Journal #COVID19 chapitre 3

Cette semaine, je suis allé faire un tour chez mes collègues de réa chir. J’ai fait l’observateur et un peu l’externe en essayant de rendre service sans trop faire chier (exercice difficile pour moi :D) J’ai découvert une équipe qui turbinait très très fort avec des internes très investis. Ca m’a fait du bien de réviser le fonctionnement du service en journée, de me familiariser avec leur logiciel de prescription et de faire de la médecine ! Dans nos discussions, nous alternons entre gestion de l’incertitude et certitude que Didier Raoult sème la discorde. Le bon côté des choses c’est qu’en s’exposant, des gens intelligents vont creuser bien profond dans ses « travaux », ça risque de faire mal… Le mauvais côté des choses c’est la croyance populaire boursouflée d’un mélange de peur et d’espoir qui revient sur le devant de la scène. Encore une nouvelle religion qui veut s’imposer contre la science. Les religions déguisées en science sont encore plus difficiles à combattre (cf pratiques diététiques alambiquées). Je suis meurtri par la violence des propos sur les réseaux sociaux, des gens sortis de nulle part insultent copieusement les médecins et scientifiques qui mettent en garde contre les recettes magiques. C’est tellement gros que je suis persuadé qu’il y a part de manipulation calculée des réseaux sociaux. Il est tout à fait possible que des gens malveillants cherchent à profiter de l’instabilité ambiante. C’était d’ailleurs montré à propos des bots anti-vax. Continuer la lecture de « Journal #COVID19 chapitre 3 »

Journal #COVID19 chapitre 2

Mercredi 18 mars

Vélotaf incroyable hier soir, il faisait beau, la route était déserte, un vrai plaisir. Faut trouver du positif les amis 🙂

Hier soir, beaucoup d’interrogations autour de l’utilisation des masques, les recommandations changent tout le temps, j’ai le sentiment que les recommandations sont fortement contraintes par la pénurie. Personnellement j’ai la goutte au nez et j’aimerais trouver le bon compromis entre respecter les recos, conserver des ressources et éviter de contaminer qui que ce soit si j’étais une sorte de porteur paucisymptomatique. Je vais mettre un masque mais je peine à m’habituer à cette idée de faire au moins pire plutôt qu’au mieux. Ça sera pourtant une clé dans la gestion de cette épidémie. Continuer la lecture de « Journal #COVID19 chapitre 2 »

Éviter les nausées vomissements post-opératoires

Ça fait longtemps que je suis attentif au sujet des nausées et vomissements post-opératoires grâce à l’encadrement dont j’ai bénéficié en tant qu’interne. Je pense que c’est un problème assez simple à cerner c’est donc dommage de le négliger.

Vous connaissez le problème, avec les douleurs c’est la principale source d’inconfort des patients après une intervention. Il y a des patients et des interventions à risque, si vous me lisez il est fort probable vous connaissiez le topo, sinon commencez par les recos SFAR 🙂

Quelques points qui méritent d’être soulignés et dont j’aimerais débattre avec vous : Continuer la lecture de « Éviter les nausées vomissements post-opératoires »

Journal #COVID19 chapitre 1

J’ai besoin d’écrire pour garder une trace de tout ça.

J’ai entendu parlé du coronavirus COVID19 début janvier quand les premiers mails de la DGS sont tombés. Je me suis dit, tiens, ils ont un bon réseau de veille. Il fallait tout de suite prévenir le SAMU si quelqu’un revenant de Chine avait de la fièvre.

Premières blagues avec les copains pilotes d’avion, premières images d’une Chine à l’arrêt mais ça parait si lointain… pas de copain chinois à contacter, pas facile de lire le chinois sur le web…

Mi février, en vacances, pourtant en diète d’informations et réseaux sociaux, je vois que ça se tend fort en Italie et qu’il faut isoler chez eux les gens qui reviennent d’Italie, ça parait dingue comme mesure mais c’est que c’est sérieux, ma vigilance est clairement montée d’un cran. Il y a vite ordre et contre-ordre, on sent que ça va être compliqué.

Retour des vacances dans des trains bondés, on est dans le flou. Au travail je pense déjà à mettre un masque en consultation mais je ne ne fais pas par crainte d’être jugé catastrophiste ou de consommer des ressources inutilement. L’angoisse monte en moi, mais finalement faire des consultations, faire des trucs routiniers m’apaisent.

Vendredi 6 mars, je suis de garde, devant une pneumonie nosocomiale je me demande déjà s’il faudrait tester des patients mais le contexte n’est pas encore assez fort. Le 8 mars, je vais à un spectacle, inquiet, mais j’y vais. Et la salle est comble. Le 9 mars je vois l’épidémie qui s’apaise en Chine, ça me fait du bien.

Je comprends vraiment le problème le 10 mars à la lecture des retours italiens. L’allumette est craquée, je brûle vraiment intérieurement. On en est encore à réfléchir comment on va gérer des déplacements prévus prochainement, comment notre petit confort va être impacté.

Les collègues médecins appellent à l’aide pour des consultations de triage des cas suspects de COVID19. Je décide d’aller aider le dimanche suivant. C’est couillon mais je veux symboliquement me montrer solidaire. Je n’ai pas encore compris que l’anesthésie-réanimation va se prendre une grosse baffe.

Le Président de la République annonce la fermeture des écoles. Ça y est tout le monde va être impacté. Les chouineurs râlent. On commence à faire le tri entre les vrais cons et des gens en maîtrise.

Le dimanche 15 mars, j’aide au dépistage. J’ai un sentiment de futilité puisque le virus est désormais partout. A ce sentiment s’ajoute la tristesse de voir les élections se dérouler, des carnavals improvisés et d’autres réunions publiques.

Lundi 16 mars, tout le monde a une belle soeur qui sait de source sûre que le vrai confinement arrive. Manipulation de masse calculée via les réseaux sociaux ? Le discours du Président de la République est très bien calculé. De multiples astuces de langages et de communication sont utilisées pour transformer l’opinion. J’attendais quand même plus de fermeté. Il faudra attendre le discours du ministre de l’intérieur pour avoir des consignes plus précises. Ces calculs politiques de qui dit quoi me saoulent, « nous sommes en guerre » et on louvoie encore… #sigh Partout on perçoit la pression qui monte, les masques qui manquent, le SHA indisponible, etc. Je me sens encore plus éloigné que d’habitude des concepts de patriotisme et de nationalité quand je vois l’absence de respect des mesures. Je comprends aussi que l’opinion publique ne voit pas les malades, ils ne savent pas ce que c’est, c’est pour ça que ça leur échappe…

Mardi 17 mars, les rues se vident un peu, paradoxalement je n’ai jamais si peu eu besoin d’un masque à vélo pour aller travailler. La météo est magnifique et l’ambiance à l’hôpital est pesante. En anesthésie nous ne sommes pas encore dans le cyclone viral. Juste dans les coups de vent annonciateurs de l’ouragan : on déprogramme, on manipule les consultations, etc. on renvoit chez eux des collègues malades, on espère que le collègue parti à Tataouïne puisse revenir. Je vois le professeur Raoult qui essaye encore de buzzer. Je vois comme le souligne justement Florian Zores qu’on peut maintenant donner des cachetons dangereux sur la base d’une étude foireuse d’une vingtaine de sujets alors qu’on trouve toujours à critiquer des études avec des milliers de patients… dingo.

Il faut rester cool avant que la tempête n’arrive sur nos gueules. BRACE BRACE // BRACE BRACE

Sport, #COVID19 et confinement

Bonjour à tous,

sportifs, nous sommes emmerdés car notre mode de vie est remis en question en ce moment. Petite note à l’arrache pour insister sur les choses importantes.

D’abord l’arrêt de l’entraînement c’est pas grave, c’est une opportunité pour nous ! Je conçois que ça soit difficile car nos vie tournent beaucoup autour du sport et qu’on s’épanouit à travers lui, mais foncièrement ça n’est pas un besoin vital.

On va montrer qu’on a plus l’habitude que la moyenne de gérer l’adversité et la difficulté.

On va panser nos petits bobos chroniques.

On va redécouvrir les vertus des Burpees 😀

On va faire des économies en gel citron-cerise-navet.

Tout le monde voit ses habitudes bouleversées en ce moment. Shit happens, comme en compét’, faut gérer !

Le sport reste un bon moyen de gérer le stress et l’angoisse, je pense donc continuer à m’entraîner un peu, tant que c’est possible vis à vis du travail à l’hôpital. Je vais surtout faire du home-trainer, j’ai des idées d’exos à revendre si vous en cherchez !

En ce qui concerne les sorties à l’extérieur, je pense que c’est ok si on pratique seul une activité safe. Le virus ne pullule pas dans l’air. Ce sont les humains qui se le refilent à gogo. Mais, je vous ne prie, ne vous regroupez pas dehors pour des entrainements. Je sais qu’il est difficile de comprendre le problème actuel car c’est un mal invisible et qu’en plus les autorités ont maintenu les élections, mais d’un point de vue sanitaire (qu’avons nous de plus précieux que la santé ??) le confinement est la meilleure des choses à faire pour l’écrasante majorité d’entre nous !

Le sport de haut niveau va aussi être impacté bien sûr. Il est possible que des brigands en profitent pour bien se doper peinard dans leur coin, à l’abri de contrôle inopinés…

Enfin dernier message, il est très important de s’abstenir de pratiquer une activité sportive quand vous avez un syndrome grippal (fièvre, fatique, signes respiraotires, etc). En effet, certaines viroses peuvent toucher le muscle cardiaque et provoquer des troubles du rythme (risque de décès), c’est rare mais ne tentez pas le diable avec un virus qu’on connait encore mal qui est en train de toucher peu à peu tout le monde.