Un si brillant cerveau

Le podcast de La Tête au Carré accompagne parfois mes footings. L’autre jour, j’ai écouté leur émission consacré au coma ayant pour invité le Pr Steven Laureys de l’Université de Liège. Dans mon métier, je plonge tous les jours les patients dans un coma pharmacologique et aussi paradoxal que ça puisse être, je ne comprends pas tellement ce qui se passe dans le cerveau grâce à nos produits (Vous pouvez essayer de lire cet article du NEJM pour y voir plus clair). Il y a beaucoup de connaissances et d’applications pratiques sur l’influence des drogues d’anesthésie sur le coeur, le poumon ou les muscles mais on nous parle très peu du cerveau dans notre apprentissage.

Ainsi, le coma et la perte de conscience ont toujours eu un aspect mystérieux pour moi. Fascinant, mais incompréhensible. Cette difficulté intellectuelle m’a éloigné de la neurotraumatologie et de la neurochirurgie. Je suis un peu paralysé devant des patients comateux parce que je ne sais pas faire.

Bref, c’est difficile.

Aujourd’hui, le livre de Steven Laureys m’a réconcilié avec certains concepts. Avec un pragmatisme et une clarté que j’ai souvent rencontrée chez mes collègues belges, il explique bien les enjeux de ses recherches en illustrant comment des cas cliniques ont fait progresser les neurosciences.

Le langage du livre est simple, il est vraiment accessible à tous (si un anesthésiste peut le lire…) et l’ouvrage remplit son objectif de partage des découvertes récentes. Pour moi, ça a été l’occasion de clarifier les situations cliniques entre « coma », état végétatif qu’on devrait plutôt appelé éveil non répondant et état de conscience minimale. J’ai aussi mieux compris à quel point l’évaluation clinique (par l’échelle de récupération du coma) permettait de bien faire le point sur le pronostic d’un patient. Enfin, l’histoire naturelle du patient (quid de l’évolution à 3 mois après un arrêt cardiaque ou à 12 mois après un traumatisme crânien grave) et l’imagerie cérébrale aident à statuer sur l’état du patient et son pronostic pour mieux les accompagner, eux et leur famille.

Voilà, pour moi ce livre constitue une sorte de réconciliation avec les neurosciences. J’ai l’impression de me sentir moins démuni. Je vous le conseille vivement.

unsibrillantcerveau

5 réflexions sur « Un si brillant cerveau »

  1. J’aime beaucoup la Tête au Carré, moi je l’écoute souvent en voiture.
    Ce bouquin à l’air intéressant, tu m’as donné envie de le lire!
    Ils font beaucoup d’émission sur les neurosciences, peut être parce qu’est un domaine mystérieux et dans lequel on fait récemment de grandes découvertes grâce à l’utilisation de nouvelle techniques ‘imagerie (IRM fonctionnelle etc…)
    Une autre émission très intéressante de la Tête au Carré dans le domaine neurosciences : http://legazier.com/cerveau-melomane/

    1. oui lis le c’est super !

      J’avais vu ton billet, je l’ai dans ma playlist pour une prochaine sortie longue à pied. (moi je n’ai jamais eu d’oreille ou de quelconque talent artistique, je me sens loin du sujet ;))

  2. Bonjour, je vous suis depuis longtemps et j’étais il y a encore un an un sportif comme vous avec certes moins de potentiel (3h24 a Lausanne deux ans après un infarctus).
    bref…
    je m’intéresse beaucoup aussi la physiologie et à la médecine en général.
    un point dans votre billet lorsque vous dites je cite : « si un anesthésiste peut le lire » . Je n’ai pas votre formation médicale encore moins vos facultés intellectuelles. Des lors pensez-vous que pour un homme lambda le contenu soit accessible ?
    Bonne continuation …

    1. Bonjour,
      je me souviens de votre histoire 🙂
      Quand je disais qu’un anesthésiste pouvait le lire c’était une boutade parce qu’on est souvent pris de haut par certains autres collègues… notre art est très pratique et les anesthésistes tiennent rarement de grands discours d’intellectuels voili voila

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