Le lactate de sodium dans les états de chocs

J’ai assisté hier à la brillante présentation d’un collègue réanimateur sur le lactate de sodium dans les états de chocs. (si vous préférez l’anglais c’est ici) Pour l’anecdote, le présentateur était mon externe quand j’étais interne en réa, ça ne me rajeunit pas…

En gros, le lactate de sodium pourrait avoir un intérêt dans les états de chocs car :

  • il a un effet inotrope positif
  • il permet d’éviter une balance hydro-sodée positive (effet chloridiurétique)
  • il pourrait apporter un substrat énergétique à des cellules en crise
  • il semble améliorer la dysfonction entdothélial
  • in vitro, il y a une amélioration des paramètres inflammatoires
  • il a un effet alcalinisant

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Les écueils à son utilisation sont

  • l’hypernatrémie
  • la plus grande difficulté à surveiller l’évolution de la lactatémie
  • l’effet alcalinisant ?

Il n’y a pas d’AMM pour son utilisation dans les états de chocs mais le rationnel se consolide étude après étude. Affaire à suivre…

2 réflexions sur « Le lactate de sodium dans les états de chocs »

  1. Bon, c’est super intéressant en effet.

    Le protocole est vraiment béton, mesure régulière des paramètres acide-base / du SID, ils ont pensé au modèle classique comme à celui de Stewart. Le paramétrage macro ET micro-circulatoire, bref vraiment c’est super.

    Après je suis plus que d’accord avec toi concernant la discussion que tu as eu sur twitter avec quelques personnes de ta TL, au niveau scientifique on en est encore à des résultats méritant confirmation par d’autres études.

    Certes l’auteur parle de résultats déjà présent malgré le faible effectif suggérant un effet important, mais il faut aussi souligner que justement c’est un faible effectif. Noter des évolutions même significatives dans la fréquence des bolus de NaCl sur un effectif de 5 individus, il serait quand même optimiste d’en conclure que demain on peut utiliser le LS pour tous nos patients critiques ( je ne néglige pas tous les autres résultats vraiment étonnant de cette étude formidable, au demeurant ).

    En discussion, l’auteur précise que l’hypernatrémie obtenue dans le groupe LS serait « difficilement acceptable » en clinique conduisant probablement à utiliser de moindres quantités de remplissage ou un soluté lactate semimolaire… mais changer le protocole sur cet axe conduirait probablement à perdre une partie au moins du bénéfice lié à l’effet seul de l’hypertonique ( effet expanseur volémique, effet sur index cardiaque, et donc probablement effet microcirculatoire ? ) remettant un peu tout en jeu.

    Il est clair qu’indépendamment de tout, certains effets sont vraiment prometteurs: chloridiurèse et balance hydrique négative, contrôle de la glycémie par le métabolisme du lactate ( et aide au métabolisme cérébral probable ).

    Mais comme les chiffres des macromolécules sur le remplissage en leur temps, beaux effets expérimentaux n’est pas toujours lié à diminution de morbi-mortalité, et c’est même parfois l’inverse via des procédés auxquels on a peut-être pas encore pensé.

    Plus que jamais d’accord avec toi du coup: vraiment prometteur, à fouiller, mais je ne me risquerai pas à jeter mes solutés pour les remplacer par du LS tant que je n’aurai pas de preuves scientifiques plus solides et sur des protocoles plus proches du réel.

    Merci pour ce billet !

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