Des objets vraiment cools

Je suis récemment tombé sur un thread assez marrant sur Twitter où il était demandé aux gens d’évoquer des objets qu’ils affectionnaient vraiment. Le tweet a été supprimé, peut être que la police du style qu’il y avait un peu trop de doxa californienne dans le thread.

Les objets qui me sont venus en tête sont parfois beaux, parfois fonctionnels mais surtout il ne souffre d’aucune ambiguïté dans ma relation avec eux, bref ils ne me déçoivent pas.

  1. Les caleçons PULL-IN, marque française que j’ai découverte quand je faisais du parachutisme (un Bodi français était sponso) je ne les quitte plus. Confortable, résistant à l’usure, design qui m’amuse : j’aime. NB un revendeur -triathlète- de l’Alpe d’Huez me disait que la marque allait changer sa politique de vente en ligne et peut être ne plus faire de soldes pour favoriser ses revendeurs physiques, affaire à suivre.
  2. Les cartes en 3D de l’IGN. J’en ai déjà trois chez moi. Vous pouvez en voir une derrière moi dans ma vidéo sur la gestion de la batterie de mon iPhone. j’en ai deux en face de moi quand je m’endors, j’adore relier mes sorties sportives et la géographie (cf cette note)
  3. Ma tondeuse Panasonic. Je l’aime surtout parce qu’elle me fait gagner du temps en m’évitant d’aller chez le coiffeur. Je n’aimais pas ça, le problème est réglé depuis des années grâce à elle.
  4. Des maillots de corps contenant de la laine mérinos. J’en ai déjà parlé là. Aujourd’hui, je choisis avec un mélange de tissu car le 100% mérinos est trop fragile.
  5. Mes stylos Pilot V Ball 0.5. J’adorais remplir proprement les grandes feuilles de prescriptions des soins intensifs avec. Malheureusement on prescrit avec cette saloperie de Sillage désormais… Toujours est il que j’aime la sensation de précision que donnent ces stylos.
  6. Mon abattant de toilettes japonais. Qui voudrait commencer sa journée avec la raie collante ? tout est dit.
  7. Mes baskets Nike Pegasus Turbo 2 dernière version. Je kiffe la mousse ZoomX +++ les premières foulées avec me mettent en confiance, j’adore ces baskets.
  8. Mon pull-buoy Huub Big Buoy. J’ai encaissé pas mal de railleries mais j’ai tellement progressé grâce à lui ! Je l’adore !

Chers lecteurs, quels sont vos objets préférés ? Dites le moi dans les commentaires <smileysympamaiscringe>

La plaie

J’ai écrit ce texte il y a longtemps. Je ne l’avais pas publié. Je l’ai retrouvé à l’occasion d’un tri dans mes fichiers (rationalisation de l’accumulation de données). Le texte est sévère. Je vous enjoins à trouver les messages en filigrane. Il y a des choses qui me tiennent à coeur… voici donc le texte :

 

15 août, je suis en vacances. Être en vacances, ça veut dire que je ne vais plus à l’hôpital soigner des patients. Par contre, je continue de faire le métier. Je m’entraîne d’autant mieux que je peux dormir plus et qu’il n’y a pas de rush pour caser des sessions. 

Le matin je chasse les segments Strava dans un parc local. C’est une entorse à mon programme d’entraînement. Ma dérive commence ici. Je mange un morceau pour aider à la récupération vers 10h30-11h puis je pars nager vers 12h30. Je me cale sur la marée basse parce que la marée montante m’aidera à rentrer. Les courants locaux sont difficiles à interpréter et plusieurs marins s’accordent pour dire qu’il y a des journées vraiment curieuses ces temps ci. 

L’objectif est de faire 2000 mètres à allure course. Je mets mes tongs dans ma bouée orange. Et zou, y’a personne dans la flotte, le temps est un peu gris, quelques vagues et du vent.

Je pars un peu vite. Comme en course. Les “tourbillons” de sortie de conche me freinent dans mon ardeur. Encore une fois je suis scotché face au rivage. Je cherche des portes de sorties en prenant plus au large. Ca passe. Je trouve mon rythme. Je suis bien essoufflé. Je vise un peu moins souvent que lors des derniers entraînements. Je commence à arriver sur l’autre plage où j’avais décidé de faire demi-tour. Je relève plus souvent le nez pour bien viser. Malgré tout, je me fais insidieusement déporté vers le rivage. Mon cerveau mal irrigué par l’effort ne corrige pas le tir assez vite et bim je tape un rocher sous l’eau avec ma main gauche. On ne voit guère plus loin que son coude dans cette eau sableuse. Des lames de rasoir se cachent sous l’eau… J’ai déjà vécu ça au même endroit. Je sais que ça va être moche… je prends tout de suite un cap à la perpendiculaire pour m’échapper des rochers. Et je repars de plus belle, concentré dans mon exercice (pas malin mais de toute façon à ce point, je dois nager au moins 500 mètres pour regagner une plage). Je finis mes 2000 et à la sortie de l’eau je vois des griffures sur les doigts mais surtout une belle entaille sous l’éminence thénar avec pas mal de sang. Je marche la main en l’air en appuyant sous la plaie.

En rentrant, je vois que ça n’est pas très profond, uniquement de la peau mais tout de même la radiale ne devait pas être loin (gloups). 

Le bon sens me dit qu’il faut un avis médical et probablement un point de suture. Je nettoie la plaie. J’appuie bien. Je me tonds le bras et la main. Je me douche pour enlever la combi et le sel. Et je finis la dépilation avec un rasage très doux sur le dessus du poignet. Rassuré par la clinique, je me dit qu’il n’y aura pas besoin d’explorer sous anesthésie et je mange un morceau avant d’aller aux urgences. 

 

Arrivée aux urgences locales. Des banderoles CGT partout. Je connais le contexte. J’attends un peu un agent d’accueil. Pas longtemps. Je tends à la dame en lui disant bonjour ma carte vitale, ma carte d’identité et ma carte mutuelle que j’avais préparées. Je n’entends rien de ce qu’elle me demande à travers “l’hygiaphone” mais ça ne prends que 5 minutes de m’enregistrer. Je dois attendre là, on viendra me chercher. Je dégaine mon téléphone pour chouiner sur les réseaux sociaux. Et puis j’ouvre mon livre “the Line” du Dr Freeman, ancien médecin de la Sky et de British Cycling. Le livre me saoule un peu, c’est le chapitre sur les traumas crâniens et je n’ai pas trop envie de lire ça maintenant… heureusement on m’appelle une trentaine de minute plus tard. Je passe le sas en suivant un vieil ours barbu avec une tenue SMUR.

 

C’est clean, je ne vois pas grand monde dans les urgences mais on ne me fait pas la visite non plus ! L’ours m’installe sur un brancard dans une salle de suture et sans se présenter il me demande ce qui m’amène *aux urgences*. Son ton appuie sur ces mots, je me dis qu’il voit que j’ai l’air bien et qu’il se demande ce qu’il y a. “Une plaie de main en nageant que je lui réponds”. En préparant ses compresses, il me demande en me tournant le dos de quand date mon vaccin anti-tétanique. “Décembre 2006” (j’avais vérifié avant d’aller aux urgences). Il dit que c’est bien sans réagir au fait que je réponde du tac au tac. Je pense que c’est un infirmier, vieux de la vieille, je vois le genre…

A ce moment un bizuth rentre en souriant “bonjour je suis l’interne” (moi je lis FFI, il n’a pas dit son nom non plus). Il me demande ce qui m’est arrivé. Je réponds une plaie de main en nageant. 

Il regarde. Je demande si un point ou de la colle aideront mon affaire ? Le vieil ours dit “un point”.

Le med6 (c’est comme ça qu’on dit ?) prépare son matériel comme un bizuth, à deux à l’heure. Me demande quand même ce que je fais comme métier mais ne n’interroge sur rien d’autre et ne m’examine pas. Pendant qu’il dresse sa table. Je me remémore automatiquement un exercice du DU d’hypnose sur le gant magique. Ce jour là, j’étais parti faire un truc que j’aime bien dans mon imagination et mon collègue psychiatre Christian m’avait surpris et ça avait vraiment déclenché des sensations physiques inhabituelles. Il avait mit dans le mille. Rien d’évoquer ça dans mon esprit je suis en hypnose en deux secondes ma respiration s’accélère ainsi que mon rythme cardiaque. Je le fais facilement. Comme lors des répétitions mentales des courses.

Je sors aussi vite que je suis rentré car le bizuth me raconte qu’il hésite entre néphro et anest-réa (sans revenir sur le fait qu’il est déjà l’interne ;)). J’élude assez vite en disant que je le comprends, j’aimais bien les deux aussi. J’ai fait des meilleurs rencontres en anesthésie et c’est ça qui m’a poussé sur cette voie. Aujourd’hui j’aime ce que je fais mais je le mets en garde… sur le nombre de gardes… Il me répond qu’en libéral ça doit aller. (EmojiYeuxAuCiel)

Là dessus il me pique sans me prévenir ni explication (je m’y attendais). Deux infiltrations de lido pour un point de suture. Discutable mais je comprends sa prudence… J’ai envie de faire mon professeur et de lui demander l’éternelle question des gaziers aux externes “sais tu quelle dose de max de lido tu peux injecter ?” mais je ferme ma bouche. Il fait son point et voilà c’est fini. Il me dit qu’il va me faire une ordonnance pour qu’une IDE me retire le point, je négocie plutôt une lame de bistouri pour faire des économies. 

J’attends un peu qu’il me fasse mon ordonnance de pansement. Je donne des nouvelles aux proches. Quelques minutes plus tard, Ours revient me coller un pansement (c’est donc bien l’infirmier ;)) en me recommandant de ne pas me baigner et d’éviter la plage en me concédant que c’était pas pratique dans cet environnement balnéaire (point humanité). Et il me dit que je peux y aller. Je lui demande “vraiment ? pas de paperasse ?”. Il me répond que je suis libre. Cool ! Je le remercie pour ses soins. Dans le couloir l’interne me tend quand même une ordonnance avec 5 lignes (!!!). Je le remercie pour ses soins. 

Je rebascule de l’autre côté du sas. Je demande à l’hôtesse si je dois régler quelque chose. Elle s’étonne de ma question et me répond que non, c’est bon. Vive la France. 

 

L’affaire a duré 1h15. C’est bien. Mais je suis sévère au fond de moi et je me dis que ça pourrait être tellement plus facile d’être un chouilla plus humain. Ca fait partie de ce dont on entend parler non ? Que le vieil ours soit épuisé je le comprends. Que le Med6 dans la fleur de l’âge n’ait pas d’expérience je le comprends. Je suis content d’avoir eu ma suture mais je suis triste de voir que les gens ne savent pas parler. Et si je comprends de loin pour l’avoir frôler la notion d’épuisement , je pense que mieux parler aux gens permet d’être plus satisfait de son travail et de lutter contre le marasme au travail.

Test des lunettes FORM Swim

J’ai décompensé brutalement en sortie de confinement : j’ai acheté les lunettes FORM Swim de manière complètement impulsive après une vidéo de Lionel Sanders sur le sujet.

En manque de natation, rythme dans l’eau complètement perdu, je me suis laissé envouter par le marketing en *imaginant* que ça serait motivant d’avoir l’allure affichée dans les lunettes. Con que je suis j’ai imaginé une allure instantanée à la piscine alors que la marque n’annonce pas fournir ça.

Je les ai commandé sur le site de la marque, en payant en dollars ça faisait l’équivalent de 165 euros. Mais bien sûr la TVA et les frais de dossier DHL ont fait gonfler la note très sérieusement + 65 euros ! soit 230 euros.

Sur le site de Form, il était possible de commander via Amazon et l’expédition aurait été faite d’Europe, j’aurais du choisir cette option. Lorsque je refais une simulation sur leur site, ils ont simplifier la procédure et aujourd’hui on arrive à 218,74 euros TTC. En tout cas, vous avez compris que c’est très cher pour des lunettes de natation.

Je reçois très rapidement le produit malgré le contexte et la traversée de l’Atlantique. Et je les essaye en piscine de 25 m. D’emblée tout marche, tout est simple, c’est réussi de ce point là. Mais je suis gêné par le changement de champ de vision par rapport à mes lunettes Zoggs Predator, les classiques de triathlon. Mon oeil droit est directeur et le fait de moins bien voir mon bras droit me gêne. Par contre, ça fait impeccablement le job de compter les longueurs et d’afficher le temps de repos et tout ce qui est vanté. Je sis alors clairement déçu. Je donnerais alors un 6/10 aux lunettes.

Je change les réglages : je bascule les lunettes pour avoir l’écran à gauche et je choisis de n’afficher les données qu’après les virages. Là je m’habitue bien mieux et je commence à trouver les lunettes sympa après 2-3 utilisations. Le changement de champ de vision me perturbe moins. Néanmoins, j’ai toujours nagé dans des lignes d’eau peu fréquentée à cause des restrictions COVID-19. Dans un couloir rempli de 15 triathlètes bourrins je pense que ça serait compliqué pour moi de bien repérer qui vient d’où à quelle vitesse… je n’en ai néanmoins pas fait le test jusqu’alors.

Je reviens sur un bon point des lunettes : leur facilité d’utilisation et la clarté de leur app. Pour les fans de datas, c’est évident que ces lunettes fournissent pleins de données intéressantes et qu’il est probablement possible de bien monitoire son nombre de coups de bras par minute ou la distance parcourue par couple bras avec cet outil, en tout cas mieux que ne le propose Garmin Connect. Avec de l’habitude, je commence à apprécier les lunettes, je remonterais bien la note à 7,5/10 (les points manquant à cause du prix surtout).

La semaine est dernière est sortie la mise  jour attendue pour utiliser les lunettes en eau libre. L’idée est relier sa montre Garmin ou Apple aux lunettes Form Swim afin qu’elles communiquent entre elles et que l’on bénéficier de l’affichage en live dans les lunettes du chrono, de la distance parcourue (données GPS de la montre), de la fréquence cardiaque et de l’allure. Là encore la mise à jour est facile, très bien guidée. Ils sont clairement au point en matière d’interactions homme-machine.App Form Swim en mode

Par contre dans l’eau, c’est à nouveau la déception. En mode eau libre, il faut  mettre l’écran du côté où l’on respire le plus fréquemment et que la montre soit du même côté. Comme toujours Ray Maker l’explique très bien et Nakan.ch devrait l’expliquer sous peu en français. Et pour moi c’est vraiment difficile d’être à l’aise dans cette configuration. Je réessaierai prochainement mais mon premier essai est décevant. Je ne parle même pas de la précision des données affichées puisque j’étais dans un petit lac et que n’avais pas envie de nager longtemps comme ça. Je suis vite retourné au bord prendre mes lunettes Zoggs.

Bref, je suis complètement mitigé sur ces lunettes. C’est très bien conçu techniquement et je pense que ça peut être utile en dehors du plaisir d’utiliser des gadgets mais je n’y trouve pas franchement mon compte.

P.S. le support de Form swim a été très bon lors des échanges de mail avec moi

 

Pourquoi le triathlon est si fascinant ?

Récemment, You Tube m’a poussé devant les yeux des interviews d’Oussama Ammar. You Tube doit avoir deviné que je suis jeune et ambitieux.

J’ai écouté parce que c’est vrai que je suis fasciné par les beaux parleurs. Je suis vite séduit mais j’ai vite repris vite mon œil critique (plop) et j’ai repéré quelques perles. Cet homme d’affaire parla d’argent à un moment. Comme quoi toujours plus était agréable pour lui car il n’y a que l’imagination qui devient la limite à ce qu’on peut alors faire de sa vie. Je me suis mis alors à réfléchir à des choses qu’on ne peut pas acheter. Même avec le compte en banque de Bill Gates, je ne pourrais pas acheter la sensation de me sentir fort dans mon sport. Je ne peux pas acheter la connaissance de moi-même qui guide le déploiement des entraînements. Je dois accepter que le progrès survient parfois quand on ne l’attend pas et que la roadmap dessinée n’est souvent qu’un concept abstrait… Continuer la lecture de « Pourquoi le triathlon est si fascinant ? »

perfusion trop rapide de cristalloïdes ?

Hello, toujours plongé dans mes lectures fondamentales sur la microcirculation je voulais vous partager une petite réflexion. Comme souvent, en tirant sur un sujet la complexité grandit…

A la base, je voulais juste partager un changement de pratique : depuis quelques années, je ne fais plus couler les solutés de remplissage « en débit libre ». Je préfère les administrer doucement. J’avais en effet entendu, sans allez lire par moi-même, que la perfusion rapide pouvait être délétère sur la microcirculation, notamment en accentuant des lésions du glycocalyx. Auparavant, j’avais tendance, assez connement dois je bien écrire, à mettre les cristalloïdes en débit libre. Je crois que je basais cette idée sur la conception que le cristalloïde restait  en intravasculaire puis fuyait secondairement dans l’intestitium. Je me laissais alors flouer par une amélioration transitoire de la macrocirculation : j’ai prescrit 500 ml de cristalloïdes à quelqu’un que je pensais « répondeur au remplissage », il a monté sa PA (donc peut être son débit cardiaque), il a du transporté/donné plus d’oxygène aux tissus qui en avaient besoin, j’ai gagné mon pari. Quand on écrit tout ça noir sur blanc, on se rend bien compte du manque d’humilité et oserai-je d’intelligence dans cette réflexion. (Surtout quand on lit les travaux sur le sujet où l’augmentation de PA est fugace)

Avant d’écrire ce billet, je me suis refait une petite promenade dans Pubmed et j’ai encore creusé mon ignorance. Je me rends bien compte que je n’ai pas les outils pour comprendre la pharmacocinétique d’un soluté de remplissage pourtant une pratique de chaque instant dans mon métier. En tout cas je perçois bien qu’il faut bien identifier le contexte : ça n’est pas la même chose de perfuser un sujet sain réveillé et un patient en choc septique.

En tout cas, lire, enfin s’accrocher à lire, le livre de Thomas Woodcock, me force à me creuser les méninges. En pratique, j’y vois un plaidoyer pour moins d’interventionnisme. Combien de fois je m’abstiens de prescrire de l’eau et du sel face à une « petite diurèse » lors du tout de la nuit ? Souvent ! en regardant le patient et sa biologie, j’ai souvent assez d’arguments pour éviter de remettre 500 g d’eau et de sel dans le patient. Via Negativa.

P.S. l’international fluid academy vient de sortir un article de synthèse, je vais aller voir ça