Blue zones

HIer, Renaud m’a passé un lien vers un article du NY Times qui raconte l’histoire d’un grec qui a miraculeusement guéri d’un cancer en retournant vivre sur son île natale : Ikaria.

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Ikaria est ce que certains appellent une Blue Zone.  Cette île grecque proche de la Turquie est habitée par une population bénie des dieux. Ils vivent beaucoup plus vieux que la moyenne en bonne santé.

Evidemment, cette caractéristique est étudiée. Des études épidémiologiques sont construites. Médecins et démographes analysent les clés de ce succès : alimentation, activité physique, sommeil, liens sociaux, etc.

En comprenant ce qui se passe là bas on a envie de transposer tout ça chez nous pour vivre vieux et heureux non ? En tout cas, moi, je suis  attentif à ça.

On essaye de mieux manger, l’huile d’olive et le vin sont encore mis au firmament. Les Ikariens se bougent, bougeons-nous !

Easy non ? Les stakhanovistes du bien vieillir jouent le jeu, font du HIIT, mange des aliments dont on a jamais entendu le nom dans notre enfance et gobent quelques pilules miracles. That’s all folks !

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(En tout cas ça fait au moins une nouvelle source de business 😉 )

Mais Dan Buettner (l’auteur de l’article du NY Times) a bien saisi quelques trucs vraiment importants… en fait les Ikariens sont cools tout simplement ! Leur réseau social c’est un microcosme, tout le monde est taillé dans le même bois et l’île vit à un rythme tranquille (pas forcément béta-bloqué hein !)

Comment reproduire ce mode vie alors que nous ne connaissons pas notre voisin, un monde où l’on papote beaucoup certes mais sans (presque) jamais croiser le regard de notre interlocuteur ?

A travers l’activité numérique, j’ai l’impression de tisser des liens intéressants. En tout cas, j’aime mon activité sur le Net et je pense sincèrement que ça m’a apporté pleins de choses positives. Mais est-ce que le sentiment d’appartenance à des communautés que l’on crée en ligne peut apporter un bénéfice IRL ?

Autrement dit la convivialité « virtuelle » peut elle se substituer à la convivialité autour d’une table ? Plus difficile, les deux univers ne semblent pas toujours bien se mélanger. Il n’est pas forcément facile d’envisager dans la vraie vie la rencontre de gens qu’on ne connait que par ce qu’ils construisent en ligne. Et en racontant dans la vraie vie des choses que l’on vit avec d’autres copains en ligne parait parfois complètement fou aux yeux de notre interlocuteur…

Alors voilà, je pense conserver un soupçon de stoïcisme face à un enthousiasme excessif vis à vis du mode de vie des Blue Zones (transposition impossible, inspiration pourquoi pas…) mais j’ai aussi envie d’être optimiste : Internet sort de l’isolement beaucoup de gens, les idées s’échangent et des amitiés naissent. Internet ne remplace pas ce que l’on peut vivre en ligne mais tisse de nouveaux liens.

(désolé pour cette fin de billet un peu cucu, je suis mal réveillé)

Une réflexion sur « Blue zones »

  1. J’aime bien ton résumé, et comment tu ramène ça à cette interrogation sur la socialisation virtuelle.

    Mon sentiment est que les amitiés virtuelles sont d’une nature vraiment particulière. Elles sont certainement intértessantes, gratifiantes, et stimulantes, mais je doute qu’elles aient le même effet supposé que le lien social typique d’Ikaria ou d’Okinawa.

    Mais après avoir dit ça, il faut répondre aux critiques et aux objections !
    Ben oui, quoi, qu’est-ce qui nous dit que cet aspect social à le moindre impact sur la longévité ? Le fait que ce soit un point commun entre toutes les BZ ? C’est un peu court jeune padawan ! C’est une possibilité, mais pas une certitude.

    AH oui, mais alors, pour la nouriture c’est pareil ? Ah ben oui : même motif, même punition !
    Même s’il y a de forts points communs entre l’alimentation toutes les BZ, il n’est pas certain que chercher à répliquer ces éléments constitue une diète réellement « optimale ».

    Le truc pour moi, avec les BZ, c’est avant tout le pouvoir « anti-bullshit » des faits constatés. Même si je tends à penser qu’effectivement il est prometteur de s’approcher de l’alimentation des BZ, je suis surtout équipé pour discriminer certaines conneries quand je les vois :
    – blé/légumineuse/laitages toxiques comme « vu dans paléoland » > désolé, les faits prouvent que non
    – viande/laitages/oeufs toxiques à toute dose comme « vu a végan world » > désolé les faits « déprouvent » ça
    – les glucides tuent, comme « vu a lowcarbarama » > heu… oui mais non !

    Après il y a des questions de contexte, des cas particuliers, tout ce qu’on veut. Mais si un « régime » R m’affirme que A est vrai dans l’absolu, alors que je sais (et que je ne refuse pas de le voir, hein) que parfois/souvent A est faux, alors R est fortement douteux… voilà pour moi l’utilité principales des infos sur les BZ, ou des études sur les Tarahumaras, les Kitavans, et tout le toutim.

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