Les régimes à la con

Il pleut. Je suis en repos de sécurité. Je n’ai plus qu’à me coller près du chauffage à ma petite place habituelle. Comme un gros chat je connais les « bons coins » 🙂

Je suis content de voir de nouveaux posts dans mes flux RSS et je vais lire et surfer à partir de l’article de Fluorette sur les fruitariens et le respirianisme. Ca m’a passionné parce qu’une nouvelle fois je suis rentré en écho avec cette sensation troublante : une certaine fascination pour la découverte d’une « vérité cachée« .

C’est à mon sens un des principes classiques des pratiques extrêmes et de leur diffusion sur l’Internet. Ces sites proposent toujours une nouvelle vie extraordinaire avec des arguments pseudo-scientifiques. Le summum dans cette catégorie sont à mon sens les sites d’immortalistes américains qui soignent le cancer de leur caniche avec des méga-doses de resvératrol et qui prennent de la rapamycine (!!!) pour activer des gènes régulant des voies métaboliques limitant le vieillissement…

Je suis moi-même tombé dans certains de ces pièges, sensibles à certains discours j’ai pris pendant plusieurs mois des compléments alimentaires sous forme de multivitamines. J’avais tout un rationnel qui m’était propre mais qui n’était finalement pas si … rationnel 😉 Il faut dire que certains communiquant sur le sujet savent aligner les arguments. Ainsi lorsqu’on lit que le département de nutrition de l’école de santé publique de Harvard recommande la prise d’une multivitamine, ça achève souvent de convaincre. (Par ailleurs le site est plutôt recommandable en matière de diététique.) Le pire dans tous ça est que je me faisais l’écho de cette pratique et que j’aurais aimé que mes proches y adhèrent. Heureusement je n’ai finalement gavé personne de petites gélules ! Aujourd’hui je ne suis pas complètement sevré puisque je continue de croire à une supplémentation en oméga-3* et en vitamine D l’hiver**.

Revenons à nos sectaires. Je pense qu’il existe aujourd’hui grâce au net une diffusion et une accessibilité à des discours hypnotisant. Il en existe des caisses, souvent liés aussi à des notion de plus grande proximité avec la nature, à la notion de bien-être et développant le besoin d’une nouvelle spiritualité : frugivore, adeptes de régimes préhistoriques, tout un tas de pratiques curieuses… Bref une sorte de naturalisme exacerbé à la Thoreau (d’après ce que j’en extrapole) que l’on retrouvait aussi par exemple dans le film « Into the Wild »

httpv://www.youtube.com/watch?v=zupSm0fnG1Y

Mais tout ça ne tient pas debout. Tous ces mouvements reposent sur des écrits d’illuminés qui poussent dans des pratiques extrêmes des individus ce qui finalement les isolent des autres. Et c’est là le plus grand piège de ces pratiques. Tout l’ambiguïté vient du fait que les pratiquants recherchent un mieux être mais que leurs attitudes les isolent. Or c’est à mon sens une bonne intégration dans la société qui rend heureux. En ayant des pratiques sectaires, les adeptes de régimes-à-la-con s’enferment dans des cercles vicieux qui les éloignent de la vie en société. En tout cas c’est ma vision et ma philosophie de vie est d’être curieux de tout sans être excessif en quoi que ce soit.

La voie du milieu, voilà ce que je pense qui est bon en matière d’alimentation. Probablement que nous avons à gagner en se cultivant plus en matière de nutrition pour mieux comprendre ce qui est le meilleur pour nous. Ainsi il est probablement tout à fait positif de manger plus de fibres, de fruits et de légumes plutôt que des produits transformés, salés et gras. La difficulté réside dans le fait que ces produits gras, salés, etc. produisent toute une cascade neuro-hormonale dont l’évolution ne nous a pas encore libéré. Il est probable que dans des temps reculés ces produits plus rares étaient précieux pour nous, et il a été bénéfique que nous ayions des systèmes nous encourageants à prendre ses aliments lorsqu’ils étaient disponibles. Aujourd’hui la balance de disponibilité n’est plus la même et finalement c’est notre cortex qui doit prendre le dessus pour équilibrer nos choix alimentaires. Retrouvons un équilibre entre nature et culture !

Concernant tout le discours écolo. Là aussi ma position est mitigée et j’espère tenir un équilibre « à la cool ». Le fachisme écologique me saoule tout comme le gaspillage. J’en ai déjà causé par là à propos du livre « L’écologie en bas de chez moi ».

Enfin, j’aime bien le commentaire de Fulltrix à la fin du billet de Fluorette qui conclue que le refus de notre civilisation par les plus civilisés constitue une sorte d’échappatoire qui relève un peu du caprice de gosse de riche !

PS Wikipedia est très clair sur le respirianisme… Il est clairement assimilé à une pratique sectaire par le MILIVUDES.

* risque de FA du fait de sport d’endurance + modification de la géométrie cardiaque + auriculotomie dans mes antécédents personnels

** sous nos latitudes on est (potentiellement) carencé l’hiver. La grande question est de savoir si l’on est finalement « adapté » à cette carence hivernale ou si c’est une perte de chance pour notre organisme…

4 réflexions sur « Les régimes à la con »

  1. Puisque la nutrition vous « branche » avec les compléments alimentaires, avez-vous tenter de vous renseigner sur l’alimentation de votre nourriture (que mangent vaches, cochons, poulets sans oublier les fruits et les légumes …) ?
    Dans les années 70, pour étendre ici votre intervention sur le blog de Fluorette, les adeptes de la culture biologique étaient vus comme d’affreux doux dingues !
    Aujourd’hui, les cultures OGM remplacent les anciennes conversations pro/anti Bio.
    Les graines de lin font « recette » dans l’alimentation des bovins, le lait et les œufs avec la chaine « bleu-blanc-coeur » et si votre alimentation vous inquiète, vous pouvez devenir « cobaye » avec l’enquête Nutrinet (à trouver sur la toile ).

    Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’années et je vous remercie d’apprécier mes commentaires.

    1. Bonjour,

      oui je me suis un peu renseigné sur la chaîne alimentaire, notamment en halieutique (http://www.nfkb0.com/2011/04/09/omega-3-mercure-et-dioxine-et-decision-alimentaire/)

      Concernant l’alimentation bio mes lectures m’ont appris ceci :
      1) il n’y a pas d’amélioration palpable de la qualité nutritionnelle des aliments bio
      2) l’achat bio relève aussi/plutôt d’un acte « socio-éconologique » en achetant des produits régionaux
      3) j’ai assisté récemment à un topo de toxico alimentaire aux journées françaises de nutrition, c’est vrai que ça pose beaucoup de questions mais on est encore très loin d’avoir les réponses

      là aussi je suis un peu le cul entre deux chaises, je mange parfois bio mais je ne psychote pas. De toute manière à l’heure actuelle c’est mission impossible d’échapper à certains contaminants alimentaires et les preuves scientifiques d’éventuelles conséquences ne sont pas solides à mes yeux, ou en tout cas contradictoires

      Je connais la chaine bleu-blanc-coeur et je devine vos lectures sous jacentes (!) mais je trouve que ces produits sont très peu disponibles en magasin.

      Et enfin je fais déjà partie de la cohorte nutrinet depuis juillet 2009

      à bientôt !

  2. Bonsoir, 

    beau article que Fluorette a écrit. Il fait froid au dos. Je trouve que s’alimenter devient de plus en plus compliquer, alors que cela devrait être tout simple. Plus la science progresse plus il y a des revirements sur l’indication sur de la bonne alimentation, de se bien nourrir. Pourquoi? 

    Y a-t-il vraiment qu’une « norme » alimentaire ou pas plutôt plusieurs, comme il n’y a pas un type d’organisme mais plusieurs. J’entends par là, une idée de regime indqiue qu#avec tel aliment ou tel aliment on grossi, avec tel on maigri. Or, chez certaines personnes c’est vrai, chez d’autres non. Je pense qu’il y a des aliments qui conviiennet à chacun pour grossir, maigrir ou stabiliser son poids. Encore faut-il les trouver, n’avoir pas de carrence, se sentir bien et se defaire de l’idéologie en mode du regime. Le hic est que les indications sur la bonne alimentation sont autant changeante que le régime infaible pour son poids. Aussi le poids idéal, encore un truc qui change. Même l’IBM n’est pas correct et pourtant présenté comme l’indicateur de poids à atteindre. Comment se retrouver là-dedans sans perdre le nord ou suivre les paroles d’un mouvement?! 

    Bonne soirée 

    PS bonne dégustation  de votre gâteau bombe calorique

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