Une réflexion sur « L’étude ADILAN »

  1. L’étude ADILAN est conçue de façon très intéressante, de manière à tester « l’hypothèse paléo » avec le moins de facteurs confondants possible. Car si les précédentes études ont bien montré que la diète avait des résultats positifs, il était difficile de savoir à quoi l’attribuer étant donné que trop de choses étaient différentes entre les diètes comparées. En particulier, la perte de poids constituait une source de problème importante dans l’interprétation des résultats (sauf dans l’étude de Frassetto).

    Ici, Maelan Fontes et son équipe ont pris beaucoup de précautions, en montant une (pré)étude vraiment bien pensée. Les résultats définitifs ne sont pas encore connus, car les données (et les échantillons) sont encore en cours d’analyse, mais ils ont réussi leur premier pari : avoir de sujets gardant un poids stable tout au long des 4 semaines de l’étude.

    L’autre point intéressant est qu’ils ont comparé avec des sujets suivant une diète saine « conventionnelle », mais en s’assurant d’avoir dans les deux cas le même ratio de macronutriments : 18% de protéines, 52% de glucides, et 29% de gras. Cela rend l’interprétation des (futurs) résultats d’autant plus intéressante ! Mais cela appelle aussi deux remarques par rapport aux diètes paléo testées jusqu’ici.

    D’une part, les glucides représentent un peu plus de 50% des calories, alors qu’ils étaient autour de 40% dans les autres études. D’autre part, les protéines sont à 18%, ce qui est considérablement moins que les 30% habituels pour ce type d’alimentation. C’est donc une diète paléo moins protéinée, la différence se reportant sur les glucides.

    Que reste-t-il donc de « paléo » là dedans ? Tout simplement la suppression complète des aliments néolithiques : céréales, légumineuses, et laitages.

    J’ai hâte de voir les résultats, pas vous ?

    Pour le moment, les seuls éléments que la présentation de Maelan Fontes donne sont :
    1 – Une amélioration notable de la glycémie à jeun pour les paléo (je vous ai dit que l’étude concerne des diabétiques ?)
    2 – Une préservation du cholestérol HDL, par opposition à l’autre diète qui le voit baisser.

    C’est prometteur !

    Notez que pour cela, nos braves sujets ont mangé environ 50% de leurs calories sous forme de fruits… soit près d’1Kg de fruits par jour ! Et une bonne portion du reste venait d’autres végétaux, menant à une proportion d’environ 20% de calories d’origine animale pour 80% d’origine végétale. Si les résultats sont positifs, les phobiques du fructose (nombreux dans la sphère paléo) vont se mordre les papattes !

    Je dois dire que j’attends pour ma part des résultats nettement positifs, car cette diète est assez proche de ce que je considère être une diète « idéale ». À ceci près que, pour ma part je n’éliminerai pas totalement les céréales, légumineuses et fromages ! Car ce qui marchera ici est à mon sens largement dû à ce qui remplace ces aliments qu’à une hypothétique nocivité intrinsèque qu’ils auraient. Hélas, l’étude ne permettra pas de trancher sur ce point, mais elle apportera déjà certainement beaucoup d’informations intéressantes.

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