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Le bizuth omniscient…

… ou l’histoire du jokari (le truc qui revient toujours en pleine poire)

Je pense avoir été par moment une bonne grosse tête à claque. Voilà c’est dit.

J’espère que c’est passé, au moins un peu… en tout cas j’y travaille et les échecs* me le rappellent régulièrement (ACR).

Boulimique de lectures médicales et les oreilles grandes ouvertes en stage j’essayais d’amasser le plus de réponses possibles à mes questions lorsque j’étais externe puis interne. Et je me rends bien compte a posteriori que j’ai du casser les bonbons d’un paquet de docteurs…

Aujourd’hui, je finis mon clinicat, plutôt sereinement. J’ai fait mon boulot. Pas de l’universitaire d’envergure, mais mon boulot. Et je l’aime bien mon boulot.

Mais j’aimerais vraiment qu’un jour quelqu’un m’explique comment s’y prendre avec un étudiant ou un interne lorsque le courant ne passe pas, ou mal. En effet, je ne me sens pas à l’aise pour « prendre quelqu’un entre quatre yeux » comme on dit. Je me dis assez facilement « qu’on est toujours le con d’un autre » et que la vérité est une illusion que j’évite d’embrasser de trop près. Et donc voilà, je glisse des indices mais je n’arrive pas à dispenser de leçon de morale.

Seulement comment faire pour travailler avec de jeunes collègues qui n’envisagent pas leur pratique dans la même direction ? Comment expliquer à l’interne que lorsqu’il aura vraiment le poids des décisions sur les épaules ça sera peut-être plus difficile de faire le malin ? Comment lui expliquer qu’il convient peut-être de s’adresser correctement à l’IDE pour que tout le monde dédie son énergie au patient plutôt qu’aux conflits internes ? Comment lui expliquer que non il n’est pas sorti de la cuisse de Jupiter et que oui les relations humaines interprofessionnelles sont une des clés pour la qualité des soins…

Je ne sais pas. Mais je sais qu’on se rend toujours plus facilement compte des défauts que l’on a (eu). Mea culpa.

 

* la patiente va bien, elle est sortie de l’hôpital

11 réponses sur « Le bizuth omniscient… »

je n’ai que de bons souvenirs de notre stage en commun… et tu n’étais pas le plus « boulet » d’entre nous pour reprendre la célebre expression de là haut.

pour ce qui est de la gestion du con, j’ai eu la chance de 

merci pour ce commentaire, oui mais je me demande si la pédagogie par capillarité ne serait pas insuffisante dans certaines situations

j’aime le calme et la maitrise de soi et je déteste les crises colériques qui n’apportent rien.

simplement, j’ai le sentiment que je devrais parfois gueuler pour « marquer » le coup et je pense que j’oscille entre la peur de déplaire et de créer un conflit

bye

zut… la chance de ne pas tomber justement, sur des stagiaires cons.

Leur comportement m’a parfois horripilé envers les confrères moins spécialistes, les collaborateurs non médecins, ou les patients. J’ai simplement tenté de transmettre par « l’exemple » l’attitude respectueuse qui me paraît juste aujourd’hui (je ne dis pas que je n’ai pas fait le cowboy de temps à autre, hein). 

Je ne pense pas m’être trop plantée avec mes stagiaires, mais l’essentiel réside d’une part dans l’envie de connaître l’autre, d’autre part dans la capacité à mettre sa peur de l’échec de côté. Et ça, même maintenant, je n’y arrive pas tous les jours, et je suis parfois l’un des médecins maltraitants de Winckler, que ce soit avec les patients ou les étudiants. 

Bref, on ne change pas une personnalité, mais on peut peut-être montrer aux jeunes (oh purée, je me sens vieille) comment fonctionner mieux en équipe ?

Merci pour ce post !

Bonsoir,

Trouver des réponses à ses questions, c’est bien. Chaque
profession a son taux d’échec, c’est humain – et tant que c’est réparable, ça
va (un médecin n’est qu’un être humain, pas un surhomme). Le votre
l’était-il ?

 

Puis je connais bien le schéma des questions et ses réponses.
Toute ma vie, mon père disait toujours où trouve-je les questions. Actuellement
je tente d’obtenir des réponses par mon médecin qui dit la prochaine fois on en
parle, mais je ne les obtiens pas. Je vais me débrouiller seule à gérer le
nouvelle situation et apprendre comment descendre un escaliers lors d’une crise
impliquant les deux genoux.
 

Ce qui est drôle, les IDE en chirurgie orthopédique étaient super, mais l’interne (une femme) fut horrible. Elle m’a dit qu’elle s’est levée alors qu’elle es debout
depuis X heures. J’ai failli lui rétorqué qu’elle avait choisi d’être médecin
et donc à l’hôpital, mais je n’avais pas choisi d’être hospitalisée ! C’est
l’IDE qui a arrangé le problème un peu plus tard avec un médecin.

Bonne soirée

Dans mes recherches pour ma thèse j’ai trouvé la notion de « role modeling » et de « hidden curriculum »… pour faire cours le fossé entre l’enseignement et la pratique, les conduites valorisées théoriquement (respect, empathie, collaboration..) et ce qui est montré aux étudiants; et tous le processus de « socialisation » (P1, détachement, endurcissement, façon de parler des malades, aux malades, aux équipes, enseignement majoritairement biomédical et théorique…)
est-ce qui marque le plus les étudiants…
être encadré par des médecins qui se montrent respectueux, empathiques, à l’écoute de l’équipe et des patients, semble « vital » pour la formation des futurs médecins, ainsi que des médecins qui savent parler des émotions: oui je me suis mis en colère, ce n’était pas la solution, ça m’est arrivé parce que le respect des patients/de mes collaborateurs est une valeur importante pour moi…maintenant je suis disposé à entendre ton point de vue si tu veux me le donner… j’aimerais comprendre ce que t’apporte ce comportement…

bon c’est facile de dire cela depuis mon bureau hein…

Est-ce que les IDE ne peuvent pas les remettre à leur place elles-mêmes? 
Sinon un grand coup de gueule (un peu simulé, si on est vraiment en colère on se maltraite soi-même)
ça ne fait pas de mal à un interne qui se prend pour un « petit-chef »
Et ça leur ferait du bien de comprendre qu’ils ont beaucoup à apprendre des IDE et aides-soignant(e)s
Enfin, en tous cas,moi (pauvre généraliste de base!) j’ai beaucoup appris avec eux.

Un coucou d’un jeune infirmier que tu as croise ou que tu croise encore si tu fais encore parti du chu… J’espère que tu ne m’en voudra pas de prendre part à ton blog…

Je commence mon commentaire par un grand merci à toi pour tes écrits qui sont très enrichissant tant se le plan de la pratique professionnelle que sur le plan de la culture médicale ou paramed pour moi…

Les relations humaines ont toujours une part de mystère l’important reste de parler avec tact diplomatie et de tester divers approches pour trouver celle qui convient le mieux à ton interlocuteur quelque soit sa qualification…

Peut importe la manière dont certains petits conseils, petits trucs de vieux de la vielle, certaines « remises à l’heure des pendules » sont donnés, les esprits restent marqués et ressortiront au moment ou on interne se retrouvera seul face à la même situation… ( je me souviens encore des discours des infirmières que je trouvais un peu « vieux jeux » à l’époque et qui me servent énormément à l’heure actuelle).

Tu l’as bien rappelé dans l’esprit de ton article chaque soignant est un maillon important à respecter de la « chaîne » du soin…

Bonne continuation pour ton blog et ton travail si on ne se revoit plus…
Désolé encore de mon petit incursion dans ton blog j’espère qu’elle ne t’aura pas dérangée…

Ps: je pense souvent à ton explication sur le coût des perfalgans quand je pense qu’on peut utiliser une forme per os a la place ( tu vois que ce que tu dis reste dans les esprits)

Hello !

1° Merci d’être passé par ici il n’y ***aucune*** forme d’intrusion, ici c’est une sorte de petits jardin ouvert à tous.

2° Je crains qu’on ne se revoit plus de si tôt ! J’ai fini hier dans une apothéose d’un bloc à multirebondissements plus tordus les uns que les autres, induit à 14h20 je l’ai laissé à la garde à 19h, ça en dit long sur le degré d’organisation de certains chirs (l’indication est un simple polype dysplasique)…

3° pour le perfaglan (je l’ai toujours écris comme ça dans mes dernières semaines, ça fait sourciller personne 😉 tu peux trouver les quelques lignes théoriques en cherchant paracétamol sur ce blog

4° a plus et merci pour la qualité de ton travail et de tes collègues aux SC, j’étais content de tourner là bas.

Coucou
Content que tu ne l’ai pas mal pris.

J’ai bien lu les petites infos et ça confirme l’idée que je m’étais fait sur les différents tarifs du paracetamol.. J’ai aussi parcouru les « cours » sur la nutrition des patients qui sont eux aussi très intéressant… On comprend mieux tes prescriptions du moins certains éclairages sur les choix… Une seule frustration reste… pas pouvoir en apprendre plus pour le moment mais ça va me pousser à fouiner sur le net pour enrichir mon travail…
J’espère que ça se passe bien dans le nouvel hôpital…

À la prochaine

bonnes ces questions toujours se souvenir de soi +jeune, les situations rencontrées n’ont pas le mm écho l’expérience et la maturité souvent!les formations professionnalisantes auront tjs les mm défauts : faire la différence entre la réussite de l’action et la reusite de l’apprentissage c’est complexe parce que la transmission requiert des compétences des responsabilités. 

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