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Déballage et premiers tests avec SuperSapiens

Ça faisait longtemps que je voulais essayer un moniteur de glycémie continue (CGM). J’ai beaucoup écouté de podcasts avec Peter Attia et ce sujet revient régulièrement. Je reste très prudent vis à vis de ce que raconte le docteur Attia sur la longévité et je suis souvent estomaqué par la consommation de soins qu’il propose à ses clients mais s’acheter un CGM et observer les données qu’il produit me semble tout à fait intéressant. Lorsque j’ai appris que SuperSapiens faisait un partenariat avec Abbott pour proposer des CGM Freestyle à des sportifs en vue d’optimiser les performances sportives j’ai passé le cap et j’ai commandé deux capteurs (160€-30€ de réduc via un challenge Strava), de quoi me surveiller 28 jours si tout se passe bien.

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Tout d’abord le processus de commande et de livraison est nickel. Le site utilise Shopify, j’adore, et la livraison a été rapide par TNT chez moi. (Juste un mini couac : j’ai reçu un mail d’un logisticien peu identifiable auquel je ne m’attendais pas et j’ai cru à un phising). Le packaging est bien fait, on n’a pas l’impression d’acheter une chinoiserie sur AliExpress. Les premiers jours après la commande, on reçoit une petite série de mail explicatifs pour préparer le déballage, l’implantation et l’utilisation du capteur. Tout ça est impeccable.

J’installe facilement l’app sur mon téléphone. Des vidéos explicatives m’expliquent comment faire.

L’implantation se déroule sans difficulté. Je me suis fait aider dans le doute mais on peut le faire tout seul.

Et c’est parti pour les choses intéressantes ! Dans l’ordre chronologique de mes découvertes, c’est parti !

Tout d’abord, dans la nuit après l’implantation, je me suis réveillé et j’étais tenaillé par une sensation de faim. Ça m’arrive souvent après les très gros entrainements ou les courses. Mon équilibre énergétique ne devait pas être atteint et mon corps me rappelle à l’ordre. Première constatation : j’ai faim, vraiment, et il n’y a aucune hypoglycémie mise en évidence :

Ensuite je ne retrouve pas un sommeil de qualité et je lève très tôt et je commence mes premiers essais alimentaires avec un petit-déjeuner un peu caricatural : pain de mie complet « industriel » et Nutella (environ 50 g de glucides). Premier choc, la glycémie s’envole en moins de deux. Je ne pensais pas que ça serait si rapide ni si haut. Deuxième constatation intéressante : je suis allé au travail à pied (jogging) dans la foulée et la glycémie a très vite baissé avec la mise en route des muscles.

Premiers échanges avec les copains intéressés, ça faisait longtemps que je n’avais pas senti qu’un outil pour le sport intéressait autant mon entourage (même l’entourage très proche qui est très loin de mes délires 😉

La nuit suivante, gros dodo, ça va mieux. Je découvre que je dois monter mon téléphone à l’étage si je veux récolter les données en continu. Un scan du CGM ramène 8h de données. Mais dans mon château, si je laisse mon téléphone dans la salle de bal comme j’en ai l’habitude, le Bluetooth ne parvient évidement pas jusqu’à ma chambre.

Ce jour là, je suis des cours à distance, conditions « standardisées » idéales pour retester ma capacité à juguler une prise de 50 g de glucides avec le combo tartines+nutella.

C’est pas jojo. Beaucoup plus stable avec une grosse salade (pourtant plein de carottes) :

Le dîner, stable aussi, pourtant des spaghetti avec des épinards, du fromage et un peu de poulet.

Donc un constat : la nature glucidique du repas ne me dit pas que ça va forcément exploser ma glycémie.

Le lendemain, retartine/nutella, je persiste mais j’ajoute 15g de protéines sous forme de bresaola avec un peu d’huile d’olive :

Pas de magie, ça reste la fiesta avec une sécrétion d’insuline probablement importante pour juguler ça. Néanmoins, le pic est plus précoce, moins haut et la normalisation plus rapide dans des conditions assez similaires à hier.

Passons à un essai sportif : un peu de ce que je pense être de la zone 2 selon la classification d’Inigo San Millan. De l’endurance haute si vous préférez. J’observe comme d’autres l’ont déjà rapporté une baisse substantielle de la glycémie qui arrive très vite avec le début de l’effort. j’observe même un nadir autour de 55 mg/dl de glycémie interstitielle après une quinzaine de minute d’effort. Aucun symptôme bien sûr. Je pense que mes muscles pompent du sucre plein pot sans que le stress ne soit suffisamment élevé pour que le système sympathique ne déclenche la normalisation rapide de la glycémie. Il y a peut être un intérêt à trouver cette zone « idéale » de travail en endurance en se fiant à l’évolution de la glycémie interstitielle ? Un truc à creuser !

Voilà pour les premières observations. Intéressant non ?

D’un point de vue pratique, je n’ai pas eu à souffrir du capteur. Je fais un peu plus gaffe que d’habitude lorsque je m’habille ou que je m’essuie après la douche mais le capteur tient bien et ne m’irrite pas. Je le sens quand même au niveau du collant mais franchement c’est rien du tout et c’est quand je me concentre dessus.

De prime abord, j’ai acquis ces capteurs pour mieux me connaitre et observer l’impact des repas sur la glycémie. Avec juste quelques jours de recul, j’ai eu des surprises, des choses que je n’avais pas imaginées possible physiologiquement. Rien que ça me donne envie de poursuivre mon expérimentation. SuperSapiens oriente son produit pour le sportif et la performance sportive. Il y a là des choses à creuser sur le long terme. A mon sens le produit trouvera tout son intérêt avec la reprise des compétitions pour observer l’évolution de la glycémie au fil d’une épreuve et si ça c’est bien passer, regarder quelle alimentation à contribuer à ce que ça se passe bien. L’app (sur smartphone uniquement) est beaucoup designée comme ça d’ailleurs.

A suivre…

8 réponses sur « Déballage et premiers tests avec SuperSapiens »

j’ai l’impression que tellement de portes sur la connaissance s’ouvrent !
Comment ne pas s’y perdre, et en tirer des enseignements, des cas pratiques ?
Mais je crois que je mesure mal l’impact de la glycémie sur la vie courant et sportive. Mon « problème » c’est la faim. J’ai tout le temps faim… 🙂

Il faut être prudent avec tous ces outils, ce monitoring. Fear the data waterboarding !! D’abord saisir qu’il y a des limites et ensuite ne pas faire dire n’importe quoi aux données brutes. En anesthésie, je passe mon temps à observer des paramètres physiologiques et clairement je m’attache beaucoup à l’image globale plus qu’à chaque variation de la FC…
Tu fais beaucoup de sport, faut faire gaffe à manger à sa faim. J’ai parfois ce problème de ne pas manger assez (je suis vite rassasié par un petit volume) et je fragmente un peu mes apports pour me sentir bien. Y’a bien sûr une dimension sociale et psychologique à la faim, la régulation de l’appétit c’est tellement compliqué… mais voilà, truc de base : tu as faim, manges tu assez ? es tu du genre à surveiller ton poids d’un peu trop près ?

interessant. J’ai hâte de connaitre la suite du test, notamment avec du miel a la place du nutella. peut être aurais tu utiliser du pain mie blanc et du jus d’orange pour le petit dej lambda du quidam. j’imagine que 28 jours vont être just.

Je pense que le miel explose autant la glycémie que le nutella, c’est du sucre simple aussi. Je suis opposé à me mettre des boissons sucrées dans le coco en dehors d’une bière occasionnelle et de boisson de l’effort (surtout en compétition).
Y’a tellement à tester et tellement de variabilité intra individuelle en fonction des conditions de l’instant t ! J’ai mangé la même pizza un soir et un midi et je n’ai pas observé la même réponse. Tout ce que j’ai trouvé c’est que j’avais pris une bonne rasade de noix de cajou en apéro avec la pizza qui a le moins monté ma glycémie.

Super test !
Le matin, la glycémie monte souvent plus pour le même nombre de glucides que pris à 12h par exemple. Quand on porte une pompe, on le voit bien sur le ratio insuline – glucides.
Le ratio du petit dej est souvent plus élevé.
Ce qui explique peut-être ce pic du matin ici, d’autant plus si le petit dej comporte des glucides à fort index glycémique, surtout si ceux-ci ne sont pas lissés par de la graisse (façon de parler).
Bref c’est super interessant de voir un non diabétique tester un cgm. Et pour l’avenir des diabétiques, et de tout le monde d’ailleurs connaître encore plus finement les réactions de pancréas non DID, c’est génial ! Ça m’épate que vous montiez à 200 par exemple !

Merci pour ce retour !
J’étais étonné de monter à 200 aussi mais j’avais vraiment eu une nuit de mauvaise qualité. Je n’ai pas reobservé ça malgré de sacrés boli de glucides !

Je ferai un autre billets avec d’autres partages d’expériences

Intéressant retour ! Tue verras également que la glycémie est influencée par de nombreux facteurs externes et non mesurables. Le stress, les émotions etc. ont une influence sur la glycémie. Tu peux calquer une journée exactement identique à celle une autre (sommeil, repas, activité etc) et constater qu’en mangeant exactement la même chose à la même heure, ta glycémie sera différente.
Je ne sais pas si c’est très clair, mais Anne S pourra très certainement le confirmer

Merci pour le commentaire.
Je suis bien conscient de cette grande variabilité intra individuelle.
J’ai déjà une collection d’exemples.
Ce qui me rend un peu perplexe pour quelqu’un qui n’a pas de traitement à adapter. Ne peut dégager de grandes idées mais je doute qu’on puisse être granulaire comme on dit parfois.

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