettront au défi !

Je passe la ligne heureux d’avoir pu courir dans un si bel endroit ! Je fais un temps honorable, dans ce que je pensais possible sans bonne ni mauvaise surprise (je suis relou à trop bien me connaître 😉 ! Si le chrono est modeste, je suis quand même fier de moi vu l’intensité ressentie qui a été très forte du début à la fin, il n’y avait pas de répit sur une telle course et c’est bien d’avoir bataillé jusqu’au bout !

Encore merci à Joe et Amelia et leur équipe d’organiser un si bel évènement à Morzine. C’est le plus beau triathlon que j’ai fait.

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