Après quoi je cours ?

Alors voilà*, c’est l’histoire d’un mec qui court qui croise un gars assis sur un banc. Le mec sur le banc l’interpelle : « tu cours après quoi dis ? faut être fou pour courir pour rien ».

Histoire on ne peut plus classique. Tous les coureurs passionnés rencontrent des gens qui les pense cinglés ou drogués à la dopamine.

Alors voilà, j’aimerais ouvrir ici quelques pistes pour expliquer. Ca sera en quelque sorte mon billet de conclusion d’un cluster de notes sur la course à pied.

Il y a autant de raisons de courir que de coureurs,  je ne vais pas me lancer dans la taxinomie des coureurs. Je vais juste parler de ce que moi je ressens.

  • Depuis le sport à l’école j’ai toujours aimé les sports d’endurance. Probablement un mix d’adaptation naturelle au type d’effort que je fais le plus facilement et héritage génétique et environnemental. Fasciné par « Rocky » à l’âge de 8 ans devant la télévision. J’ai franchi une étape dans la vie en comprenant que je n’étais pas vraiment pas gaulé pour des sports de force. On grandit comme on peut.
  • Notre personnalité se façonne de multiples traits. Une part de moi aime la compétition. J’ai besoin de défis pour avancer, j’aime ça. Une autre partie de moi aime gérer. Ainsi organiser au long cours un entrainement ou doser un effort sur une  séance d’entrainement sont des choses qui me plaisent. Je suis comme ça, je pense que je serais malheureux si j’essayais de faire des choses à contre-sens. J’aime batailler, j’ai un côté besogneux qui s’adapte bien à l’enchaînement des entraînements. Le travail sur soi pour ne pas céder à la facilité lorsqu’on n’a pas envie d’aller s’entraîner me plait.
  • J’aime être entouré, j’aime vivre en société mais j’ai besoin de moment seul. La course à pied me met face à moi-même, permet l’introspection puis le vide. Ca me fait du bien.
  • Je suis passionné de nutrition et de physiologie. J’aime essayer de comprendre les mécanismes, j’aime analyser les séances d’entraînement. J’aime tester des hypothèses. La course à pied permet aussi de m’épanouir dans mon costume de « scientifique ».
  • J’aime l’aventure. Partir pour courir longtemps c’est une aventure. On découvre des villes, des forêts, des gens, des lieux. On se découvre soi. C’est une belle aventure.
  • Alors voilà. Quand je cours je me sens bien. Je ne suis pas du tout enfermé dans un schéma pavlovien course-plaisir. Je ne me sens pas drogué. Je n’ai pas un orgasme quand j’ai mal aux jambes. Je grimace. J’ai mal. Je préfèrerais ne pas vivre cette sensation. Mais voilà au final quand je cours je suis vivant.

 

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P.S. je souhaite à tout le monde, sincèrement, de trouver son épanouissement dans la vie, se trouver permet indéniablement d’être plus ouvert au monde et aux autres 🙂

* Alors Voila, blog d’un conteur de qualité, lire les écrits de Baptiste c’est par ici.

9 réflexions sur « Après quoi je cours ? »

  1. merci pr cette explication. Je fais partie de ceux qui se demandent ce qui motive le coureur, au delà du bien-être « endorphines » , indéniable même quand on déteste les sports d’endurance.
    en revanche, grâce à cette petite phrase, à la fin « qd je cours je suis vivant » , maintenant je comprends…c’est exactement la phrase qui me vient en tête qd j’évoque ce que je ressens lorsque je suis à cheval 😉 . Sensation « intérieure » tellement puissante que ce qui se passe à l’extérieur devient quasi imperceptible, comme terne…

    bonnes courses

    1. Merci pour votre commentaire qui justifie un peu mon billet 🙂 J’avais peur d’écrire un truc égocentrique un peu naze… Ce qui a motivé l’écriture de ce billet ce sont des remarques sur la bigorexie, l’addiction à la course, la dopamine : le coureur devient un junkie qui cherche sa dose. Ca devient donc facile d’aller courir. Ce syllogisme me blessait et je voulais essayer d’expliquer que ça ne se passait pas comme ça 🙂

      1. je comprends 🙂
        ce n’est pas l’addiction physiologique qui motive, les jours sans, ceux où la fatigue, l’humeur, l’agenda, fournissent autant d’excuses que nécessaire … même en étant conscient de ce qui va se jouer une fois qu’on aura fait l’effort de s’y mettre , de s’y plonger… c’est tout le reste … D’ailleurs, quand ces excuses l’emportent, on vit très bien sans quelques jours :).

        j’ai dû arrêter pdt plusieurs années, j’ai tenté de retrouver un état similaire en me mettant au piano, dérivatif efficace et réellement agréable, une découverte bien plus belle que ce que j’imaginais …mais… la palpitation, cette sensation d’être vivant, de tout sentir plus intensément… non, même si l’illusion a tenu le tps nécessaire.
        Depuis j’ai repris, et c’est comme si je retrouvais la possibilité de voir une palette de couleurs complète au lieu d’une limitée à des teintes douces.
        En revanche le manque est pour moi réellement perceptible s’il y a un imprévu ds l’agenda, je ne bénéficie alors pas de l’effet de plénitude physique et de sérénité mentale des qqs heures après …et c’est bcp moins confortable 😀

        bref… je note « bigorexie », ça peut servir au scrabble O:-)

  2. La photo est super …. et évidemment je suis très en phase avec ce que tu exprimes là. Personnellement je ne crois pas au runners’ high, moi je n’en ai jamais eu en tous cas, par contre des micro moments de bonheur, des petites victoires sur soi, des questions qui turlupinent et qui font travailler les neurones hors pensée pré-mâchée, en pagaille. Et les potes qui me disent « t’es accro », ils sont souvent fumeurs, obsédés par le prochain repas, ou ne pourraient pas imaginer rater un match de foot à la télé.
    Et sur le fait de se sentir vivant … entre Romanov et sa méthode Pose « concentrez vous sur l’instant présent, la foulée, le geste » et le Dalai Lama « le seul moment qui existe c’est maintenant » – la course, c’est un sacré truc pour être dans ce microscopique instant qu’on appelle le présent, et y être à fond, même si on court lentement (facile, mais j’ai pas pu résister)

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